La section professionnelle de l’USM en 1e Division et 2e Division (de 1942 à 1952)

SAISON 1941-1942

DIVISION SUPÉRIEURE (LOFA) & COUPE CHARLES SIMON (FFFA)

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UN NOUVEAU MAIRE AU MANS

Le 12 mai 1941, un nouveau conseil municipal de 22 membres (dont deux sont prisonniers) est constitué autour d’Eugène Chamolle comme maire du Mans. Proposé par le préfet de la Sarthe, il hésite longuement avant d’accepter “par esprit de sacrifice”. Pétainiste, comme une immense majorité de français, il est du bon côté par rapport au pouvoir en place à Vichy. Carnet blanc à l’USM : Jacques Wyffels et Jacqueline Rousseau se marient le 15 avril 1941 en pleine occupation. Comme celui de mes parents le 24 novembre 1942, ce mariage a eu peut-être lieu un jour déclaré “sans alcool” par les allemands.

 

L’ARRIVÉE DE CAMILLE COTTIN

Depuis l’arrivée de Robert Hurault, l’USM cherche à renforcer son équipe en vue de monter une équipe “pro”. Dans ses “Réflexions d'un jeune dirigeant”, en mars 1943, il confiera à ses lecteurs : “ils étaient un noyau de personnalités que les événements et la bonne marche du club avaient amenés vers le stade ; conquis par le football, stimulés par les prisonniers, voulant voir une jeunesse plus nombreuse pratiquer le sport, voulant permettre au public d’assister à de grandes rencontres". Ils avaient, d’un élan unanime, consenti de gros efforts financiers apportant chacun 20.000 F (soit environ 12.000 des francs de 1984) “et voilà les bases d'un club professionnel jetées”. Monter une équipe professionnelle, cela ne va pas de soi, et encore moins dans un pays occupé. Pourtant, dès août 1941, Robert Hurault avait l’espoir de réussir ce pari. Démobilisés, Edmond Novicki et Marcel Tomazover ont rejoint l’équipe de Sète. Pour cette saison, Robert Hurault réussit à faire venir Camille Cottin (30 ans). Il s’agit d’un joueur formé à Sochaux et entraîneur depuis un an à Reims. Il arrive au Mans pour entraîner l’équipe première. Remarqué par les dirigeants de l’USM lors du match de la Coupe des Provinces françaises amateur opposant, au Mans, la Bretagne et la Normandie. Francis Leseignoux (21 ans) finit par succomber à leurs propositions. Un espagnol, Salvator Artigas (27 ans) nous vient des Girondins de Bordeaux. Réfugié depuis la guerre civile dans son pays (1936), il est prêté au Mans pour un an. Arrivera un peu plus tard, Mohammed Boumezrag (35 ans). Après avoir joué à Charleville, à la déclaration de la guerre, il portait le maillot du Red Star. Il participa au match du 13 avril 1941 qui opposa le Red Star aux Girondins de Bordeaux, en finale de la Coupe de France, zone occupée. Ce joueur polyvalent commence par jouer en défense mais il peut s’adapter à tous les postes.

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Jean Chesne et Decode.

Défenseurs : André Silly, Francis Leseignoux, Mohammed Boumezrag et André Pican.

Milieux : Camille Cottin (c), Stephan Bak, Bartolak et Bartoli.

Attaquants : Pierre Rousseau, Salvator Artigas, Legall, Pierre Fontaine, Jacques Wyffels, Michel Le Hir, Roland Foucher

et Claus.

 

LE CHAMPIONNAT DE DIVISION SUPÉRIEURE

La ligue de l’Ouest modifie encore la plus haute compétition existant sur sa zone d’influence. Elle remplace la Coupe de l’Avenir par le championnat de Division Supérieure se rapprochant de la Division d’Honneur d’avant-guerre. L’USM s’engage dans cette compétition. Durant la saison, elle rencontrera huit adversaires qui composent avec elle, le groupe A : le Stade Léonard, l’En Avant Guingamp, le Stade Lamballais, le Stade Rennais UC amateur, la Tour d’Auvergne, le Stade Briochin, l’ES Saint-Brieuc et l’US Servannaise et Malouine. Le 3 novembre, la FFFA ampute la durée des matchs de 10 mn. La mesure est applicable dès le dimanche suivant. Courant novembre, nos dirigeants (ainsi que ceux du Stade Rennais UC) rencontrent quelques soucis avec la LOFA qui veut absolument conserver l’esprit amateur mais tout finit par s’arranger. Les “diables noirs” sont finalement les plus dangereux adversaires de l’USM. Dès le début de la saison, les deux équipes dominent le groupe. Vainqueur sur son terrain, 2-0 (le 26 octobre 1941) l’USM peut se contenter le 1er mars 1942, d’un 0-0 à Rocabey. Dans le journal du 22 décembre 1941, à l’occasion du match Le Mans-Nantes le journaliste conclut par : “la recette battit encore une fois le record avec 34.000 francs. Quand aurons nous un stade digne de ce nom ?” Avec 14 victoires en 16 matchs, l’USM se classe 1er du groupe A et se qualifie pour rencontrer en finale le 1er du groupe B, le Stade Quimpérois. Il est à noter que, pour la première fois, les footballeurs jouent le jour de Pâques, le 5 avril. Le premier match à Kérhuel, le 19 avril 1942 voit la victoire des “bleus et blancs”, 2-0 (but d’Artigas et Wyffels). Pour le match de la semaine suivante au Mans, Le Hir glisse à l’aile droite en remplacement de Rousseau blessé. Les manceaux, désorganisés laissent la victoire aux Quimpérois, 3-1. Tout va donc se jouer le samedi 1er mai 1942 à Nantes lors du match d’appui. Wyffels, bien tenu par la défense bretonne, ne peut s’imposer. Par contre, Roland Foucher, marque les deux buts manceaux, le deuxième sur un corner qui rentre direct dans les filets bretons ! L’USM remporte ce championnat qui vaut bien celui de la DH d’avant-guerre. Les habitants du Mans peuvent lire le résultat dès 18 heures sur le panneau d’affichage au siège du journal “La Sarthe”.

 

LA COUPE CHARLES SIMON

L’USM effectue un brillant parcours en Coupe de France. Après avoir battu le Stade Rennais UC le 4 janvier 1942 à Laval (2-1, après prolongation) elle ne connaît la défaite que le 1er février 1942, en 1/4 de finale de la Zone Occupée face aux Girondins de Bordeaux, 4-2 à Nantes, et encore, après prolongation, soit 110 minutes de jeu.

