L’USM repart avec l’équipe amateur (de 1952 à 1958)

SAISON 1952-1953

DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR, COUPE DE L’OUEST (LOFA) & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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MICHEL GENDRY QUITTE LE CLUB

Tous les joueurs pros quittent Le Mans sauf Camille Subileau qui reste au club avec le statut d’amateur. Yves Leclech reste sarthois et signe à Noyen. Le président Cheval doit solder les comptes de la section “pro” pour ne pas perdre personnellement de l’argent dans l’affaire. Essayant de tirer le maximum de l’actif, il inclut le joueur manceau Michel Gendry à la liste des transferts. Ce dernier effectue deux matchs d’essai (contre le RC Paris et Metz) avec le SCO Angers. Saint-Etienne s’intéresse aussi à lui. Gardant sa personnalité, Michel refuse d’être transféré. Pour rester proche de sa maman, il veut rester manceau. Il propose ses services aux Mutuelles du Mans dont les différents directeurs acceptent l’offre. Ils lui proposent d’entraîner le SO Maine qui joue alors en 2e Division du District de la Sarthe. En quittant volontairement l’Union, il n’arrange pas les finances du club. Vexé, le président Cheval lui interdit de remettre les pieds au stade Léon Bollée. On peut dire que la tension qui marquera les relations entre l’USM et le SOM trouve ses origines dans cette séparation orageuse.

 

GABY CORSALETTI

Le flambeau du club revient aux amateurs qui sont maintenant sous la responsabilité de Gaby Corsaletti. Ils viennent de monter en Division Régionale d’Honneur (groupe C) de la grande ligue de l’Ouest. L’USM entame, à l’attaque de la saison 1952-1953, une lente remontée qui la mènera en 2e Division une vingtaine d’années plus tard.

 

Arrivées : A partir de cette saison, il devient difficile de suivre les changements de club des joueurs. Ce sont des amateurs et aucun contrat ne les lie à un club, si ce n’est la licence qui elle, ne doit être signée dans un seul club à la fois. En fonction du nombre de recrues limité et plus ou moins respectées, ceci entraîne des contestations (légitimes ou pas) qui aboutissent à des réclamations et à des rencontres perdues sur tapis vert. Notons tout de même, l’arrivée au Mans de Guy Mahé (Véloce Vannetais) qui ne commencera réellement à jouer pour son nouveau club qu’après son service militaire, en 1954-1955. Roger Leroux (dit “l’instituteur”) vient de la Manche (Villedieu-les-Poêles). Je l’ai eu comme prof d’EPS au Collège Roger Bouvet.

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Claude Simonet et Pierre Courteille.

Défenseurs : Jean-Yves Anjubault, Lucien Lebouc, les frères Charles et Yves Rosmorduc, Camille Subileau, Boursier, Coulange et Moletto.

Milieux : les frères Paul et Lucien Vincent, Roger Leroux, Serge Roumowski et Pierre Ledru (“quel beau joueur !”)

Attaquants : Jean Lefèbvre, Jean Vicens, Claude Roullier, Gaby Corsaletti (c), Gilbert Perrot, Pierre Arrault, Michel Conan, Guy Mahé et son frère Bernard.

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Les travaux entrepris sur le stade actuel, dont l’entrée sera ouverte rue de Claircigny, avancent à grands pas mais, en attendant l’inauguration prévue au début de l’année 1953 (juste pour les élections municipales), ils rendent obligatoire pour cette saison, l’utilisation de la pelouse utilisée l’an passé par les “pros”. Ce sera la dernière saison où l’USM s’en servira.

 

LE CHAMPIONNAT DE DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR

L’USM prend un bon départ et se porte immédiatement dans le wagon de tête du groupe C de la DRH. Lors du derby du 26 octobre contre le Stade Lavallois au stade Léon Bollée, une erreur d’arbitrage manifeste empêche l’USM de l’emporter. Elle doit se contenter d’un match nul, 1-1. Après deux mois de compétition, l’Olympique Saumur prend la tête du groupe. Dans les années cinquante, le football reste un dur combat, surtout en Bretagne. Chaque match laisse des traces. Le 15 février 1953, au lendemain du match contre l’AS Mayenne, on peut lire en titre le mécontentement du journaliste du “Maine-Libre” : “il faut en finir avec les matchs mal dirigés qui tournent en catch et sanctionner les fautes d’où qu’elles viennent !”. Il faut dire que les arbitres résistent mal à la pression exercée volontairement par les joueurs et ne jugent plus sereinement. La semaine suivante, le 23 février, cette triste analyse est confirmée lors du match entre l’USM et l’ES Couëron. L’ailier droit Claude Roullier (“Radadou”) est agressé et doit quitter le terrain avec une fracture du péroné. A partir de cet événement, chaque coup de sifflet provoque un rassemblement des joueurs bretons autour de l’arbitre ! D’interminables palabres s’en suivent et hachent le jeu. Après un penalty par les manceaux, le match se termine (enfin !) sur le score de 3-3. A la longue, les blessures sont nombreuses et l’entraîneur fait appel à beaucoup plus de joueurs que prévus en début de saison. Les supporters du club demandent que l’on dispute un match entre titulaires et remplaçants afin d’aider l’entraîneur à déterminer les meilleurs joueurs du club. Le nombre élevé de militaires appelés sous les drapeaux n’arrange rien. En effet, Anjubault, Lefèbvre, Roumowski, Vicens et Paul Vincent ne sont pas toujours disponibles. Lors de l’avant-dernier match de championnat (le 19 avril au stade Léon Bollée), l’USM bat Sainte-Jamme Sportive : 3-2 (buts de Lefèbvre, Leroux et Conan) mais les licences de deux joueurs sont jugées non-conformes et Sainte-Jamme l’emporte sur tapis vert. A la fin de la saison, l’USM termine 3e ex-æquo du groupe C (12 équipes) avec 25 pts (9 victoires, 7 nuls et 6 défaites, 42 buts pour, 31 buts contre).

 

LA COUPE DE FRANCE

Après avoir sorti le CO Pontlieue qui joue en Promotion d’Honneur (3-2) et l’US Renazé (4-1), l’USM est éliminée le 29 novembre 1952 à Angers par le Cercle Sportif Jean Bouin, 2-0.

 

LA COUPE DE L’OUEST

Cette saison, avec l’équipe amateur, cette compétition prend de l’importance pour le club et l’USM réalise un excellent parcours. Elle limine le CSJB Angers (2-1) et FC Gorron (2-1), avant de n”être sorti qu’en 1/4 de finale par le SO Cholet (2-0).

 

LES MATCHS DE COUPE DE FRANCE AU STADE LÉON BOLLÉE

Après la dissolution de juin 1952, je me dois de vous parler maintenant des grands matchs de Coupe de France (à partir des 1/32e de finale) qui ont lieu au stade Léon Bollée. A l’occasion de ces matchs se déroulant sur terrain neutre, le public manceau peut continuer d’admirer des équipes professionnelles de 1e et 2e Division, ce qui lui permet de rester au contact avec le football de haut-niveau en attendant des jours meilleurs pour une équipe mancelle. Ainsi, au Mans à l’occasion des 1/32e de finale, le 18 janvier 1953, Le Havre AC (1e Division) bat ES La Rochelle : 3-0.

 

1952-1953

 

CHAMPIONNAT DE DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR (groupe C) :

 

Entraîneur : Gaby Corsaletti

14/09/52 à Couëron : USM bat ES Couëron 4-2 Lefèbvre (2), Roullier (2)

21/09/52 à Léon Bollée : USM bat Olympique de Saumur 3-1 Lefèbvre, Arrault, “Lulu” Vincent

05/10/52 à Ste-Jamme : USM et Sainte-Jamme Sportive 0-0

12/10/52 à Léon Bollée : Union de Méan-Penhoët bat USM 2-1 “Lulu” Vincent

26/10/52 à Léon Bollée : USM et Stade Lavallois 1-1 “Lulu” Vincent

02/11/52 à Laval : USE Beauregard bat USM 4-1 Conan

16/11/52 à Angers : SCO Angers (B) bat USM 1-0

23/11/52 à Mayenne : AS Mayennaise bat bat USM 3-0

07/12/52 à Léon Bollée : USM bat AS Segré 3-0 Leroux, Vicens, Anjubault

14/12/52 à St-Pierre : USM bat JA Saint-Pierre Montlimart 8-0 Leroux (3), Vicens (2), Arrault (2), Conan

28/12/52 à Léon Bollée : USM bat SC Paimboeuf 4-1 Conan (2), Arrault, Vicens

04/01/53 à Léon Bollée : USM et USE Beauregard 1-1 Leroux

11/01/53 à Léon Bollée : USM bat JA Saint-Pierre Montlimart 4-1 Conan (2), Vicens (2)

25/01/53 à Paimboeuf : USM bat SC Paimboeuf 3-1 Rosmorduc, Conan, Vicens

01/02/53 à Segré : USM et AS Segré 0-0

15/02/53 à Léon Bollée : AS Mayennaise bat USM 4-1 “Lulu” Vincent

22/02/53 à Léon Bollée : USM et ES Couëron 3-3 “Lulu” Vincent, Rosmorduc, Vicens

01/03/53 à Léon Bollée : USM et SCO Angers (B) 1-1 Roumowski

15/03/53 à Méan-Penhoët : Union de Méan-Penhoët bat USM 2-0

22/03/53 à Saumur : USM bat Olympique de Saumur 1-0 Lefèbvre

19/04/53 à Léon Bollée : USM bat Sportive de Sainte-Jamme 3-2 Lefèbvre, Leroux, Conan

Match perdu sur tapis vert.

26/04/53 à Laval : Stade Lavallois et USM 1-1 “Lulu” Vincent

L’USM termine 3e ex-æquo, sur 12 avec 21 points.

Statistiques : 7 victoires, 7 matchs nuls et 8 défaites. Buts pour : 40, buts contre : 29, différence : + 11.

 

COUPE DE FRANCE :

 

2e tour :

28/09/52 au Stade Renault : USM bat CO Pontlieue 3-2 Leroux, Roullier, csc

 

3e tour :

19/10/52 à Renazé : USM bat US Renazé 4-1 csc, Lefèbvre, “Lulu” Vincent, Leroux

 

4e tour :

09/11/52 à Angers : CSJB Angers bat USM 2-0

 

COUPE DE L’OUEST :

 

Tour éliminatoire :

20/12/52 à La Ferté-Bernard : USM bat Vélo Sports Fertois 5-1 ..?..