 

LA COUPE DES PROVINCES FRANÇAISES AMATEURS

Le Maréchal attache beaucoup d’importance à cette compétition réservée aux amateurs. Un seul joueur de la sélection du Maine (Morice) ne provient pas de l’effectif de l’USM. Dans la Coupe des Provinces, après avoir collé un brillant 5-0 aux picards (le 22 février 1942), l’équipe du Maine atteint le stade des 1/2 finales. Celle-ci tombe, assez lourdement d’ailleurs, le 29 mars 1942, face à la Champagne, 4-0.

 

LA POULE D’ACCESSION À LA PREMIÈRE DIVISION PROFESSIONNELLE

Du bout des lèvres, le gouvernement de Vichy donne le feu vert à l’accession de nouvelles équipes au championnat de 1e Division, l’équipe mancelle peut disputer cette poule d’accession. Les “bleus et bancs”, un peu émoussés par la saison écoulée terminent à la 3e place derrière le CA Montreuil et l’AS Troyes, mais finalement le forfait de Montreuil leur assure de jouer avec l’élite nationale pour la saison 1942-1943 ! L’USM sera le seul nouveau club de la zone occupée à passer comme club “autorisé” et à disputer le championnat de France interrégions.

 

 

1941-1942

 

CHAMPIONNAT DE DIVISION SUPÉRIEURE (groupe A) :

 

Entraîneur : Camille Cottin

28/09/41 à Rennes : USM bat Stade Rennais UC (B) 6-0 Rousseau (2), Wyffels (2), Pican, Le Hir

05/10/41 à Léon Bollée : USM bat Stade Lamballais 6-1 Wyffels (4), Rousseau (2)

19/10/41 à Guingamp : USM bat En Avant Guingamp 3-0 Artigas, csc, Le Hir

26/10/41 à Léon Bollée : USM bat US Servannaise et Malouine 2-0 Wyffels (2)

16/11/41 à St-Brieuc : USM bat ES Saint-Brieuc 3-0 Wyffels, Boumezrag, Foucher

30/11/41 à Léon Bollée : USM bat La Tour d’Auvergne Rennes 2-1 Artigas, Wyffels

11/01/42 à Léon Bollée : Stade Briochin UC bat USM 1-0 ..?..

25/01/42 à St-Brieuc : USM bat Stade Briochin UC 2-0 Artigas, Rousseau

18/01/42 à Rennes : USM bat La Tour d’Auvergne Rennes 3-0 Wyffels, Rousseau (2)

08/02/42 à Lamballe : USM bat Stade Lamballais 4-1 Rousseau, Wyffels, Artigas, ..?..

15/02/42 à Léon Bollée : USM bat ES Saint-Brieuc 5-0 Wyffels (3), Foucher, Boumezrag

01/03/42 a St-Malo : US Servannaise et Malouine et USM 0-0

15/03/42 à Léon Bollée : USM bat Stade Léonard 3-0 Wyffels (2), Artigas

22/03/42 à Léon Bollée : USM bat En Avant Guingamp 2-0 Wyffels (2)

05/04/42 à St-Pol de Léon*: USM bat Stade Léonard 2-0 Wyffels (2)

12/04/42 à Léon Bollée : USM bat Stade Rennais UC (B) 1-0 Le Hir

 

L’USM termine 1e sur 9 avec 45 points (statistiques : 16 matchs joués, 14 victoires, 1 nul et 1 défaite).

Elle se qualifie pour rencontrer en finale le 1er du groupe B, le Stade Quimpérois.

 

FINALE DU CHAMPIONNAT DE DIVISION SUPÉRIEURE :

 

19/04/42 à Quimper : USM bat Stade Quimpérois 2-0 Artigas, Wyffels

26/04/42 à Léon Bollée : Stade Quimpérois bat USM 3-1 Foucher

 

Match d’appui :

01/05/42 à Nantes : USM bat Stade Quimpérois 2-1 Foucher (2)

 

POULE D’ACCESSION A LA PREMIÈRE DIVISION :

 

03/05/42 : USM exempt

10/05/42 à Léon Bollée : USM bat AS Charentes 3-0 Artigas, Wyffels (2)

17/05/42 à Léon Bollée : USM bat CA Montreuil 2-0 Rousseau, Foucher

24/05/49 à Quevilly : US Quevilly bat USM 2-0

31/05/42 à Troyes : AS Troyes bat USM 2-0

 

L’USM termine 3e sur 5 avec 8 points (statistiques : 4 matchs joués, 2 victoires et 2 défaites) mais, le forfait du CA Montreuil lui permet d’accéder à la 1e Division nationale pour la saison 1942-1943.

 

COUPE DE GUERRE CHARLES SIMON (COUPE DE FRANCE)

ZONE OCCUPÉE :

 

1er tour :

16/09/40 USM exempt

 

2e tour :

12/10/41 à Léon Bollée : USM bat CU Angers 6-0 Rousseau (2), Wyffels (3), Foucher

 

3e tour :

09/11/41 à Blois : USM bat AAJ Blois 1-0 Le Gall

 

4e tour :

23/11/41 à Vannes : USM bat Véloce Vannetais 7-1 Wyffels (3), Frick, Foucher, Rousseau

 

1/16e de finale :

14/12/41 à Nantes : Saint-Pierre de Nantes et USM 1-1 Rousseau

21/12/41 à Léon Bollée : USM bat Saint-Pierre de Nantes 1-0 Pican

 

1/8e de finale :

04/01/42 à Laval : USM bat Stade Rennais UC 2-1 après prolongation.

Wyffels (2)

1/4 de finale :

01/02/42 à Nantes : Girondins de Bordeaux (D1) bat USM 4-2 après prolongation.

Rousseau, Wyffels

 

 

 

 

 

SAISON 1942-1943

PREMIÈRE DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE CHARLES SIMON (FFFA)

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DES NOUVELLES DE FRANCE

Le 17 avril 1942, sous la pression allemande, Pierre Laval est nommé chef du gouvernement du régime de Vichy par le Maréchal Philippe Pétain. Avec le retour de Pierre Laval aux affaires, l’État Français passe de la collaboration à une franche alliance avec l’Allemagne. Mais revenons au sport. Suite à la disgrâce de l’ancien tennisman Jean Borotra, en avril 1942, le Colonel Pascot (un rugbyman) prend la succession de celui-ci au Ministère des Sports. Le 4 septembre 1942, Vichy met en place la loi de réquisition qui deviend le Service du Travail Obligatoire : tous les jeunes gens âgés de 20 à 22 ans (en majorité ceux des classes 1921 et 1922) peuvent être envoyés de force en Allemagne. Le 22 juin 1942, Laval prononce à la radio un retentissant discours : “Je souhaite la victoire de l'Allemagne, parce que sans elle, le bolchevisme s'installerait partout”. L'effet sur l’opinion publique est désastreux, Ses propres conseillers et ministres sont effondrés. Beaucoup de jeunes gens, refusent de partir effectuer le STO et vont alimenter directement les rangs de la Résistance et ceux des maquis. Les plus courageux d’entre eux rejoignent le Général de Gaulle à Londres et grossissent les rangs de la France Libre pour poursuivre le combat. En passant, donnons à posteriori, un coup de chapeau aux juniors (presque toute l’équipe) de l’AS Brestoise qui ont rejoint Londres et le général de Gaulle dés l’été 1940 à bord de petites embarcations de pêches.

 

DES CHANGEMENTS DANS LE FOOTBALL

Pour la future saison de football, le colonel Pascot revient à une durée de 90 minutes et autorise sept joueurs professionnels par équipe. Le 20 juin 1942, en exécution des instructions du Ministère des Sports, la LOFA est scindée en deux Comités : le Comité de Bretagne (Ille-et-Vilaine, Côtes d'Armor, le Finistère, le Morbihan) et le Comité d'Anjou (Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe). Après l’excellente tenue de son championnat de Division Supérieure de la saison passée, elle décide le retour au championnat de Division d'Honneur avec les neuf clubs suivants : CEP Lorient, FC Lorientais, la Tour d'Auvergne, le Stade Briochin, le Stade Quimpérois, le Stade Rennais UC, US Douarneniste, US Servannaise et Malouine et "exceptionnellement”, l'AS Brest, qui n'a pas disputé le championnat en raison de force de cas de force majeure certains"). Naturellement, l’USM ne fait pas partie des équipes invitées, puisqu’elle va effectuer ses grands débuts en 1e Division.

 

Dernière petite modification du règlement : le barème des points change. En cette période ou les déplacements s’avèrent difficiles, laborieux et dangereux, le point allant à l’équipe battue mais qui avait effectué le voyage est supprimé. La victoire rapporte deux points, le nul un point et la défaite zéro point, indifféremment qu’il s’agisse d’une défaite sur le terrain ou d’un forfait. Cette décision a sans doute été prise pour ne pas trop pénaliser les équipes incapables d’organiser un déplacement. Pour illustrer ces propos, Michel Gendry se souvient : “Lors d’un déplacement à Nantes, le train s’est arrêté. en pleine nature. Tout le monde est sorti des wagons pour se cacher dans les champs. On a vu deux avions mitrailler le train. Je m’en souviens, c’étaient des double-queues” (les caractéristiques avions de chasse américains Lockheed P-38 “Lightning”).

 

DES FAIRE-PART DE NAISSANCE ET UN AVIS DE DÉCÈS DANS LE SPORT MANCEAU

Deux clubs sarthois font leur apparition lors de la saison 1941-1942 : le SO Maine et le CO Pontlieue. Pour le SOM, il s’agit de l’ancienne ASMM qui a changé de nom en application d’une loi du gouvernement de Vichy interdisant d’utiliser la raison sociale d’une entreprise supportant un club sportif. Les Mutuelles du Mans changèrent le nom de leur club sportif lors de la réunion de décembre 1941. Le Club Olympique de Pontlieue est l’émanation de l’usine Renault du Mans. Si, à Billancourt, au siège de l’entreprise, le club sportif de Renault porte le nom de Club Olympique de Billancourt, l’appellation COP fut choisie par homonymie. Le club qui fonctionnait déjà en corpo est affilié à la LOFA depuis le 1er mai 1942. Ecartés de “l’équipe première” de l’USM, Silly, Frick, Boels et Pierre Fontaine rejoindront les rangs du COP. Une autre entreprise, le Crédit Lyonnais préfère disparaître plutôt que changer de nom puisque son objectif est de se faire connaître par le biais du sport. C’est bien la raison première de la publicité. Dans l’équipe de football de l’agence du Mans de cette banque, il y a peu de temps encore jouait un certain Gabriel Martin (mon papa). Né en juin 1922, plutôt que partir en Allemagne, en “voyage organisé”, il préférera lui aussi, grossir les rangs de la Résistance et le football passera naturellement au second plan de ses préoccupations. Mais cela explique pourquoi, tout jeune, j’ai trouvé un jour, un maillot et des protège-tibias dans le grenier de la maison familiale. Les couleurs de ce maillot (violet à parements jaunes) m’ont longuement intrigué et c’est pourquoi je vous raconte le fruit de mon enquête.

 

Autre naissance intéressante pour les sportifs manceaux, le Goulou Club (une émanation de la Société des Comptoirs Modernes créee en 1928 par Léopold Gouloumès) change de nom et devient le Sporting Club Moderne. Mais le sport de prédilection du SCM n’est pas le football. Comme les hommes sont réquisitionnés au front ou prisonniers, pour s'occuper en leur absence, leurs femmes ont décidé de pérenniser le Goulou Club en créant une équipe féminine de basket-ball. Et c’est dans cette discipline sportive que le Sporting Club Moderne brillera dans le futur.

 

LES AMÉNAGEMENTS DU STADE LÉON BOLLÉE

Après Rennes et Saint-Malo, Le Mans est donc la 3e ville de la ligue de l’Ouest à franchir le pas du professionnalisme. Construit dans les années 1920 par une poignée de bénévoles, le “vieux” stade Léon Bollée subit d'importants travaux pour le rendre digne de cette équipe “pro”. La Mairie (devenue propriétaire du terrain du “pré de Beaulieu” en 1940) y fait dresser des gradins supplémentaires dans l’ancien quartier des coureurs devenu “enceinte des tribunes”. D’autres sont prévus dans le virage Nord. Les tilleuls qui gênaient la visibilité disparaissent des “populaires”, où une tribune couverte est construite. Afin que les spectateurs ne piétinent pas dans la boue les jours de mauvais temps, on refait la circulation avec du mâchefer. Des bancs, avec places numérotées qu’il est possible de louer se substituent aux chaises vétustes de la tribune d’honneur. Enfin, le terre-plein de l’enceinte des tribunes est surélevé en trois plans de niveaux différents, assurant une meilleure visibilité. Ainsi amélioré, le stade peut accueillir 4.000 à 4.500 personnes. Pour canaliser cette foule au mieux, l’entrée des populaires se fait par la porte du petit virage, une centaine de mètres avant l’entrée principale, en arrivant par l’avenue du Grand-Cimetière. Ces travaux permettent de ne pas trop regretter le Stade d’Honneur que certains dirigeants voulaient voir installé au quinconce des Jacobins. Robert Hurault raconte : “C’était en 1942, cela faisait 6 mois au Printemps alors que je demandais au Premier Adjoint 6 ou 8 agents de police au lieu de 2 pour le service d’ordre au stade Léon Bollée : mais combien avez-vous de spectateurs à ce stade Léon Bollée ? 2.500 à 3.000 Monsieur l’Adjoint. Telle fut sa réponse : mais Monsieur Hurault ne seriez-vous pas de Marseille ?”. Pour terminer, la Fédération recommandera au club “de se mettre en rapport avec la Kommandantur locale, les troupes d’occupation étant nombreuses au Mans, en vue d’obtenir le concours de la Feld Gendarmerie allemande pour renforcer le service d’ordre” (lettre du 9 septembre 1942).