 

1/32e de finale

18/01/53 à Sablé : USM bat AS Sablé 3-1 Arrault, Robin, Conan

 

1/16e de finale :

08/03/53 à Léon Bollée : USM bat CSJB Angers 2-1 Roullier, André

 

1/8e de finale

29/03/53 à Gorron : USM bat FC Gorron 2-1 Conan, Roumowski

 

1/4 de finale

12/04/53 à Léon Bollée : SO Cholet bat l’USM 2-0

 

 

 

 

SAISON 1953-1954

DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR, COUPE DE L’OUEST (LOFA) & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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L’ARRIVEE DE CAMILLE LIBAR A L’USM

En juin 1953, le bureau directeur de la section-football de l’USM ne reconduit pas le contrat de Gaby Corsaletti. Il attend l’arrivée de Camille Libar. Cet ancien attaquant international luxembourgeois (8 fois) de 36 ans qui a marqué trois buts pour son pays entre 1943 et 1947, remplace Gaby Corsaletti qui s’en-va entraîner le CO Pontlieue à la place de Jacques Wyffels parti à Marigné-Laillé pendant l’été. Avec les Girondins, Camille Libar fut sacré meilleur buteur de la D2 en 1948-1949 avec 41 buts puis il a été Champion de France de D1 en 1949-1950. Cette saison-là, il a marqué 13 buts. En 1951-1952, souhaitant se rapprocher du Luxembourg, il signe au FC Metz en 2e Division pour marquer 17 buts avant de prendre en main le club de Perpignan, en 1952-1953. Avec un effectif qui reste pratiquement le même, l’ex-international luxembourgeois entreprend un travail en profondeur auprès des jeunes du club. Le dévouement de cet homme exceptionnel permet aux jeunes les plus doués du club comme Alain Roux, Michel Dondanu et Serge Depoorter de se classer en fin de saison respectivement 1er, 2e et 4e du Concours du Jeune Footballeur catégorie cadets en 1954. Avec cette récompense, Serge sera retenu dans la sélection des Cadets de l’Ouest comme avant-centre.

 

Départ : Camille Subileau retourne à Cholet.

Arrivée : Camille Libar ne dispose pas de gros moyens financiers. Le jeune Guy Leroyer (17 ans), licencié à l’USM depuis l’âge de 10 ans va commencer en équipe A. Le club recrute un gardien, Serge Bernard (d’où vient-il ?).

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Claude Simonet, Pierre Courteille et Serge Bernard.

Défenseurs : Jean-Yves Anjubault, Lucien Lebouc, Charles et Yves Rosmorduc.

Milieux: Gilbert Perrot, Paul et Lucien Vincent, Roger Leroux, Serge Roumowski, Pierre Ledru et Moletto.

Attaquants : Jean Lefèbvre, Claude Roullier, Camille Libar (c), Pierre Arrault, Michel Conan, Guy Mahé, Claude Lapierre,

les frères André et Raymond Fontenay, Jean Vicens, Guy Leroyer, Cibois et Leridan.

 

LE NOUVEAU STADE

Les travaux d’aménagement du nouveau stade sont enfin terminés lors de l’été 1953. Dessiné par l’architecte de la ville, Pierre Savin, le “stade Léon Bollée” devient “Parc Municipal des Sports”. A cette époque, la mode vient un peu de Moscou. Elle se fait ressentir aussi bien dans le style architectural que dans les appellations. L’inauguration par Jean-Yves Chapalain et le secrétaire général de la Préfecture, M. Barbier, a lieu le dimanche 27 octobre 1953, devant 1.728 spectateurs heureux de leur dimanche (recette : 235.000 francs de 1954 !). Pendant la mi-temps, le public assiste à une démonstration de cross par Alain Mimoun, le futur médaillé olympique de Melbourne en 1956. Les joueurs qui ont l’honneur de porter le maillot de l’USM ce jour-là s’appelent : Simonet, Perrot, Yves Rosmorduc, Anjubault, Lefèbvre, Yves Rosmorduc, Conan, Leroux, Libar, Roumowski, Lucien Vincent et Leridan (12 ?). A la fin de la partie, l’USM bat Méan-Penhoët, 3-0. Les buts sont marqués par Libar (2) et de Roumowski.

 

LE CHAMPIONNAT DE DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR

Le dimanche 3 janvier 1954, la météo empêche l’équipe de Gorron de venir jouer au Parc des Sports. Pour maintenir en souffle leurs joueurs et pour donner un spectacle au public assez nombreux, MM. Arbona et Libar décident de faire disputer une rencontre entre les équipes Première et Réserve. Le match attire même un journaliste du Maine-Libre qui rédige le compte-rendu suivant du match : “Cette partie dépourvue de l’intérêt du championnat, a naturellement été jouée sans âpreté entre camarades qui tiennent à ne pas se blesser et à se retrouver côte à côte, la semaine suivante. Elle nous tout de même permis d’assister à quelques beaux mouvements. Tous se sont dépensés consciencieusement afin de nous intéresser, aussi ne cherchons pas à faire des distinctions entre les joueurs. Disons seulement qu’il nous a plu de remarquer au sein des équipes quelques jeunes comme Maubert et Limousin.” Sans doute grisé par sa responsabilité de la tâche vis-à-vis de la population mancelle, notre journaliste se permet d’apprécier le sens du démarquage d’un joueur (“Leridan a une excellente conception du démarquage”), de juger l’essai de joueurs à certains postes (“l’essai de Libar en ce qui concerne Lucien Vincent demi-aile nous a paru probant mais pas en ce qui concerne Lapierre ailier-gauche”). En fin d’après-midi, les buts ont été marqués par Libar et Conan pour les “bleus” et par Lucien Vincent, Limousin (csc), Yves Rosmoduc et Leroyer pour les “rouges”. Alors que Camille Libar subit à la fin de la saison, une opération du ménisque, l’USM baisse un peu de rythme et termine 6e du championnat, avec 22 points (7 victoires, 8 nuls et 7 défaites).

 

LA DISPARITION DE JACQUES WYFFELS

Mais, le soir-même, nous apprenons avec tristesse, le décès de Jacques Wyffels. A la fin de sa carrière de joueur professionnel, il fut embauché chez Renault comme dessinateur industriel à la fonderie. La crise d’urémie qui l’a emporté est sans doute consécutive à un mauvais coup aux reins reçu lors d’un match. Dur au mal, il refuse de se laisser soigner et décéde rapidement. Sa sépulture a lieu à Notre-Dame-du-Pré le mercredi 6 janvier alors qu’une violente vague de froid sévit sur l’Ouest de la France. De nombreux représentants de tous les clubs où Jacques est passé assistent à la cérémonie. Il laisse sa femme Jacqueline (37 ans) avec ses deux filles, Marie-Christine (née en 1947) et Dominique (née en 1950). Ce très gentil garçon laissera un souvenir inoubliable à la population mancelle si bien qu’une rue du Mans portera son nom.

 

LA COUPE DE FRANCE

Lors du 5e tour, le 30 novembre 1953 au stade Léon Bollée, l’USM affronte le CSJB Angers. Les “bleus et blancs” attaquent à fond le match. Combien de temps vont-ils tenir à ce rythme ? Les angevins sont dépassés par les manceaux. Ces derniers prennent normalement l’avantage en marquant un but à Brecq à la 20e minute par Camille Libar lui-même. Une fois le but marqué, les bleus se replient et commencent à s’économiser. Ils ferment le jeu jusqu’à la fin du match sans avoir été rejoint au panneau d’affichage. Bravo Monsieur Libar. Quelle stratégie ! Au tour suivant, le SO Cholet élimine l’USM, 5-3 après prolongation. Pourtant la stratégie était la même et l’USM menait 3-1 à la fin de la 1e mi-temps.

 

LA COUPE DE L’OUEST

Éliminée par l’US Flèchoise, l’USM ne passe pas le niveau district (1/8e de finale).

 

 

1953-1954

 

CHAMPIONNAT DE DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR (groupe C) :

 

Entraîneur : Camille Libar

06/09/53 à Gorron : USM bat FC Gorron 6-2 Roumowski (2), Leroux, Libar (2), ..?..

13/09/53 à Léon Bollée : AS Segré et USM 2-2 André, Libar

20/09/53 à Basse-Indre : US Basse-Indre et USM 1-1 Libar

04/10/53 à Léon Bollée : USM bat RC Doué 6-0 Libar (3), Roumowski (2), Leroux

11/10/53 à Mayenne : USM bat AS Mayennaise 3-2 csc, Libar, Roumowski

25/10/53 au Parc des Sports : USM bat Union Méan-Penhoët 3-0 Libar (2), Roumowski

01/11/53 au Parc des Sports : Stade Lavallois bat USM 3-2 Roumowski, Libar

15/11/53 à Couëron : ES Couëron bat USM 3-0

22/11/53 au Parc des Sports : USM bat Sportive de Sainte-Jamme 2-1 Arrault, Libar

06/12/53 à Angers : USM et SCO Angers (B) 4-4 Libar (4)

13/12/53 à Laval : USE Beauregard et USM 0-0

03/01/54 au Parc des Sports : USM - FC Gorron Match reporté (froid).

10/01/54 à Segré : AS Segré bat USM 1-0

24/01/54 au Parc des Sports : USM bat US Basse-Indre 3-1 “Lulu” Vincent (2), Leroyer

31/01/54 à Doué : RC Doué et USM 1-1 Libar

07/02/54 au Parc des Sports : USM et AS Mayennaise 0-0

21/02/54 à Méan-Penhoët : Union Méan-Penhoët bat USM 2-1 Libar

28/02/54 à Laval : Stade Lavallois bat USM 2-1 Yves Rosmorduc

14/03/54 au Parc des Sports : USM bat ES Couëron 1-0 Conan

21/03/54 à Ste-Jamme : Sportive de Sainte-Jammebat USM 2-1 Ledu

28/03/54 au Parc des Sports : SCO Angers (B) bat USM 1-0

04/04/54 au Parc des Sports : USM et FC Gorron 0-0

25/04/54 au Parc des Sports : USM et USE Beauregard 2-2 Leroux, “Lulu” Vincent

 

L’USM termine 6e sur 12 avec 22 points.

Statistiques : 7 victoires, 8 matchs nuls et 7 défaites. Buts pour : 39, buts contre : 30, différence : + 9.

 

COUPE DE FRANCE :

 

3e tour :

20/10/53 au Parc des Sports : USM bat Sportive de Sainte-Jamme 2-0 Yves Rosmorduc, Lefèbvre

 

4e tour :

08/11/53 au Parc des Sports : USM bat Olympique de Saumur 2-0 Libar, Yves Rosmorduc

 

5e tour :

29/11/53 au Parc des Sports : USM bat CSJB Angers 1-0 Libar

 

6e tour :

20/12/53 au Parc des Sports : SO Cholet bat USM 5-3 après prolongation.