LA CONSTITUTION DE L’ÉQUIPE

Avant de commencer celle-ci, l’entraîneur-joueur de l’équipe, Camille Cottin, 32 ans (salaire 3.500 francs par mois) dispose de trois joueurs bénéficiant du statut professionnel. Il s’agit de :

1) Stephan Bak, 46 ans, polonais, au club depuis la saison dernière.

2) Mohammed Boumezrag 27 ans (dit “Boum”), algérien donc français, au club depuis la saison dernière.

3) Salvator Artigas, 28 ans, espagnol, prêté par les Girondins de Bordeaux depuis un an. Non réclamé par son club, il est intégré réglementairement à l’effectif manceau pour la saison 1942-1943.

 

A ces trois joueurs s’en ajoute une demi-douzaine du club qui ont le niveau suffisant pour jouer en 1e Division. Ils ont tous le statut d’amateurs fédéraux, il s’agit par ordre d’ancienneté au club de :

1) Michel Le Hir, 27 ans, inter gauche, joueur manceau, au club depuis l’été 1935.

2) Jacques Wyffels, 21 ans, avant-centre, joueur manceau, au club depuis l’été 1938.

Dessinateur aux usines Gnome et Rhône depuis 2 ans avec un salaire de 2.200 francs.

3) Pierre Rousseau, 21 ans, ailier droit, joueur manceau au club depuis l’été 1938.

Agent de maîtrise aux Ets Xnosp, route d’Angers. Il gagne 2.800 francs.

4) Roland Foucher. attaquant, joueur manceau, au club depuis l’été 1938.

5) Jean Chesne, un joueur manceau, au club depuis l’été 1940. Économe à la SNCF.

Si vous voulez plus de renseignements sur lui, adressez-vous à Thierry Le Mée, l’ancien kiné du MUC, c’est son oncle.

6) Francis Leseignoux, 21 ans, arrivé au club la saison passée.

Il occupe un poste d’employé de bureau au Syndicat des Agriculteurs de la Sarthe pour 1.300 francs par mois.

 

Dès le mois début juin 1942, avec Robert Hurault, Camille Cottin commence le recrutement. Le maximum étant de sept joueurs professionnels par équipe et de deux étrangers, il doit embaucher deux joueurs “pros”. Longtemps en discussion avec l’USM, Joseph Plesiak, vainqueur de la Coupe de France en 1941 avec Bordeaux (il avait pour coéquipiers Emile Rummelhardt et Noredine Ben Ali) décide finalement de rester à Bordeaux. Les parisiens Ernest Vaast, Roger Gabet, André Grillon, Henri Tessier, et Drici (d’origine nord-aficaine) passent des essais. Le premier est le plus connu de ces joueurs. Il s’agit d’un buteur très efficace qui a débuté à Levallois et qui dispose d'une technique exceptionnelle. Finalement, contre toute attente, Ernest Vaast et Roger Gabet ne sont pas pris, mais feront une belle carrière par la suite. André Grillon et Henri Tessier qui réussissent à convaincre Camille Cottin. Sans avoir le talent d’Henri Tessier, une solution intermédiaire est trouvée pour Drici, en le faisant signer comme amateur. Finalement, les trois “pros” recrutés (salaire : 2.500 francs mensuel) sont :

1) André Grillon, 21 ans. Avant de venir au Mans, il joua à l’USA Clichy et au FC Levallois.

2) Georges Sefelin, 30 ans : tchèque, ex-Rennes, Fives et Red Star (de 1940 à 1942).

Vainqueur de 12 avril 1942 de la dernière Coupe de France avec le Red Star. Il s’agit là du 3e étranger de l’USM. Il habite Douarnenez et effectuera les allers et retours toute la saison.

3) Isidore Moysan, 28 ans. L’an dernier, il jouait au Stade Rennais UC. Une solution intermédiaire est trouvée pour lui. Pharmacien à Évron, il peut posséder une licence de moniteur-joueur et accepte de jouer cette année au Mans.

 

A ces vrais professionnels s’ajoutent trois joueurs amateurs. Arrivant le 1er août 1942 et jouant avec le statut d’amateurs fédéraux :

1) Jacques de Montmarin, 21 ans, sélectionné dans l’équipe de la LOFA.

Les dirigeants de l’USM eurent l’occasion d’observer la classe du gardien de la Saint-Pierre de Nantes lors des deux confrontations de Coupe de France de l’an passé. Au Mans, Montmarin ne s’inclina qu’une fois sur un penalty de Pican. Il est embauché comme employé de Préfecture pour 1.800 francs.

2) Henri Tessier (ex-Asnières). Avec ses quatre enfants, il quitte sans regret Paris pour vivre au Mans. On le comprend très facilement... Il trouve un travail chez Renault pour 1.500 francs par mois.

3) Albert Péhée (ex-En Avant Guingamp) s’était fait remarqué lors du match de la saison dernière à Guingamp. Il devient chauffeur aux Comptoirs Modernes pour 1.500 francs.

Note : pour vous donner une idée du coût de la vie, juste avant la guerre, en 1939, il fallait débourser 28.900 francs pour se porter acquéreur d’une Peugeot 402 alors qu’une paire de chaussures valait environ 50 francs.

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Jacques de Montmarin et Jean Chesne.

Défenseurs : André Silly, Francis Leseignoux, André Grillon, Isidore Moysan et Albert Péhée.

Milieux : Camille Cottin (c), Georges Sefelin, Stephan Bak et Mohammed Boumezrag.

Attaquants : Pierre Rousseau, Henri Tessier, Jacques Wyffels, Salvator Artigas, Michel Le Hir et Roland Foucher.

 

A ces seize joueurs (dix-sept avec Camille Cottin), pourront s’adjoindre si besoin les meilleurs amateurs tels que Boison (Guingamp), Manuel, Daniel, Diaz, Tardiff, Richard, Bartolak, Drici et le manceau Serge Hantraye (17 ans, intergauche) auxquels viendront se joindre Lemonnier et Carré (des Cheminots). Ils constitueront l’équipe B (ou amateur) de l’USM qui sera placée sous la responsabilité de M. Dimou et engagée dans le championnat d’Anjou contre Nantes, Saint-Nazaire, Cholet, Tours, Laval, Amboise et Angers. Les “pros” du Mans joueront avec le maillot habituel : “Bas bleus revers blancs, culotte blanche, chemisette bleu marine avec manches blanches. Les gardiens de but doivent porter un équipement qui permette de les distinguer”.