Conan, “Lulu” Vincent, Ch. Rosmorduc

 

COUPE DE L’OUEST :

 

Tour éliminatoire :

27/12/53 au Stade Renault : USM bat CO Pontlieue 1-1 après prolongation.

..?.. USM qualifiée.

 

1/32e de finale :

17/01/54 à Sablé : USM bat AS Sablé 5-2 Libar (2), Leridan, “Lulu” Vincent, Cibois

 

1/16e de finale :

14/02/54 au Parc des Sports : USM bat Vélo Sports Fertois 3-0 Roumowski, csc, Conan

 

1/8e de finale :

07/03/54 au Parc des Sports : US Flèchoise bat USM 2-1 “Lulu” Vincent

 

 

 

SAISON 1954-1955

DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR, COUPE DE L’OUEST (LOFA) & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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L’USM joue en DRH, le dernier échelon de la ligue de l’Ouest avant la Division d’Honneur. Depuis le retour à l’amateurisme de l’USM, lors de la saison 1952-1953, nos voisins du Stade Lavallois nous ont un peu embêtés. Nous leur avons concédé deux matchs nuls cette saison-là. En 1953-1954, ce fut pire encore, les deux derbys se sont concluent par deux défaites. Un club bien connu au Mans, le Sporting Club Moderne vient d’ouvrir une section football qui commence, bien sur, en 3e Division de District.

 

Départs : Claude Simonet rejoint Gaby Corsaletti au CO Pontlieue. Ce dernier n’y restera qu’une saison avant de s’enfuir en région nantaise pour de confuses raisons “sentimentales”. Quant à Jean-Yves Anjubault, il nous quittent pour rejoindre les rangs du SO Maine. Rassurez-vous, il reviendra au club en juin 1958. Sont également sur le départ : Claude Lapierre, Lucien Lebouc et Jean Vicens (son père restera encore longtemps au club comme dirigeant).

Arrivée : Michel Brecq, l’ancien parisien jouant au CSJB d’Angers, signe au Mans. Guy Mahé commence réellement à l’USM cette année. Ce sera un des meilleurs attaquants dans les années cinquante. L’alençonnais d’origine polonaise Henri Krzyzyk (“orthographe certifiée”, comme dit “Le Maine-Libre”) va renforcer l’attaque. Ce dernier possède une vraie frappe de mule ! Le recrutement est essentiellement local. Trois jeunes vont débuter cette année en équipe A : Michel Lambert d’Alençon (18 ans), Serge Depoorter du Vieux-Mans (16 ans) et Jacques Mayoux de Saint-Mars-la-Brière. C’ette année, le jeune manceau Bernard Jousseaume (18 ans) commence le football en première année Junior. Il possède la particularité d’avoir une jambe un plus courte que l’autre, suite à un problème de croissance. Voilà pourquoi il choisit de jouer au poste de gardien de but. C’est sûr que Bernard ne payait pas de mine dans sa cage, mais, malgré ce handicap, il tiendra son poste toujours avec talent et l’heure de la retraite venue, sera très fier de l’ensemble de sa carrière.

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Michel Brecq et Serge Bernard.

Défenseurs : Yves Rosmorduc, Pierre Ledru, Paul Vincent, Claude Roullier et André Fontenay.

Milieux : Charles Rosmorduc, Roger Leroux, Gilbert Perrot, Lucien Vincent, Pierre Arrault, Prudhomme et Pottier.

Attaquants : Jean Lefèbvre, Camille Libar (c), Henri Krzyzyk, Serge Depoorter, Serge Roumowski, Michel Conan,

Daniel André, Guy Mahé, Guy Leroyer, Michel Lambert, Cibois, Guesdon et Beneste.

 

LE CHAMPIONNAT DE DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR

La saison débute le 5 septembre 1954 au Parc Municipal des Sports. A 15 h, l’USM reçoit l’AS Mayennaise. A 13 h 15, en lever de rideau, les deux réserves s’affrontent dans le Championnat des équipes réserves. Les manceaux remportent les deux matchs : 11-0 et 3-0. M. Daubias assiste aux deux rencontres. Rentré chez lui, il portera les résultats sur son programme, y aggrafera son ticket d’entrée (# 008196) et y portera une appréciation personnelle : “Jeu assez dur de Mayenne”... Après une seule saison en DH, l’Olympique Saumurois redescend et retrouve l’USM et la DRH dans le Groupe C. Logiquement, il prend le statut de favori du championnat. Les résultats confirment ce pronostic et, à l’issue de la saison, l’USM se classe 2e, à 2 points derrière les saumurois qui vont donc bien vite remonter en DH. L’USM a réalisé un excellent parcours. En fin de saison, elle totalise 34 points (14 victoires, 6 nuls et seulement 2 défaites). Avec des joueurs comme Jean Lefébvre (16 buts), Henri Krzyzyk (14 buts), Camille Libar (12 buts) et Lucien Vincent (9 buts), elle s’impose comme la meilleure attaque de la DRH. Elle marque un total de 68 buts et n’en encaisse que 16. Les deux derbys aller, à Sainte-Jamme (le 26 septembre 1954) et à Laval (le 1er novembre 1954) se sont soldés par deux défaites, 1-0. Après une seconde défaite en deux ans à Laval, je vais finir par croire qu’un chat noir manceau a dû être enterré vivant sous la pelouse au stade Yvinec ! Camille Libar en arrive à tirer la conclusion suivante : “les manceaux jouent avec un complexe quand ils se présentent face aux Tangos”. N’étant ni sarthois d’origine, ni mayennais, il ne peut pas comprendre... A la fin décembre, Camille Libar fait venir Raymond Reisdorffer, de Vichy. Il quittera donc une équipe en tête de son groupe en CFA pour venir au Mans, renforcer la défense ! Le match retour contre les lavallois ne peut avoir lieu le 19 février 1955, une couche de neige trop épaisse recouvre le terrain. L’attente d’une date disponible pour disputer ce match ajoute bien involontairement du suspens, car pour nos manceaux, une rencontre contre les tangos n’est jamais gagnée d’avance. Finalement celle-ci n’a lieu que le 23 avril 1955. Le Stade Lavalllois prend six buts ce jour-là : deux par Jean Lefèbvre, deux par Lucien Vincent, un par Camille Libar et un petit dernier (pour la route...) par le jeune Beneste.

 

De leur côté, les joueurs du CO Pontlieue “coachés” par Gaby Corsaletti et encouragés sur le terrain par leur capitaine, le robuste gardien de but, Claude Simonet, battent tous les records en Promotion d’Honneur ! Ils remportent leur championnat avec 44 points sur 44 possibles ! Goal-average : 81 buts pour et 9 buts contre... Du jamais vu dans l’Ouest ! Les “fondeurs” accèdent brillamment à la DRH. Pour mémoire rappelons leur victoire en match amical contre les “bleus et blancs” 2-1 au stade Léon Bollée le 19 setembre 1954. La saison prochaine, ils rejoindront ainsi le club doyen. Le Stade Lavallois sera encore un de leurs principaux adversaires pour la montée en DH. Pour en finir avec cette saison 1954-1955, André Grillon et Michel Gendry renforcent l’USM lors d’un match amical de fin de saison, contre les Gallois de Swansea.

 

LA COUPE DE L’OUEST

Le 3 octobre 1954, quinze jours après un match amical disputé (au cours duquel il avait gagné 2-1), le COP affronte l’USM au stade Pierre Piffault. Grâce au règlement particulier de l’épreuve, le score nul (1-1) obtenu à la fin des prolongations donne le droit aux “bleus et blancs” de poursuivre la compétition. Ils sont battus en 1/8e de finale par la réserve du SCO Angers.

 

LA COUPE DE FRANCE

Après avoir battu la Tour d’Auvergne de Rennes (DH), lors du 4e tour, de la Coupe de France, le 25 novembre 1954 à Bollée, l’USM est sortie par l’US Saint-Malo qui joue alors en Division d’Honneur, 2-0. On s’attendait à mieux au Stade Bollée...

 

LES MATCHS DE COUPE DE FRANCE AU PARC DES SPORTS

- 1/32e de finale le 6 février 1955 : SCO Angers (2e Division) bat CO Chambly : 5-0.

- 1/16e de finale le 13 mars 1955 : Girondins de Bordeaux (1e Division) bat AS Giraumont : 4-1.

A l’occasion de cette rencontre, le record d’affluence du nouveau stade est porté à 5.280 spectateurs. Pour l’occasion, on a installé 2.000 chaises sur la piste d’athlétisme qui est alors en mâchefer.

 

 

1954-1955

 

CHAMPIONNAT DE DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR (groupe C) :

 

Entraîneur : Camille Libar

05/09/54 au Parc des Sports : USM bat AS Mayennaise 3-0 Libar, Roumowski, “Lulu” Vincent

12/09/54 au Parc des Sports : USM bat US Basse-Indre 4-0 Lefèbvre, André, Pottier, Libar

26/09/54 à Ste-Jamme : Sportive de Sainte-Jamme bat USM 1-0

10/10/54 au Parc des Sports : USM bat ES Couëron 7-0 Roumowski (2), “Lulu” Vincent (2), Lefèbvre, Libar (2)

17/10/54 à St-Pierre : USM bat JA Saint-Pierre Montlimard 8-1 Krzyzyk (6), Libar, Lefèbvre

31/10/54 à Laval : Stade Lavallois bat USM 1-0

07/11/54 au Parc des Sports : USM bat Olympique de Saumur 6-1 Krzyzyk (3), Libar (2), Lefèbvre

21/11/54 à Châteaubriant : USM et AL Châteaubriant 1-1 ..?..

28/11/54 au Parc des Sports : USM bat USE Beauregard 5-3 Lefèbvre (3), Perrot, Mahé

05/12/54 à Segré : AS Segré et USM 1-1 Lefèbvre

19/12/54 au Parc des Sports : USM bat Intrépide d'Angers 9-0 Mahé (2), Libar, Krzyzyk (3),

Lefèbvre (2), “Lulu” Vincent.

21/01/55 à Mayenne : USM et AS Mayennaise 0-0

16/01/55 à Basse-Indre : USM bat US Basse-Indre 3-0 Guesdon, Lefèbvre (2)

23/01/55 au Parc des Sports : USM et Sportive de Sainte-Jamme 2-2 Guesdon, Krzyzyk

30/01/55 au Parc des Sports : USM bat JA Saint-Pierre Montlimart 2-1 Guesdon, Krzyzyk

13/02/55 à Couëron : ES Couëron et USM 1-1 Libar

20/02/55 au Parc des Sports : USM - Stade Lavallois Match reporté (neige).

27/02/55 à Saumur : Olympique de Saumur et USM 0-0

13/03/55 au Parc des Sports : USM bat AS Segré 1-0 Lefèbvre

20/03/55 au Parc des Sports : USM bat AL Châteaubriant 3-0 “Lulu” Vincent, Roumowski, Mahé

03/04/55 à Laval : USM bat USE Beauregard 3-0 “Lulu” Vincent (2), Libar

17/04/55 à Angers : USM bat Intrépide d'Angers 3-2 Cibois, “Lulu” Vincent, Libar

24/04/55 au Parc des Sports : USM bat Stade Lavallois 6-1 Lefèbvre (2), “Lulu” Vincent (2),

Libar, Beneste

 

L’USM termine 2e sur 12 avec 34 points.

Statistiques : 14 victoires, 6 matchs nuls et 2 défaites. Buts pour : 66, buts contre : 16, différence : + 50.

 

COUPE DE FRANCE :

 

3e tour :

24/10/54 au Parc des Sports : USM bat TA Rennes (DH) 4-2 Krzyzyk (2), Yves Rosmorduc, Libar

 

4e tour :

14/11/54 au Parc des Sports : US Saint-Malo (DH) bat USM 2-0

 

COUPE DE L’OUEST :

 

1er tour :

03/10/54 au Stade Renault : USM et CO Pontlieue 1-1 après prolongation.

Libar. USM qualifiée.

2e tour :

12/12/54 à La Ferté-Bernard : USM bat Vélo Sports Fertois 3-2 après prolongation.

Mahé, Libar, Guesdon. USM qualifiée.

1/32e de finale :

06/02/55 à Longué : USM bat SC Longué 4-1 Lefèbvre (3), Guesdon

 

1/16e de finale :

06/03/55 à Fougères : USM bat Drapeau de Fougères 3-1 Mahé, Lefèbvre, Libar

 

1/8e de finale :

27/03/55 à Angers : SCO Angers (B) bat USM 4-2 Libar (2)

 

 

SAISON 1955-1956

DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR, COUPE DE L’OUEST (LOFA) & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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A la fin de la saison 1955, la LOFA publie son palmarès des clubs par nombre de licenciés. Le premier est l’AS Brest avec 257 licenciés. Il précède dans l’ordre : Le FC Lorient (194 licenciés), le CO Pontlieue (185 licenciés), le CEP Lorient (178 licenciés), le Stade Lavallois (155 licenciés), l’USM (149 licenciés) et leur amis du Stade Brestois (142 licenciés).

 

LA GUERRE D’ALGÉRIE

Suite aux massacres du Constantinois (20 et 21 août 1955), Guy Mollet engagera quelques mois plus tard le contingent pour des opérations d’ordre intérieur en Algérie. Le service militaire est alors porté jusqu’à 28 mois pour les appelés du contingent, en raison de l’arrivée des classes creuses de 1936 à 1942 en âge d’effectuer le service militaire. Cette décision aura beaucoup d’importance pour tous les jeunes footballeurs manceaux en âge de porter l’uniforme.

 

Départs : “Radadou” rejoint Gaby Corsaletti et Claude Simonet au CO Pontlieue. Viré par Camille Libar pour de tristes raisons extra-sportives, Henri Krzyzyk signe au CO Pontlieue. Daniel André et Jean Lefèbvre nous quittent pour rejoindre les rangs du SO Maine. Après six mois passés au Mans, Raymond Reisdorffer s’en va déjà...

Arrivées : Jacques Mayoux et Alain Pécout (un joueur “très intéressant” de 22 ans) qui possède une bonne carte de visite ayant déjà joué au RC Paris et au Stade Rennais UC.

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Michel Brecq et Serge Bernard.

Défenseurs : Paul Vincent, Yves Rosmorduc, Guy Leroyer et André Fontenay.

Milieux : Gilbert Perrot, Lucien Vincent, Roger Leroux, Charles Rosmorduc, Michel Lambert et Pierre Ledru.

Attaquants : Alain Pécout, Pierre Arrault, Serge Roumowski, Camille Libar (c), Guy Mahé, Serge Depoorter, Michel Conan, Jacques Mayoux et Edmond Jarny.

 

LE CHAMPIONNAT DE DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR

Seule, la place de 1er en DRH compte pour l’USM car celle-ci permet de monter en DH. Pourtant, la saison débute fort mal par une défaite face au Stade Lavallois, le 4 septembre 1955, 2-1. Toujours la même rengaine... Prolongeant ce match, un long duel à distance entre les deux clubs de la région commence alors, journée après journée... Le duel contre tourne finalement à l’avantage des manceaux. La ligne d’attaque composée d’Alain Pécout, Camille Libar, Serge Depoorter, Michel Conan et Guy Mahé, s’en donne à cœur joie. A partir du 18 septembre 1955, les “bleus et blancs” remportent dix-sept sur vingt rencontres, c’est-à-dire pratiquement tout. Les autres résultats obtenus étant trois défaites et un nul qui sera finalement perdu sur tapis vert ! L’USM gagne le championnat avec 35 pts. Notez la différence de buts : 59 marqués et 13 encaissés soit une différence de 46 ! Le Stade Lavallois prend la 2e place avec 28 pts. L’USM accède enfin à la Division d’Honneur pour la saison 1956-1957. Il s’agit de la Division la plus haute au niveau Ligue. Seuls les meilleurs de DH passent ensuite au niveau national, en Championnat de France Amateur. Avec la ligue de l’Ouest composée d’une quinzaine de départements est beaucoup plus étendue que la petite ligue actuelle du Maine, l’intérêt porté et le niveau de la Division d’Honneur de 1956 correspondent, pour moi, grosso-modo au championnat National de maintenant. Le CO Pontlieue monte cette saison en DRH, ce qui permet d’assister à des derbys manceaux très intéressants, devant deux galeries bien remplies, le 23 octobre 1955 au Parc des Sports et le 19 février 1956 au Stade Renault (il ne porte pas encore le nom de Pierre Piffault). Dans les buts du COP, on note l’absence de Claude Simonet qui est parti subitement en région nantaise. L’USM remporte les deux confrontations. Serge Depoorter marquant deux buts à Leroy lors le match-aller, et Guy Mahé battant deux fois Martini lors du match-retour. Le COP finit à la 3e place du classement de la DRH avec 27 points.

 

A l’occasion du match de championnat du 22 janvier 1956 à Sainte-Jamme, l’USM l’emporte, 3-0. Derrière ce résultat, un événement amusant est à noter : si Guy Mahé marqua un but, les deux autres, concédés par les locaux furent marqués par le gardien Michel Brecq ! Cela mérite une explication : comme cela se faisait à cette époque (car il n’y a pas encore de remplaçants), Michel Brecq, blessé, permute dans les buts avec un joueur de champ. Devenu ailier gauche, et se débrouillant fort bien balle au pied, il inscrit deux buts à son palmarès. Un ancien joueur m’a raconté que lors d’un match contre son ancienne équipe, le Club Sportif Jean Bouin à Angers, alors que les angevins menaient 4-0, Michel marqua quatre buts plaçant les deux équipes dos-à-dos, 4-4. A un bon quart d’heure, deux joueurs angevins se percutent et se blessent. Devant finir le match à 9, le CSJB prend panique. Finalement, la rencontre se termine sur le score de 4-4, à la grande satisfaction des angevins ! Je n’ai pas pu vérifier la véracité de cette histoire. Serait-ce encore une légende ?

 

LA COUPE DE FRANCE

Dans la Coupe de France 1955-1956, après avoir éliminé le RC Doué (2-0), le SO Maine (7-0), l’AS Segré (4-0), le FC Lorient (3-2) et le Stade Quimpérois (2-1), l’USM tombe en 1/32e de finale, le 8 janvier 1956, sur l’AS Brest qui joue alors en CFA. Les manceaux vendent chèrement leur peau et n’abdiquent que lors des prolongations, 2-1.

 

LA COUPE DE L’OUEST

L’USM effectue un brillant parcours en Coupe de l’Ouest. Après avoir sorti l’Olympique de Saumur en 1/16e de finale (6-2), la réserve du SCO Angers en 1/8e de finale (2-0), le SO Cholet en 1/4 de finale (4-3) et les Cormorans de Penmarch en 1/2 finale (1-0). Elle dispute la finale, le 3 juin 1956, contre l’US Servannaise et Malouine au “Parc Municipal”. Michel Lambert est convoqué pour cette finale comme remplaçant. Après l’échauffement, Camille Libar prend sa décision : il jouera personnellement. Tant pis pour Michel ! Après un but malouin, Guy Mahé, permet d’obtenir un score nul (1-1) à la fin des prolongations. Pendant de longues minutes, la Coupe reste sur une table, a côté de la pelouse. A qui va-t-on l’attribuer ? Finalement, on la propose aux bretons : “Bon ! Ben les gars vous la prenez ?” Ce jour- là, un supporter de l’USM, André Daubias, achète la photo de l’équipe (noir et blanc, format 14x9) et note au dos le résultat de cette journée...

 

LES MATCHS DE COUPE DE FRANCE AU PARC DES SPORTS

- 1/16e de finale, le 5 février 1956 : SCO Angers (2e Division) bat AAJ Blois : 6-3.

1955-1956

 

CHAMPIONNAT DE DIVISION RÉGIONALE D’HONNEUR (groupe C) :

 

Entraîneur : Camille Libar

04/09/55 à Laval : Stade Lavallois bat USM 2-1 Libar

18/09/55 au Parc des Sports : USM bat Sportive de Sainte-Jamme 3-0 Jarny, Libar, Mayoux

09/10/55 à Couëron : USM bat ES Couëron 3-1 Jarny (2), Pécout

16/10/55 à Basse-Indre : US Basse-Indre bat USM 2-0

23/10/55 au Parc des Sports : USM bat CO Pontlieue 2-0 Depoorter (2)

30/10/55 au Parc des Sports : USM bat Union Méan-Penhoët 6-0 Depoorter (2), Conan (2), Jardy (2)

13/11/55 à Laval : USM bat USE Beauregard 1-0 Depoorter

20/11/55 à Donges : ES Donges bat USM 2-1 ..?..