 

LES MANIFESTATIONS SPORTIVES SONT INTERDITES AUX JUIFS

Suivant une ordonnance des autorités d’occupation parue ces jours derniers dans la presse, toutes manifestations, sportives soit comme participants, soit comme spectateurs, sont désormais interdites aux juifs, de même que l’accès des plages et des piscines. Cette décision rend évidemment sans objet ma note 916 Cab - p du 4 juillet par laquelle je vous informais que le port de l’étoile jaune n’était pas exigible sur les tenues de sports”. Les 16 et 17 juillet 1942, venait d’avoir lieu dans toutes les villes de France l’opération “vent printanier”. A Paris, on a appelé cela, “la rafle du Vel d’hiv”. Au cours de cette triste période de notre histoire, la dénonciation a fonctionné à merveille au sein de la France profonde...

 

LES COURSES AU VÉLODROME

Le Stade était le rendez-vous de tous les sportfs du Mans : footballeurs, athlétes, cyclistes et rugbymens. “Malgré les difficultés de l’heure”, l’activité du vélodrome se poursuit quasi normalement. Ainsi, de mars à octobre, deux réunions par mois sont régulièrement organisées sous la tutelle de M. Blavette, son directeur. La réunion du 19 juillet 1942 attire un important public, composé de Manceaux et des forces d’occupation allemandes. M. Duchesne, responsable de la sonorisation les jours de courses, commente les épreuves et annonce les primes offertes aux coureurs par les spectateurs. Pendant les réunions, pour entrenir l’ambiance, les haut-parleurs diffusent des airs d’accordéon, ce qui ne satisfaiit pas pleinement l’animateur du jour. De temps en temps, il glisse, “la Marseillaise” ou “la marche Lorraine”, interdites à cette époque. Ce qui vaut un jour, à M. Duchesne d’être convoqué à la Kommendantur ! Au hasard des nombreuses courses de la journée, on note la victoire de l'équipe locale Dupuy-Cartigny dans l’épreuve de poursuite à l'américaine sur 5 km (11 tours) et dans l’épreuve contre la montre par équipe sur 900 m (2 tours) ainsi que celle du Manceau Serge Spique dans la course aux points disputée sur 4,5 km (10 tours). Celui-ci a 20 ans maintenant : “Nous nous connaissions tous. Quelquefois on s’amusait à jouer au rugby avec les copains que nous avions : Chetiveau, Olivier, Chartrain et leur entraîneur-joueur Decoux. Nous assistions à l’entraînement des athlètes sur la cendrée : Ducange, Torché (un camarade de classe)... Parmi les footballeurs, il y avait Michel Gendry, Wyffels, Rousseau, Chesne, Camille Cottin, Bak et Artigas”.

 

L’ENTRAÎNEMENT A L’USM

L’effectif est réuni le 2 août 1942 pour le premier entraînement. Il débute par une légère mise en train. Dans un mois, les choses sérieuses vont commencer... Camille Cottin fixe le programme des séances d’entraînement. Pour les pros et la “Première amateur”, celles-ci se tiendront le mardi et le jeudi de 18 à 20 heures. En hiver, les footballeurs se rendront au gymnase des Boucheries où le travail en salle aura lieu le mardi de 18 à 19 heures 15, et au stade le jeudi seulement de 17 à 18 heures. Les dirigeants manceaux chargent deux gamins (Claude Roullier et Michel Gendry) d’apporter à bicyclette, au camp d’Auvours (“frontstalag”), les convocations destinées aux prisonniers. Une fois arrivés, les deux adolescents déposent les convocations au poste de garde à l’entrée du camp. Les Allemands apportent alors la preuve de la qualité de leur organisation en les faisant suivre. “Grosse finesse” : pour venir au stade en voiture, chaque joueur est alors accompagné de deux hommes en armes. Même chose au retour. Je vous demande d’imaginer les entraînements au stade avec une douzaine de soldats allemands en armes regroupés le long de la touche à regarder les joueurs de l’USM. Je pense sincèrement que cela valait largement un séjour à Stalingrad... Pour fonctionner comme ça, on peut dire que le club a vraiment bénéficié de l’aide des autorités allemandes. Merci papa Shulz ! On ne pourra jamais assez remercier nos visiteurs d’alors d’aimer le sport. La Feldkommandantur organise même de grandes fêtes militaires et sportives au stade Léon Bollée (ou à celui de la Californie) réservées aux soldats de la Wermacht. Ainsi, lors de la fête des 13 et 14 septembre 1941, nos occupants y jugent des compétitions de marches de 15 et 25 km (en tenue de campagne) et organisent (le dimanche à 8 h 45) de sympathiques concours tels que le lancer de grenades (ce que dans la langue de Goethe, on pourrait très approximativement traduire “der grenadiren-balansirer”). Il faut dire que ce joyeux passe-temps était plus qu’une saine occupation, c’était alors une véritable discipline sportive très à la mode qui décoiffait pas mal ! Dans l’après-midi (de 14 h à 18 h), cette activité très noble laissait la place à des matchs de football et de handball. Le public manceau pouvait assister à tout cela pour la modique somme de 2 francs, et en plus, il disposait d’un programme faisant office de ticket d’entrée. Quelle organisation ! Quel soucis du détail !

 

LE CHAMPIONNAT DE PREMIÈRE DIVISION (GROUPE NORD)

La saison commence en fanfare le 30 août 1942 à 15 heures, quand l’USM affronte le Champion de France de 1e Division en titre, le Stade de Reims. Le public manceau veut voir en action les Vanvooren (capitaine de l’équipe de France) Favre, Batteux et autres prestigieux rémois contre “son” équipe. “Une assistance énorme, encore jamais vue au stade Léon Bollée submergeait les différentes enceintes. A tel point que le record de recette devait être largement battu : 73.700 francs contre 49.000 francs à la fin de la saison passée.”. L’USM sort le grand jeu et ne déçoit pas son public. Mohammed Boumezrag marque le premier but manceau. Reims revient au score avant que les inévitables Pierre Rousseau et Jacques Wyffels permettent à nos couleurs de l’emporter, 3-1. On imagine la joie des joueurs et des spectateurs ! Mais “A part le match de Reims, notre équipe n’a jamais joué au complet” comme le dit Robert Hurault dans une lettre à Lucien Gamblin du journal “L’Auto” à Paris. Le 6 septembre, à Amiens (comme les remplacements n’existent pas encore), en restant sur le terrain malgré leurs blessures, Cottin et Bak, touchés, ne joue qu’un rôle de figurants. l’USM remporte pourtant une nouvelle victoire (1-0). Par contre, Le Mans essuie sa première défaite (2-3) sur son terrain devant l’entente des deux clubs parisiens, le Stade Français et le CA Paris réunis pendant la durée de la guerre. “Avec deux remplaçants, il n’y a aucune excuse, nous avons mal joué”. Puis vient la réception du Racing Club de Paris, le 20 septembre. Le match nul (2-2) contre le Racing Club de Paris se trouve assorti d’une grave blessure du gardien de but manceau. “Vingt minutes avant la fin nous menions 2-1 et nous dominions. Notre gardien, Jacques de Montmarin est touché à la tête et quitte le terrain pour ne plus y revenir : double fracture de la cavité orbitale droite et fracture du maxillaire supérieur. Indisponibilité : sept semaines ! Le Racing égalise”. Voilà donc Jean Chesne va tenir le poste de gardien jusqu’à la mi-novembre.