11/12/55 à St-Pierre : USM bat JA Saint-Pierre Montlimart 3-2 Mayoux (2), Pécout

18/12/55 à Angers : USM bat Intrépide d'Angers 4-0 Depoorter, Mahé, csc, Conan

25/12/55 à Mayenne : AS Mayennaise - USM Match reporté (priorité à la Coupe)

01/01/56 au Parc des Sports : USM bat Stade Lavallois 3-0 Mahé (3)

22/01/56 à Ste-Jamme : USM bat Sportive de Sainte-Jamme 3-0 Brecq (2), Mahé

29/01/56 au Parc des Sports : USM bat ES Couëron 2-0 Mahé (2)

12/02/56 au Parc des Sports : USM bat US Basse-Indre 2-0 Mahé (2)

19/02/56 au Stade Renault : USM bat CO Pontlieue 2-1 Mahé (2)

26/02/56 à Méan-Penhoët : Union Méan-Penhoët-USM match reporté

11/03/56 au Parc des Sports : USM bat USE Beauregard 4-0 Depoorter, Pécout (2), Mahé

25/03/56 au Parc des Sports : USM bat ES Donges 6-0 Mahé (2), Pécout, Libar, Depoorter (2)

01/04/56 à Mayenne* : USM bat AS Mayennaise 1-0 Mahé

08/04/56 au Parc des Sports : USM bat JA Saint-Pierre Montlimart 4-2 Libar (2), Conan (2)

15/04/56 au Parc des Sports : USM bat Intrépide d'Angers 6-0 Mahé (3), Roumowski (2), Y.Rosmorduc

22/04/56 au Parc des Sports : AS Mayennaise et USM 1-1 Mahé Match perdu sur tapis vert.

29/04/56 à Méan-Penhoët : Union Méan-Penhoët bat USM 2-1 Pécout Match perdu sur tapis vert.

 

L’USM termine 1er du groupe sur 12 avec 34 points.

Statistiques : 17 victoires et 5 défaites. Buts pour : 60, buts contre : 14, différence : + 46.

Pour la saison 1956-1957, l’USM accède à la Division d’Honneur de la ligue de l’Ouest.

 

COUPE DE FRANCE :

 

2e tour :

02/10/55 à Doué-la-Fontaine : USM bat RC Doué 2-0 Leroux, ..?..

 

3e tour :

16/10/55 au Parc des Sports : USM bat SO Maine 7-0 Jarny (6), Conan

 

4e tour :

06/11/55 au Parc des Sports : USM bat AS Segré 4-0 Libar (3), Depoorter

 

5e tour :

27/11/55 au Parc des Sports : USM bat FC Lorient 3-2 Libar, Mahé (2)

 

6e tour :

25/12/55 au Parc des Sports : USM bat Stade Quimpérois 2-1 Libar, Mahé

 

1/32e de finale :

08/01/56 au Parc des Sports : AS Brestoise (CFA) bat USM 2-1 ..?..

 

COUPE DE L’OUEST :

 

1/32e de finale :

05/02/56 au Parc des Sports : USM bat US Château-du-Loir 4-1 csc, Roumowski, Depoorter, Mahé

 

1/16e de finale :

04/03/56 à Saumur : USM bat Olympique de Saumur 6-2 Pécout (2), Mahé (2), Depoorter (2)

 

1/8e de finale :

18/03/56 au Parc des Sports : USM bat SCO Angers (B) 2-0 Libar, Pécout

 

1/4 de finale :

01/05/56 au Parc des Sports : USM bat SO Cholet 4-3 Libar (2), Yves Rosmorduc, Depoorter

 

1/2 finale :

10/05/56 au Parc des Sports : USM bat Cormorans de Penmarch 1-0 Jarny

 

Finale :

03/06/56 au Parc des Sports : USM et US Saint-Malo 1-1 Mahé. US Saint-Malo déclaré vainqueur.

 

SAISON 1956-1957

DIVISION D’HONNEUR, COUPE DE L’OUEST (LOFA) & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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Un match de football dépasse parfois les simples valeurs aléatoires du sport et, le chauvinisme aidant, prend énormément d’importance quand les deux localités ne sont distantes que de quelques kilomètres ! C’était le cas entre Le Mans et Laval dans les années cinquante et soixante, quand les deux équipes étaient de niveau équivalent et à une époque, où la télévision était loin d’être omniprésente. L’USM et le Stade intéressaient plus les gens que le Real de Madrid, Manchester ou Chelsea. Laquelle de nos deux villes va remporter le premier le Titre de Champion de la ligue de l’Ouest ? En réalité, derrière ces deux équipes, il y a deux villes et deux départements finalement assez proches. Cette saison, l’avantage est nettement au Mans qui joue seule en Division d’Honneur. Le Stade Lavallois restant encore en DRH avec le CO Pontlieue. Il n’y aura donc pas de derbys cette saison pour l’USM. A propos du COP, l’affaire Corsaletti qui éclatera en janvier, déstabilisera l’équipe qui se retrouvera du jour au lendemain sans entraîneur. Le gardien de l’équipe, Ernest Moureau le remplacera au pied levé.

 

Départs : Serge Roumowski achète un hôtel à Noyen et signe au club de football du coin mené par le valeureux président Beynel. Quand José Arribas partira au FC Nantes celui-ci lui succédera. Son beau-frère, Michel Lambert part effectuer son “temps”. Devenu le papa de deux garçons bien manceaux qui, quand ils seront grands, feront parler d’eux : Loïc (le joueur du Stade Rennais UC et de l’ASSE) et Denis (le photographe du “Maine-Libre” qui a couvert la progression du MUC 72). Quand il reviendra, il signera au SOM. Il ne faut pas le confondre avec Bernard Lambert qui viendra au club dans quelques temps. A par le nom, il n’ont rien de commun. Gilbert Perrot quitte aussi l’effectif de l’USM. Alain Roux (formé à l’USM dès l’âge de 10 ans) part tenter sa chance comme stagiaire-pro au Stade Rennais UC.

Arrivées : Roman Tomajewski (dit “Toma”, un joueur d’origine polonaise venant de Gazélec) et Jacques Martini (25 ans). Ce bon gardien de but, vif et nerveux, est né à Rouen. Depuis son arrivée en Sarthe (à 17 ans), il a déjà gardé les buts successivement de Malicorne, des Cheminots, de Sainte-Jamme et du CO Pontlieue, où il était encore, la saison dernière. Il signe à l’USM lors de l’été 1956. Dernière arrivée : Henri Breteau qui est bien vite surnommé “Riton”.

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Michel Brecq, Serge Bernard et Jacques Martini.

Défenseurs : Paul Vincent, Yves Rosmorduc, Gilbert Perrot, Guy Leroyer et André Fontenay.

Milieux : Roman Tomajewski, Lucien Vincent, Roger Leroux, Charles Rosmorduc, Pierre Ledru et Ligron.

Attaquants : Alain Pécout, Pierre Arrault, Henri Breteau, Camille Libar (c), Guy Mahé, Serge Depoorter, Michel Conan, Jacques Mayoux et Edmond Jarny.

 

LE CHAMPIONNAT DE DIVISION D’HONNEUR

Pour leur première saison en DH, les “bleus et blancs” doivent affronter 12 équipes. La saison débute à Châteaubriant, le 2 septembre 1956. L’USM remporte cinq victoires successives : à Châteaubriant (2-6), face au Stade Brestois (3-1), à Quimper (0-1), face aux amateurs du SCO Angers (4-3) et à Carhaix (0-3). Après cet excellent démarrage, l’USM reste en tête du championnat jusqu’au 18 novembre. Exempte ce jour-là, elle doit laisser l’Olympique de Saumur la doubler. A l’image de son entraîneur-joueur, Camille Libar, qui connaît quelques problèmes de santé pendant l’hiver, l’USM baisse de régime. Ses dirigeants se lancent alors, à la recherche d’un joueur providentiel. Le lundi 17 décembre 1956, l’Olympique de Marseille vient jouer au Mans pour affronter une sélection de joueurs de L’USM renforcé par des joueurs du Stade Rennais UC (dont Bernard Lambert) et du FC Nantes. L’OM remporte ce match, 3-2, qui ne fut organisé que pour les habitués du Parcs des Sports à un horaire inhabituel : 12 h 15. A Noël, les dirigeants manceaux pensent tenir en Jacques Frugion (Montmorillon) le joueur providentiel qu’il cherchait mais finalement, ils le trouvent avec l’espagnol Pepito Fernandez qui signe au club début janvier. Dans la deuxième partie de championnat, l’excellente équipe du FC Lorient qui a pris la tête à Noël, se bat pour la 1e place avec l’Olympique de Saumur et le CEP Lorient. Finalement, après la dernière journée, le 26 mai, le FC Lorient remporte le championnat alors que l’USM se classe 4e du groupe avec 27 points (12 victoires, 3 nuls et 9 défaites). Pour le transfert de Jacques Frugion, ce sera pour plus tard. En mai 1957, les joueurs du COP menés par Hadji finissent à la 3e place du classement de la DRH. Il faudra encore attendre un peu pour revoir des derbys avec “les fondeurs” en DH.

 

LA COUPE DE FRANCE

A Châteaudun, le 25 novembre 1956, l’ASJ Châteaudun bat l’USM, 3 à 0. Mais avant le match, les dirigeants usmistes ont constaté des irrégularités sur les licences. Confiants, ils déposent réglementairement réclamation à la fin du match mais contre toute attente, la décision établie sur le terrain est confirmée sur tapis vert.

 

LA COUPE DE L’OUEST

Très courte expérience cette saison en Coupe de l’Ouest, puisque le 14 janvier 1957, l’USM est sortie dès le 1er tour par l’AS Segré, 2-1 (but de Guy Mahé). Il est vrai que le malaise de Camille Libar qui s’effondre lors d’un exercice à l’entraînement, le jeudi 11 janvier, n’a pas permis pas aux “blancs et bleus” de se préparer dans les meilleures conditions.

 

LES MATCHS DE COUPE DE FRANCE AU PARC DES SPORTS

- 1/32e de finale, le 13 janvier 1957 : RC Lens (1e Division) bat AAJ Blois : 10-0.

- 1/16e de finale, le 3 février 1957 : Olympique lyonnais (1e Division) et FC Nantes (2e Division ) : 2-2.

- 1/16e de finale, le 10 février 1957 : AS Monaco (1e Division) bat SM Caen : 3-1.