 

LES DÉPLACEMENTS

Pour les matchs à l’extérieur, l’équipe se rend sur les lieux des rencontres, très rarement dans de bonnes conditions. Les voyages sont effectués en priorité en car ou en train. Quand elle choisit la SNCF (créée le 1er janvier 1938 par le gouvernement socialo-communiste Camille Chautemps) elle utilise des wagons à bestiaux ou des voitures de 3e classe, sur des banquettes en bois avec des nuits de sommeil dans les filets à bagages ou plus simplement allongés dans le couloir. Le 27 septembre, à Troyes, l’USM (privée de Cottin, Bak et Montmarin et alors que Sefelin quitte le terrain pendant 19 minutes) l’emporte quand même 2-1. Le 4 octobre à Sochaux, l’USM (encore privée de Cottin, Montmarin ainsi que de Sefelin, connaît une lourde défaite 6-3, avec en prime la blessure de Bak (qui doit quitter le terrain avant la fin du match), et les blessures légères de Wyffels, Rousseau, Foucher et Arribas. “Sans chercher d’excuses, avouez que nous avons été éprouvés” ajoute Hurault. Au stade Léon Bollée, le 11 octobre 1942, l’USM remporte le derby de l’année face à nos amis du Stade Rennais UC, 3-2. Et là, ce n’est pas un résultat comme les autres ! Il y a des fois où on a le droit d’être fiers d’être manceau. Malheureusement, la semaine suivante, sans doute un peu fatigués par cette victoire (ou les festivités d’après-match), les joueurs de l’USM s’inclinent face aux “Diables Rouges” (FC Rouen), 1-0.

 

LE CIRCUIT CYCLISTE DE FRANCE

Beaucoup de manceaux ont le souvenir d’une arrivée d’étape du Tour de France sur le vélodrome du stade Léon Bollée. C’est à la fois vrai et faux. Pour ces anciens, je vais essayer de leur rafraîchir la mémoire. Les autorités allemandes, qui aiment le sport, exigent l’organisation d’une épreuve calquée sur le Tour de France. Jacques Goddet refuse mais Jean Leulliot (le papa de Jean-Michel), son ancien compagnon de jeunesse du journal l'Auto, chef de la rubrique sportive de “La France socialiste”, profite des circonstances pour relever le défi. Il crée une course sur route par étapes appelée le “Circuit de France”. Soixante-neuf coureurs (regroupés par marques) s’élancent pour un périple d'une semaine comprenant 1650 km, reliant Paris à Paris, via Le Mans, Poitiers, Limoges, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne (journée de repos), Lyon et Dijon. On relève quelques noms connus : Caput pour “Dilecta”, Guy Lapébie, Louviot, Benoît Faure et Brambilla pour "Mercier", Neuville pour "Helyett". "Alcyon", "Génial Lucifer" et "France Sport" présentent également une équipe. Disputée sous une pluie battante qui la rend très pénible, l’arrivée de la 1e étape est jugée sur le vélodrome Léon Bollée du Mans, le lundi 28 septembre 1942. Aprés 205 km de course, Lapébie et Neuville se présentent seuls sur l’anneau dont l’entrée se situe avenue du Cimetière de l’Ouest. Guy Lapébie laisse le belge mener le sprint final pour le déborder dans le dernier virage et remporter la victoire avec deux bonnes longueurs d’avance au moment où le peloton pénètre à son tour sur l’anneau de ciment. L’arrivée de cette épreuve se déroulera à Paris, le dimanche 4 octobre 1942. A l’occasion de cette arrivée au stade, une réunion complète de cyclisme est organisée et malgrè la pluie, un public relativement nombreux pour un lundi y assiste.

 

LES DIFFICULTÉS D’UN CLUB PROFESSIONNEL

Le 17 octobre, un article désobligeant de “l’Écho des Sports” soupçonne que “tout n’est pas pour le mieux à l’USM. La trésorerie du club connaîtrait de sérieuses difficultés et les joueurs ne suivraient qu’épisodiquement l’entraînement.” Marcel Hurault proteste énergiquement et menace de poursuivre le journal pour diffamation. Mais dans l’enquête de la Fédération du 25 mars 1943 sur le professionnalisme, il affirme plus tard que : “Les clubs, de leur côté, ne doivent pas avoir de faiblesse vis à vis de leur joueurs “pros” si on ne veut pas voir ceux-ci faire l’objet de critiques, hélas bien souvent justifiées”. (Lettre à Gabriel Menot du 26 mars 1943). L’USM doit se déplacer le 25 octobre 1942 pour rencontrer des équipes de la zone interdite, telle celle du Havre AC, dont les dirigeants préviennent que les contrôles pour l’entrée dans la zone côtière dite interdite deviennent de plus en plus sévères. Du Havre, l’USM ramène les deux points de la victoire, grâce à une victoire, 1-0 (but de l’inévitable Wyffels). Par contre, le 8 novembre, au stade Léon Bollée, le SC Fivois (un des favoris du championnat) bat l’USM, 5-3. C’est la fin de l’intérim de Jean Chesne qui, ne s’en est pas trop mal sorti.

 

NOVEMBRE 1942 : LE TOURNANT DE LA GUERRE

Le 8 novembre, au petit matin, 75.000 soldats anglais et américains débarquent sur les côtes du Maroc et de l’Algérie. Au même moment François Darlan, le second de Pétain, se trouve à Alger. Il exhorte les français d'Afrique du Nord, fidèles au régime de Vichy, à résister face à l'invasion des alliés. Les combats entre les forces alliées et les français vont entraîner la mort de plusieurs centaines de soldats. Malgré leur résistance, nous assistons à la déroute de la flotte française. Darlan signera peu après la reddition d'Alger. Le comportement de Pétain reste fidèle à son choix de 1940 et déçoit d’innombrables français qui croyaient encore en un hypothétique “double-jeu” secret du maréchal et s’imaginaient qu’il souhaitait en secret préparer la reprise de la lutte et la revanche contre l’ennemi. En représailles, mais aussi, tout à fait logiquement, l’Allemagne envahit le sud de la France, la zone libre, le 11 novembre. La ligne de démarcation n’existe plus. La délivrance de laissez-passer devient une réelle préoccupation pour les joueurs du Mans d’autant que “la Kreiskkommandantur du Mans s’est toujours opposée à la délivrance des laissez-passer pour des équipes sportives” (lettre à la Fédération du 30 novembre). Le 15 novembre, l’USM joue un match qu’elle aurait dû jouer le 6 septembre au stade Léon Bollée, contre l’Excelsior Roubaix-Tourcoing. Elle l’emporte, 1-0 avant de perdre de peu, mais logiquement, quinze jours plus tard à Lens, face au leader de ce championnat, 3-2. A partir de cette date, les clubs veulent regrouper les déplacements pour mieux s’adapter aux conditions imposées par le conflit. Le calendrier initial des rencontres est alors, bouleversé. Les transports en car sont supprimés pour les équipes sportives à partir du 30 novembre. Enfin, les risques d’incidents, toujours possibles avec les spectateurs admis sur le “pourtour”, “commandent” de faire installer un barrage entre ces derniers et le terrain. Décidément, les manceaux ne peuvent pas oublier l’occupation allemande.