Le record d’affluence du Parc des Sports est battu à deux reprises lors de ces 1/16e de finale de la Coupe de France : le 3 février 1957, 8.676 spectateurs assistent au match Lyon-Nantes et la semaine suivante, le 10 février 1957, les pros de l’AS Monaco et les amateurs du Stade Malherbe de Caen entraîné par André Grillon, attirent 10.386 personnes.

 

Jean Delaboudinière aime le sport. Il est membre du bureau de la section football de l’USM et assure la présidence de l’Ecurie Le Mans. Il y côtoie le pilote Fernand Tavano et prend part, à ses côtés, aux 24 Heures du Mans en juin 1957, comme pilote suppléant. Il renouvellera cette expérience en 1960. Le samedi 2 mars 1957, Fernand téléphone à son cousin Maurice. Sur l’insistance de Jean, celui-ci lui arrange un essai pour le lendemain à l’occasion du match du SOM contre le Stade de Reims amateur. Si le dimanche, l’équipe rémoise l’emporte 7 à 1, Michel Gendry semble séduit par la prestation du cousin et lui propose de jouer dans l’équipe des “assureurs” pour la saison prochaine.

 

1956-1957

 

CHAMPIONNAT DE DIVISION D’HONNEUR :

 

Entraîneur : Camille Libar

02/09/56 à Châteaubriant : USM bat Voltigeurs Castelbriantais 6-2 Depoorter (3), Tomajewski, Roux, Pécout

09/09/56 au Parc des Sports : USM bat Stade Brestois 3-1 Depoorter (2), Pécout

16/09/56 à Quimper : USM bat Stade Quimpérois 1-0 Breteau

30/09/56 au Parc des Sports : USM bat SCO Angers (B) 4-3 Depoorter, Breteau, Leroyer, “Lulu” Vincent

07/10/56 à Carhaix : USM bat DC Carhaix 3-0 Pécout (3)

21/10/56 à Saumur : USM et Olympique de Saumur 0-0

28/10/56 au Parc des Sports : Stade de Rennes (B) et USM 0-0

11/11/56 à Lorient : FC Lorient bat USM 2-1 Depoorter

02/12/56 au Parc des Sports : CEP Lorient bat USM 2-1 Mahé

09/12/56 au Parc des Sports : Véloce Vannetais bat USM 2-0

23/12/56 à St-Brieuc : USM bat CO Briochin 1-0 Mahé

30/12/56 à Landivisiau : Gas de Landivisiau bat USM 2-0

06/01/57 à Angers : SCO Angers (B) bat USM 2-1 Fernandez

20/01/57 au Parc des Sports : Voltigeurs Castelbriantais bat USM 1-0

27/01/57 au Parc des Sports : USM bat Stade Quimpérois 4-0 Libar (3), Mahé

17/02/57 à Brest : USM bat Stade Brestois 3-2 Mahé (2), Fernandez

24/02/57 au Parc des Sports : USM bat Olympique de Saumur 1-0 Mahé

10/03/57 au Parc des Sports : USM bat DC Carhaix 5-3 Jarny (2), Depoorter, Breteau, Tomajewski

17/03/57 à Lorient : CEP Lorient et USM 2-2 Ledru, Libar

24/03/57 à Vannes : Véloce Vannetais bat USM 3-0

28/04/57 au Parc des Sports : CO Briochin bat USM 4-2 Breteau, Fernandez

01/05/57 à Rennes (10/2) : Stade de Rennes (B) bat USM 2-1 Tomajewski

19/05/57 au Parc des Sports : USM bat FC Lorient 5-0 Mahé (2), csc, Libar, Depoorter

26/05/57 au Parc des Sports : USM bat Gas de Landivisiau 4-1 Libar (2), Mahé, Yves Rosmorduc

 

L’USM termine 4e sur 13 avec 27 points.

Statistiques : 12 victoires, 3 matchs nuls et 9 défaites. Buts pour : 47, buts contre : 34, différence : + 13.

 

COUPE DE FRANCE :

 

2e tour :

25/11/56 à Châteaudun : ASJ Châteaudun bat USM 3-0 Réclamations du club mais

résultat confirmé sur tapis vert.

 

COUPE DE L’OUEST :

 

1er tour :

13/01/57 à Segré : AS Segré bat USM 2-1 Mahé

 

 

 

 

SAISON 1957-1958

DIVISION D’HONNEUR, COUPE DE L’OUEST (LOFA) & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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UNE SAISON D’INTERIM AVEC ROMUALD CASTELLANI

Camille Libar quitte Le Mans en juillet 1957 pour entraîner les Girondins de Bordeaux. Il y restera jusqu’en 1960 avant de laisser la place à Salvator Artigas, une vieille connaissance. Romuald Castellani, 35 ans, prend la relève. Venant d’Alès, où il était considéré comme l’un des meilleurs joueurs, puis de Sochaux, il a joué à l’ASSE de 1949 à 1953, jouant un total de 52 matchs de 1e Division en quatre saisons. Bien qu’il possédât une force de frappe terrible et jouant le plus souvent comme inter, mais aussi parfois comme avant-centre (14 buts), il ne s'est jamais vraiment imposé. Il quitte Saint-Étienne en juin 1953, muni de son diplôme d’entraîneur, ce qui, à 31 ans, a fait de lui le plus jeune entraîneur de France. La saison dernière, il entraînait le CO Briochin.

 

Départs : l’USM perd Michel Brecq, Gilbert Perrot, Paul Vincent, Alain Pécout et Jacques Mayoux.

Arrivées : Bernard Lambert (US Saint-Malo) et Jacques Frugion (Montmorillon). Alain Roux est de retour du Stade Rennais UC. Après une petite expérience en scolaire, Jean-Claude Védis prend sa première licence sportive junior à l’USM pour jouer en B mais finalement, il disputera quelques matchs en équipe A. Recrutement local : Michel Dondanu (retour du SOM) et Roger Le Dû. Ce bon attaquant a commencé a joué au “foot” dans son quartier (la cité du Maroc) en rencontrant notamment les jeunes de la cité des Pins menés par Alain Vêtu. Ces deux joueurs ont ensuite pris une licence. Roger, encore cadet a pris la place d’avant-centre à l’Avia-Club et Alain est devenu l’ailier gauche des Cheminots.

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Serge Bernard étant occupé par son service militaire, Jacques Martini gardera les buts de l’équipe A et Bernard Jousseaume ceux de l’équipe B.

Défenseurs : Yves Rosmorduc, Roman Tomajewski, Jean Cecchet et Guy Leroyer.

Milieux : Charles Rosmorduc, Henri Breteau, Roger Leroux, Pierre Ledru, Michel Conan, Lucien Vincent, Michel Dondanu, Philippe Gontier et Claude Leroy.

Attaquants : Bernard Lambert, Pepito Fernandez, Romuald Castellani (c), Jacques Frugion, Alain Roux, Pierre Arrault, Guy Mahé, Serge Depoorter, Roger Le Dû, Jean-Claude Védis et Madani.

 

LE CHAMPIONNAT DE DIVISION D’HONNEUR

L’USM connaît un début de saison difficile. La “sauce” Castellani a du mal à prendre. Mais l’arrivée en janvier de l’attaquant Miklos Bérès (un réfugié hongrois) lui permet d’effectuer une brillante fin de saison et de sauver sa place en DH. L’équipe réalise une très belle série pendant l’hiver en ne connaissant pas une seule fois la défaite en huit rencontres. Cela dit quand l’USM gagne, elle gagne largement. Pendant cette période faste, elle marque 22 buts et n’en encaisse que 3 ! Qui met fin à cette belle série, le 20 avril 1958 ? Eh bien ce sont les inévitables lavallois qui, à l’occasion du derby, nous battent 3-2 à Laval ! Après une saison échevelée, le titre en DH est pour l’Amicale Laïque de Châteaubriant qui précède le Stade Brestois, d’un petit point. Avec 28 points (10 victoires, 8 nuls et 8 défaites, 40 buts pour 23 buts contre), l’USM termine 7e du groupe sur 14. Lucien Vincent revient d’Algérie avec une pleurésie alors que René Looten (22 ans, ex-stagiaire pro à Troyes) devient manceau peu de temps avant la fin de saison. Le lendemain du match de Saint-Pol-de-Léon, en revenant au Mans, le lundi de Pentecôte, une équipe de l’USM remporte le tournoi de sixte de Saint-Quay Portrieux. Sans doute de quoi permettre de fêter le départ de Romuald Castellani car début juin, ce dernier quitte la région pour des raisons familiales. Cette accession restera dans la mémoire de Guy Leroyer comme le meilleur souvenir de sa carrière.

 

LA COUPE DE FRANCE

L’USM effectue un joli parcours en Coupe de France. Elle bat la Sportive de Sainte-Jamme (2e tour), la SS Noyen menée par José Arribas (3e tour), l’US Basse-Indre (4e tour), le CS Alençon (5e tour), avant de tomber au 6e tour, le 15 décembre 1957 à Cherbourg, face à une équipe de DH, l’AS Cherbourgeoise-Stella, 4-2 (deux buts de Serge Depoorter).

 

LA COUPE DE L’OUEST

L’USM passe le cap des 1/16e de finale suite à une surprenante décision des dirigeants de l’Amicale Laïque de Châteaubriant. Ayant réussi à faire jeu égal avec les “bleus et blancs”, à la fin du temps réglementaire (90 mn), 1-1, les castelbriantais, après la blessure d’un second joueur dans leurs rangs préfèrent arrêter après le repos de la prolongation. Ils donnent la priorité au championnat ! Nous sommes en février et le titre se profile à l’horizon. L’avenir donnera raison aux dirigeants castelbriantais car, en fin de saison, ils gagneront le championnat. Dans cette rencontre, la victoire revient donc à l’USM. Un mois plus tard, le match des 1/8e de finale de la Coupe de l’Ouest restera aussi dans les annales. La rencontre USM-COP doit se dérouler sur le terrain du plus faible donc au Stade Renault car les “fondeurs” jouent en DRH (2e en fin de saison), mais, prévoyant une affluence importante, ses dirigeants demandent de jouer le match au stade Léon Bollée qui se déroule donc le 3 mars 1958 devant 3.127 spectateurs. A la fin des prolongations, le score est de 1-1 (encore un but de Serge Depoorter). En cas d’égalité, la coutume de l’épreuve prévoit de laisser la victoire au club visiteur et c’est ainsi qu’elle revient au club initialement visiteur donc à l’USM ! Après avoir éliminé le SCO (3-1), l’USM tombe en 1/2 finale face au FC Lorient qui joue alors en CFA (3-2, après prolongation).

 

LES MATCHS DE COUPE DE FRANCE AU PARC DES SPORTS

- 1/16e de finale le 9 février 1958 : Le Havre AC (2e Division) bat AS Cherbourg-Stella : 3-0.