 

LA COUPE DE FRANCE

En 1/16e de finale, le 13 décembre 1942, l’USM élimine l’US Vire, 4-1, puis le 10 janvier 1943, le VS Chartrain, 6-1 pour tomber en 1/4 de finale, le 7 février 1943 à Nantes devant le Red Star-Olympique de Paris, sur le score sans appel de 4-0. Au soir du match, voici ce que note Robert Hurault pour chacun de ses joueurs :

- de Montmarin : “En très grande forme”.

- Grillon : “Bien, comme à son habitude”.

- Moysan : “Un très bon match”.

- Leseignoux : “Très bon match. Fort supérieur à Bak. Observe beaucoup mieux les consignes qui lui sont données”.

- Sefelin : “Match moyen. A commis des grosses erreurs, notamment sur le 2e but, dont il assume la responsabilité”.

- Bak : “Match assez bien. Toujours bon footballeur mais ne marque pas assez son adversaire”.

- Rousseau : “Doit être crédité d’un bon match. A shooté de nombreuses fois au but, mais ses tirs sont mal ajustés”.

- Wyffels : “Mauvais match. Fut l’ombre du brillant avant-centre que nous avons connu le dimanche précédent”.

- Tessier : “Fit de belles choses par intermittence, manque de continuité dans ses efforts”.

- Boison : “N’est pas un ailier gauche”.

 

LES DÉPLACEMENTS : VOYAGEURS OU FOOTBALLEURS ?

Robert Hurault, écrit à M. Brault cette lettre, le 3 décembre 1942 : “c’est ainsi qu’après avoir effectué le long déplacement de Lens, dimanche dernier et après avoir joué Lille au Mans dimanche prochain, l’USM doit se rendre à Vire en Coupe de France le 13 décembre et, devant les difficultés ferroviaires, passer par Paris. Le 20 décembre, match de sélection à Nantes ; le jeudi, les joueurs devront partir du Mans à 6 h 30 pour se rendre à Bordeaux où ils joueront en championnat ils en repartiront le samedi matin pour jouer le dimanche 27 à Paris toujours en championnat. Le 1er janvier, donc cinq jours après ce lointain déplacement, ils recevront Amiens au Mans et 48 heures après ils recevront Lens, leader actuel du championnat ; enfin le 10 janvier, ils devront jouer les 1/8e de finale de la Coupe de France. Notons que pendant cette période, l’USM ne gagne pas un seul point en championnat. Toutes les rencontres de championnat face à Lille, à Bordeaux, au Red Star, à Amiens et à Lens se soldent par des défaites. Imaginez des déplacements invraisemblables et interminables en train, interrompus par les bombardements ou des visites impromptues de militaires allemands : “Aussweiss Bitte !”. Dans la vie courante, le rutabaga règne en maître et bienheureux celui qui se trouve un cousin à la campagne. Voilà sans doute une des chances du Mans. Département rural, la Sarthe offre quelques ressources. Ce n’est pas le Pérou, non, mais c’est un peu mieux que l’ordinaire. Même surveillé par un Allemand, chaque déplacement permet de remplir la musette. Ainsi Marcel Rossini (directeur de “Football”) demande à Robert Hurault de laisser au correspondant de son journal la possibilité de faire une ou deux courses “dans le but de ravitailler notre popote...” (Lettre du 10 février 1943.) Pendant la guerre, la vie continue... et le football aussi. Pour sa section amateur, l’USM recrute des joueurs doués qui lui ont été signalés ici où là. Ainsi, un certain Robert signe un contrat d’un an avec l’USM. “J’étais bon de la tête mais à cause de mon poids léger, je ne jouais vraiment bien que sur terrain sec”. C’est insuffisant pour être un tout bon et Robert retrouvera sa place d’intérieur au sein de l’Étoile Sportive de Connerré. “Le dimanche, on allait jouer à Montmirail ou à Lombron et le soir, un bal, officiellement interdit, s’improvisait. A cause du couvre-feu, on ne rentrait qu’au petit matin”. Ah, j’ai oublié de vous dire que ce Robert s’appelle Jarry, le futur maire du Mans.

 

LES MATCH-RETOURS

Courant janvier, les résultats sportifs de l’USM s’améliorent un peu. A l’occasion de deux matchs à Paris, elle rapporte quatre points à la maison suite à ses victoires contre le Stade Français-CA Paris (1-0) et le Racing (3-1). Le 14 février 1943 et le 21 mars, l’USM remporte ses deux matchs au stade Léon Bollée, contre l’AS Troyes, 3-1 et Le Havre AC, 4-0. Entre-temps, le 28 février, lors de son déplacement à Rouen, l’USM obtient le partage des points, 1-1. Les manceaux obtiennent deux bons matchs nuls le 28 mars à Lille face au SC Fivois (1-1), puis le 11 avril au stade Léon Bollée, face à l’entente Red Star-Olympique de Paris (1-1) avant de retourner en zone interdite passer le week-end de Pâques. Dans un souci d’économies et de simplification administrative, les deux rencontres prévues à Roubaix et à Lille ont été regroupées dans un seul déplacement. Le dimanche, le 25 avril, l’USM joue à Roubaix (victoire de l’Excelsior de Roubaix-Tourcoing, 2-1). Cette rencontre n’a pas dû attirer une grosse assistance car celle-ci devait plutôt être présente à l’arrivée de la 41e édition de la course Paris-Roubaix qui se déroule au même moment sur l’autre vélodrome de Roubaix, du Parc des Sports des Quatre-Villes et où joue habituellement le RC Roubaix. L’USM joue le lendemain à Lille et remporte la victoire, 2-1. Lors du retour de ce week-end de Pâques chez les “ch’tis”, l’équipe arrive dans une Gare du Nord en pleine effervescence car deux officiers allemands viennent d’être tués par des Résistants. Tout le monde, en sortant du train, doit passer devant des soldats en armes avant d’être fouillés, et de monter dans des camions pour être envoyés on ne sait où... Stéphan Bak sort du rang et crânement se dirige vers un officier de la Wermacht. Après quelques mots (en allemand) et un deuxième entretien avec un autre officier, toute l’équipe sort de la file d’attente pour quitter la gare et se rendre à Montparnasse. Le nul obtenu le 3 juin à Rennes (2-2) ne fait pas oublier les défaites concédées à Reims (le 16 mai, 2-1) et au stade Léon Bollée face au FC Sochaux (le 23 mai, 3-1). La saison se termine à domicile face aux Girondins, le 6 juin. Serge Baudouin (le futur président omnisport de l’USM des années 70) alors adolescent, vient assister en vélo à cette rencontre. Il se souvient : “il y avait un monde fou... Peut-être 10.000 personnes ! J’ai eu du mal à trouver de la place pour ranger mon vélo...”. Finalement les Girondins l’emporte 2-0. Au classement final, alors que le RC Lens remporte le titre avec 13 points d’avance sur ses suivants, le FC Rouen et le SC Fivois, les résultats honnêtes de l’USM (11 match gagnés, 5 nuls et 14 perdus) lui permettent de se classer à la 11e place (sur 16), avec 27 points. Ce résultat obtenu satisfait pleinement le public manceau et en tout cas, l’enthousiasme du public a impressionné. Ainsi le football pratiqué au Mans avait plu et était “fort apprécié du public parisien et du public nordiste” et “les hautes sphères du football français stupéfaites des résultats connus dans notre cité...”