Exceptionnellement, à ce match, il faut ajouter celui du 12 janvier 1958, où le FC Nantes a battu le SM de Caen : 1-0. Cette rencontre du 6e tour ne se dispute qu’entre deux équipes amateurs mais il justifie qu’on en parle. Après trois matchs nuls successifs et une rencontre annulée, ce match est la cinquième tentative pour départager les deux équipes. En effet, lors des trois premiers (le 15 décembre à Caen, le 22 décembre à Nantes et le 29 décembre à Tours), aucune des deux équipes n’avait encore marqué le moindre but. Le 5 janvier 1958 à Tours, le quatrième match fut arrêté par la pluie, à la 19e minute. Le score était toujours de 0-0. Le seul but fut marqué par André Bouteiller à la 59e minute de jeu, après près de 7 heures et 18 minutes de jeu !

 

1957-1958

 

CHAMPIONNAT DE DIVISION D’HONNEUR :

 

Entraîneur : Romuald Castellani

08/09/57 à Rennes : Stade Rennais UC (B) bat USM 2-0

15/09/57 à Châteaubriant : AL Châteaubriant et USM 2-2 Castellani, Depoorter

29/09/57 au Parc des Sports : USM et SC Saint-Nazaire 1-1 Depoorter

06/10/57 à Saumur : Olympique de Saumur et USM 1-1 Breteau

20/10/57 au Parc des Sports : USM bat Stade Lavallois 1-0 Depoorter

27/10/57 au Parc des Sports : USM et Stade Briochin 1-1 Castellani

10/11/57 au Parc des Sports : USM bat Stade Pontivyen 2-0 Le Dû, Roux

17/11/57 à Lorient : CEP Lorient bat USM 2-0

01/12/57 à Vannes : Véloce Vannetais US bat USM 1-0

08/12/57 au Parc des Sports : USM et Stade Léonard 2-2 Lambert, Le Dû

22/12/57 à Quimper : Stade Quimpérois bat USM 1-0

29/12/57 à Brest : Stade Brestois bat USM 1-0

05/01/58 à St-Malo : US St-Malo bat USM 1-0

19/01/58 au Parc des Sports : USM bat Olympique de Saumur 5-1 Leroux, Castellani, Le Dû (2), Bérès

09/02/58 au Parc des Sports : USM et AL Châteaubriant 2-2 Castellani, Lambert

16/02/58 à St-Nazaire : USM bat SC Saint-Nazaire 4-0 Lambert, Le Dû, Fernandez (2)

23/02/58 au Parc des Sports : USM bat Stade Brestois 6-0 Lambert, Le Dû, Castellani (2), Leroux,

Fernandez

09/03/58 à St-Brieuc : USM bat Stade Briochin 1-0 Le Dû

16/03/58 au Parc des Sports : USM bat Stade Rennais UC (B) 1-0 Castellani

23/03/58 au Parc des Sports : USM bat Véloce Vannetais US 3-0 Castellani (2), Lambert

30/03/58 au Parc des Sports : USM - US St-Malo Match reporté (raison ?)

13/04/58 au Parc des Sports : USM et US St-Malo 0-0

20/04/58 à Laval : Stade Lavallois bat USM 3-2 Castellani, Fernandez

11/05/58 au Parc des Sports : CEP Lorient bat USM 1-0

18/05/58 à Pontivy : USM bat Stade Pontivyen 3-0 Fernandez (2), “Lulu” Vincent

25/05/58 au Parc des Sports : USM bat Stade Quimpérois 2-0 Castellani (2)

01/06/58 à St-Pol : USM et Stade Léonard 1-1 Castellani

 

L’USM termine 7e sur 14 avec 28 points.

Statistiques : 10 victoires, 8 matchs nuls et 8 défaites. Buts pour : 40, buts contre : 23, différence : + 17.

 

COUPE DE FRANCE :

 

2e tour :

22/09/57 à Ste-Jamme : USM bat Sportive de Sainte-Jamme 4-1 Ledu, Castellani, Depoorter (2)

 

3e tour :

13/10/57 au Parc des Sports : USM bat SS Noyen 5-2 Depoorter (2), Roux, Fernandez,

Yves Rosmorduc

4e tour :

03/11/57 à Basse-Indre : USM bat US Basse-Indre 2-1 Castellani, ..?..

 

5e tour :

24/11/57 au Parc des Sports : USM bat CS Alençon (DH) 4-1 Mahé, Depoorter (2), Lambert

 

6e tour :

15/12/57 à Cherbourg : AS Cherbourg (DH) bat USM 4-2 Depoorter (2)

 

COUPE DE L’OUEST :

 

1/32e de finale

12/01/58 à Gorron : USM bat FC Gorron 5-2 Castellani (3), Tomajewski, Fernandez

 

1/16e de finale :

02/02/58 à Châteaubriant : USM bat AL Châteaubriant 1-1 Fernandez.

Arrêt de Châteaubriant lors de la prolongation (deux blessés).

1/8e de finale :

02/03/58 au Parc des Sports : USM et CO Pontlieue 1-1 après prolongation. Depoorter

USM qualifiée.

1/4 de finale :

06/04/58 au Parc des Sports*: USM bat SCO Angers (B) 3-1 Bérès (3), Castellani

 

1/2 finale :

27/04/58 au Parc des Sports : FC Lorient bat USM 3-2 après prolongation.

Fernandez, Yves Rosmorduc

 

LE RETOUR D’ANDRÉ GRILLON AU MANS

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Après avoir joué pendant la guerre, à Clichy, Levallois puis au Mans dans l’équipe pro, puis après la Libération au Stade Français, au RC Paris, à Lyon et enfin au Stade Malherbe de Caen, avoir été aussi quinze fois sélectionné en équipe de France A, avoir été finaliste de la Coupe de France en 1950 et sacré Champion de France de 2e Division en 1951, André Grillon revient au Mans en juillet 1958. A 36 ans, il devient l’entraîneur général du club sans arrêter pour autant sa carrière de joueur. C’est un arrière rapide à la démarche un peu féline et doté d'une grosse frappe de balle qui a laissé l’image d’un joueur “viril mais correct”. André Grillon faisait partie de cette catégorie des “self-made men” qui n’a acquis la connaissance de son métier que par la pratique acquise au fil du temps mais qui n’a, par contre, qu’un sens approximatif de la psychologie humaine. Sans avoir la chaleur de Camillle Libar il avait la chance d’être doté d’une belle stature et possédait une autorité naturelle auprès de ses joueurs. Il n’était que rarement obligé de pousser des “coups de gueule”. Tous les jeunes joueurs qui l’entouraient l’appelaient “Monsieur Grillon”.

 

Quand André Grillon arrive au Mans, Miklos Bérès (Monaco prêté à Sète) et Jacques Frugion sont déjà repartis. Ce dernier deviendra l’avant-centre amateur des Girondins de Bordeaux et le Hongrois reviendra dans la région comme entraîneur du RC Ancenis en 1965. Il signera pour le club de la Loire-Atlantique “pour seulement 3 mois” mais la douceur de la région et la tranquillité du club vont prolonger son mandat jusqu'en 1994. En faisant monter son club en 2e Division, il y gagnera son surnom : "le sorcier de la Davrays". Autres Départs : Pierre Arrault et Roger Leroux, au club depuis une éternité, joue au même poste qu’André Grillon, au milieu de la défense. Plutôt que d’accepter la proposition du comité directeur qui consiste à s’essayer à un autre poste, il préfère laisser sa place et tirer sa révérence (“je n’étais pas un bon joueur, j’étais plutôt un déblayeur”). Il part jouer et entraîner l’équipe de La Ferté-Bernard. Claude Leroy, après une saison passée à l’USM, retourne à Sainte-Jamme. On ne verra plus Guy Mahé en équipe A mais il reste au club pour s’occuper des jeunes. Pierre Ledru signe au CO Pontlieue. Pour terminer, Alain Roux rejoint le SO Cholet dans l’inter-saison.

 

LA CONSTITUTION DE L’ÉQUIPE D’ANDRÉ GRILLON

En début de saison, André Grillon peut compter sur les frères Rosmorduc, Leroyer (défenseurs), Tomajewski, Breteau, Looten, Dondanu, Vincent (demis et inters), Lambert, Fernandez, Depoorter, Conan, Le Dû et Védis (attaquants). Bien avant son arrivée officielle au Mans, André Grillon a fait signer son camarade Roger Gabet (35 ans) un ancien du RC Paris et du FC Nantes qui a remporté avec son camarade Henri Tessier, la Coupe de France en 1949 (deux buts lors de la Finale). Il fut encore finaliste en 1950. Il s’agit d’un excellent joueur trois fois international en 1949. Ailier d’origine, il descendit progressivement sur le terrain jusqu'à devenir un excellent défenseur. Au printemps 1958, il achète un commerce d’article de sports au Mans et s’installe dans sa nouvelle vie. Aujourd’hui disparu, Roger Gabet a laissé le souvenir d’un homme de bonne éducation mais un peu renfermé. Pour en terminer avec les recrues de l’USM, trois bons joueurs signent pendant l’été 1958 : Jean-Yves Anjubault (qui revient du SO Maine) et un dénommé Raïz qui nous vient de la région lilloise. Bernard Bonsens (22 ans) arrive au Mans pour son travail. Il jouait en DH, à l’AC Amboise et signe naturellement à l’USM.

 

1958-1959 s’avèrera être une saison-charnière dans l’histoire de l’USM, car elle voit de nombreux jeunes du club formés par Camille Libar arriver en équipe junior et chatouiller les anciens. Parmi ces jeunes qui attendent leur heure : Philippe Gontier (17 ans) qui vient de remporter, en avril, le Concours du Jeune Footballeur “devant tous les bretons” et Jean Cecchet (19 ans) qui feront partie de la première équipe d’André Grillon : “A l’USM depuis ma 2e année en cadet, j’ai été intégré à l’équipe A en novembre 1958. Peu de temps après je suis parti effectuer mon service militaire. J’ai passé quatorze mois en France. Pendant ce temps, j’ai continué à pratiquer le football et je suis allé jusqu’en 1/2 finale du championnat de France Militaire. Ensuite, j’ai passé quatorze mois en Algérie. Je ne suis revenu en France qu’en mars 1961 après avoir passé trois Noël (1958, 1959 et 1960) sous les drapeaux ! Je n’ai repris une licence sportive que lors de l’été 1961. Comme je travaillais alors aux Mutuelles du Mans, j’ai choisi naturellement le SO Maine”. Une quarante ans plus tard, Jean Cecchet, occupera des fonctions administratives dans l’organigramme du MUC 72 en prenant en charge la logistique de l’équipe lors des déplacements. Chapeau et merci, Jean !

 

Dans l’inter-saison, Jacques Martini connaît de graves problèmes aux poumons. Son médecin lui demande d’arrêter “sur-le-champ”, la pratique du football. Voici comment Bernard Jousseaume hérita du poste de gardien de but titulaire, en août 1958 : “A la fin de la saison dernière, Serge Bernard, le gardien de but de l’USM, a été sélectionné dans l’équipe de l’Ouest. Après son match, il rentre en retard au Mans. Parti en vacances en retard, il décide de prolonger d’autant ses vacances et rate donc volontairement, la reprise de l’entraînement. Il ne peut disputer le match amical du 24 août 1958 contre le VS Chartrain qui joue alors en CFA. Après avoir constaté son absence, sans trop se poser de questions, le plus naturellement du monde, André Grillon me demanda alors de le remplacer en me tendant dans le vestiaire le maillot de gardien”. Malgré les cinq buts encaissés, Bernard Jousseaume effectua une prestation sans doute satisfaisante pour l’entraîneur manceau et il gardera sa place dans l’équipe de Grillon jusqu’à la qualification de la nouvelle recrue, Jean-Claude d’Armenia, qui interviendra début octobre. On ne reverra Serge Bernard qu’un an plus tard... Mais avec sa malheureuse guibole, Bernard Jousseaume ne doit pas inspirer trop confiance aux dirigeants du club car début septembre, ils chargent Toni Arbona, le Directeur Sportif de ramener au club un gardien supplémentaire.

 

LE RECRUTEMENT DE JEAN-CLAUDE D’ARMENIA

Trouvé rapidement à Orléans, il s’agit de Jean-Claude d’Armenia. Ce grand gamin a 18 ans est né à Port-Saïd (en Égypte) d’un père britannique et d’une mère égyptienne. Devant la tension “internationale” dans cette région du globe, le père décide d’envoyer son fils (lui aussi de nationalité britannique) en France. Jean-Claude n’a pas encore 14 ans quand il arrive à l’OGC Nice, en 1954. Sélectionné cadet du Sud-Est avant de rallier, la saison suivante, l’Arago d’Orléans (Division d’Honneur de la ligue du Centre) avec qui, il dispute les matchs amicaux, donnant toute satisfaction, il accepte l’offre du président Cheval et début septembre, arrive dans notre cité. Il s’agit d’un jeune garçon, assez grand (1,81 m pour 76 kg), qui ne sait rien faire d’autre que jouer au football et qui aura une destinée nationale (sélectionné dans l’Équipe de France des Étrangers de France). Plus tard, il fera partie du staff technique du Stade de Reims. Jacques Martini se souvient de cette période avec un certain plaisir : “Miracle ! J’ai perdu mes taches aux poumons et j’ai récupéré assez vite la santé. J’ai alors repris immédiatement l’entraînement mais ma place dans les buts avait été prise par d’Armenia et j’ai dû me contenter de jouer sur le terrain. Un jour à l’entraînement, de rage je lui ai collé trois buts !”.

 

LA MI-TEMPS AU STADE EN 1958-1959

 

Comme nous avons entamé une visite au stade Léon Bollée qui va durer une centaine d’années et comme nous en sommes rendus grosso-modo à la moitié, je vous propose de faire une pause. Lors d’un match de football, cela s'appelle la mi-temps. Je me souviens encore de ce qu’était une mi-temps lors de la saison 1958-1959 et je vais essayer de de vous la raconter. Après avoir fait pipi sur le mur d’enceinte situé le long de le rue de Claircigny, je ne m’arrêtais pas à la buvette pour boire un coup comme les anciens qui prenaient leur habituel petit verre de vin (rouge ou blanc) et je revenais bien vite écouter les bêtises de “Radadou” et de son copain Claude Dardenne. Je peux vous dire que l’ambiance était garantie avec ces deux-là dans le coin situé à droite sous la tribune présidentielle, le long de la main-courante à hauteur du banc de touche de droite, celui de l’USM !

photo : mur au “pipi”

 

LE PROGRAMME

Dès que nous étions entrés dans le stade on nous a offert un programme, format 21x27. Comme nous avons un petit quart d’heure à tuer, nous allons le parcourir. Une dizaine d’encarts publicitaires bordent chacune des huit pages. La composition des deux équipes et les numéros des joueurs sont portés sur les deux pages centrales. Sur les deux autres doubles pages, deux éditorialistes (M. Ortega et Tony Bessy) donnent libre cours à leurs imagination footballistique. On peut aussi y trouver des informations sur la carrière d’un joueur... Cela nous faisait de la lecture pour la semaine à la maison ! En 1959, l’USM joue en Division d'Honneur. Sur la dernière page, le supporter trouve la liste des matchs de la journée, le classement de la Division d'Honneur ainsi que les dates des prochaines rencontres au stade.

 

Je vous propose d’étudier les encarts publicitaires de ces programmes. A part une seule entreprise jurassienne (les tartinettes Graf), sur cinquante-quatre réclames, il s’agit de différents commerces manceaux : articles de pêche, graineteries, fruits et légumes, poissonneries, cafés-restaurants, hôtels, marchands de tissus, teintureries, vêtements, maroquineries, articles de sport, optiques, pharmacies, imprimeries, quincailleries, électroménagers, ameublement, agences de voyages, garages, fleuristes qui pour la plupart sont tous disparus. On ne trouve que seulement deux publicités (au plus petit format) pour des agences bancaires mancelles, qui elles existent toujours ! Pour terminer, nous retrouvons quelques noms connus au stade comme la quincaillerie Cheval, l’entreprise de plomberie-chauffage et couverture Delaboudinière, le garage Baumard et sur les articles de sport Dardenne. Les grandes surfaces ne sont pas encore arrivées. Les premiers supermarchés et hypermarchés du Mans (Suma et Record) n’ont pas encore entamé leur œuvre déstructrice des petits commerces de quartier.

 

LES RÉCLAMES AU HAUT-PARLEUR

Traditionnellement, la mi-temps, c’est l’heure des message publicitaires. Entre deux chansons comme “le poinçonneur des Lilas” de Serge Gainsbourg (1958) et le dernier succès de Jacques Brel “la valse à mille temps”, le “speaker” sévissant à cette époque (Monsieur Matran de Fay) nous lisait quelques “pubs”. Non, veuillez m’excuser, à cette époque on parlait plutôt de réclames. Alors, je recommence. Allons-y pour quelques réclames. Je vais commencer par une réclame que m’a rappelé Philippe Gontier : “Pasteur disait : le vin est la plus hygiénique des boissons. Alors, buvez du vin... Oui, mais buvez du bon vin. Buvez du vin Capillaire”. J’entends encore cette réclame. Je m’en souviens très bien mais ce n’est pas pour cette raison que je suis devenu, à 9 ans, dépendant du pinard. N’est-ce pas Monsieur Evin ?

 

Comme second message publicitaire, je pense à cette réclame ventant les mérites d’une marque de tabac distribuée par la SEITA. Toute ressemblance avec une marque de lessive ne serait que fortuite. Je crois me souvenir que cette réclame disait à peu près cela : “C’est la mi-temps... Repos pour les joueurs. Détente pour les spectateurs... Fumez une bonne cigarette... Douce et légère, discrètement mentholée... Fumez une cigarette Ariel...” Mais là, ma mémoire dois chanceler. Je dois tout mélanger : la Manufacture des Tabacs du Mans, la marque de la lessive... J’en suis arrivé à me demander si tout cela a vraiment existé un jour ? Peut être qu’en réalité cette réclame n’a jamais été lue au Parc Municipal des Sports. La nostalgie doit me faire perdre la tête. Les modes changent...

 

Au début des années soixante, le football et les rallyes faisaient bon ménage. Le 29 janvier 1961, A la mi-temps du match de championnat contre les Dernières Cartouches de Carhaix, Monsieur Matran annonçait la victoire des Dyna Panhard (encore une marque qui a disparu) au Rallye de Monte-Carlo.

 

LA MARCHANDE DE CACAHUÈTES

Pendant cette mi-temps, mon frère Jean-Yves (15 ans) avait remarqué la marchande de cacahuètes. Cette gentille personne d’une vingtaine d’années était la fille du marchand de friandises qui lui, assurait les ventes de son camion (un Citroën type H qui s’ouvrait sur le côté) alors que la gentille demoiselle elle, était chargée de la vente ambulante... Et la jeune fille marchait devant nous, devant la main-courante sur la piste en cendrée, sous les plaisanteries plus ou moins légères et raffinées de “Radadou” et de Claude Dardenne. Était-ce l’effet du poids du panier en osier chargé d’une vingtaine de sachets de cacahuètes ou le résultat de sa morphologie épanouie ? Mais le tissu de sa blouse bleue était fortement tendu sur les côtés par les bretelles du panier d’osier. Il y des choses qu’un ado de 15 ans remarque mieux qu’un gamin de 9 ans...

 

LE STRESS DU DIMANCHE SOIR

La fin de la mi-temps approche et il faut que je vous quitte pour essayer de me glisser (avec l’accord ou pas du contrôleur) avec mon frère dans la tribune présidentielle avant la reprise du match. Le jeu en vaut la chandelle. J’y verrai bien mieux les déboulés d’Antonio Casillas, de Lucien Bafoil ou de Roger Le Dû. Tant pis si je n’entend plus les plaisanteries de “Radadou” et de son copain Dardenne. Mais, pour moi, la deuxième mi-temps du match du dimanche c’était déjà un peu la fin du match et du dimanche. De retour à la maison, je devrais faire mes devoirs et apprendre mes leçons pour le lendemain. Pendant que je bossais sur la table de la cuisine, on écoutait les résultats des matches de la DH, sur Radio-Rennes. Puis, ce sera de nouveau l’école et une nouvelle semaine qui s’écoulera lentement...

 

Note aux lecteurs : pour terminer, je vous annonce, qu’à partir de maintenant, je ne vous rapporterai plus d’anecdotes lues dans la presse ou dans les historiques de l’USM. Mais à la place, j’ai décidé de vous raconter mes souvenirs personnels. Je vous les imposerai quand cela me fera plaisir où que j’estimerai nécessaire. J’en prends la décision unilatéralement car c’est moi qui commande. Pardonnez-moi mais pour mener à bien ma mission, acceptez que je fasse preuve de dirigisme !