 

CAMILLE COTTIN DEVANT LE CONSEIL DE DISCIPLINE

Pierre Robin, le journaliste de la Sarthe critique ouvertement Camille Cottin : “l’USM manque de réalisateurs. Le jeu n’est pas assez porté vers l’attaque”. Indépendamment de cela, de sérieux problèmes interviennent entre Camille Cottin et les dirigeants de l’USM qui le convoquent le 19 mars à passer devant le conseil de discipline du club pour des négligences dont la nature n’est pas précisée. Faute de documents, il est impossible d’en savoir plus. Camille Cottin restera pourtant dans la mémoire de Michel Gendry, comme un éducateur hors-pair : “C’est avec lui que j’ai le plus progressé”. Il le lancera dans le football de haut-niveau en le faisant jouer lors d’une rencontre amicale à Évron en fin de saison.

 

LES DIFFICULTÉS FINANCIÈRES

A la fin de la saison, des problèmes pécuniaires du club mettent en péril l’existence de l’équipe “pro”. Le fragile équilibre financier a été rompu par l’augmentation de la taxe municipale sur les spectacles passée de 6% à 10% et de celle de l’État, dite de transaction, grimpant de 1% à 18%. Le budget de la saison (2 millions de francs) ne suffit plus. Suite à ces augmentations, voici les commentaires acides de Pierre Robin du quotidien “La Sarthe” : “Sous prétexte que certains joueurs sont rémunérés, on a trouvé bon d’imposer aux clubs un pourcentage de taxes sur les recettes qui met pratiquement leur existence en danger. C’est aujourd'hui le cas de la section professionnelle de l’Union Sportive du Mans, comme celui des autres clubs dits autorisés. Sous peine de recueillir 200.000 francs d’ici la fin mai, l’USM ne pourra envisager la reprise du championnat de France la saison prochaine, ce qui serait vraiment dommage, tout le monde en convient, après un début aussi encourageant. Ce serait d’autant plus dommage que sans les nouvelles taxes, la section pouvait vivre relativement aisément. Le public avait répondu plus nombreux qu’on avait pu l’espérer et les recettes avaient généralement dépassé les prévisions les plus optimistes. A tel point que 200.000 francs avaient été remboursés sur le montant des travaux effectués au stade Léon Bollée l’été dernier, dont le montant atteignait 300.000 francs”. Dans les premiers jours de mai, une souscription est ouverte pour le maintien de l’équipe pro et la moitié de la somme nécessaire est réunie en peu de temps. Un article de presse “L’USM veut maintenir son équipe professionnelle” indique même que deux mandats de 100 francs sont arrivés des stalags, envoyés par deux fidèles supporters des “bleus et blancs”. Deux modestes clubs sarthois, la Patriote Brûlonnaise et la Patriote de Bonnétable font également parvenir 200 et 100 francs. Finalement, une solution est trouvée, en utilisant les fonds prévus pour rénover le stade...

 

L’ORGANISATION DU FOOTBALL PROFESSIONNEL SELON VICHY

Malheureusement, la saison 1943-1944 voit un important changement de règlement. Le 15 juin, le colonel Pascot ("le dictateur des Sports de Vichy") annonce sa décision “d’assainir le football français en rendant aux clubs une activité amateur et en donnant à la fonction de joueur rétribué la dignité et la sécurité”. En clair, cela signifie que tous les footballeurs vont être enlevés à leurs clubs et mutés en fonctionnaires d’État, au service de 16 équipes dites “fédérales” portant chacune le blason d’une région. Autre décision, liée à la première : le colonel Pascot supprime la 2e Division. Les protestations de la Commission professionnelle de la FFFA auprès de Pierre Laval, ne font que provoquer la colère du colonel. Les seize équipes sélectionnées furent liées une saison à une région pour devenir des équipes “fédérales”. Parmi ces seize équipes, dix sont choisies pour avoir participé au championnat de 1e Division en 1941-1942. Ainsi, le RC Lens est associé à l’Artois, l’Olympique Lillois aux Flandres, les Girondins de Bordeaux à la Guyenne, le Toulouse FC aux Pyrénées, l’OGC Nice à la Côte d’Azur, l’Olympique de Marseille à la Provence, le Stade de Reims à la Champagne, le Stade Rennais UC à la Bretagne, le FC Rouen à la Normandie, le SO Montpellier au Languedoc. Pour faire plaisir au public parisien, on monte deux équipes parisiennes en associant l’Île-de-France au RC Paris et en créant l’équipe Paris-Capitale. Il reste quatre clubs à trouver. Avec trois de l’ancienne 2e Division (Grenoble, Lyon et Nancy), il ne reste plus qu’une dernière équipe à trouver. On hésite entre Clermont-Ferrand et Le Mans qui, tous les deux, ne sont admis en 1e Division que depuis l’été dernier. Finalement, Vichy porte son choix sur la ville auvergnate de manière tout à fait arbitraire. C’est vrai que Vichy est plus proche de Clermont-Ferrand que du Mans. Suite à cette décision, l’USM doit donc disparaître du championnat “pro”. Il s'agit pour Robert Hurault “d’un véritable assassinat à l'égard de la section de football de l’USM”. Elle doit céder sept de ses joueurs à l’équipe de Rennes-Bretagne.

 

1942-1943

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE DIVISION (groupe Nord) :

 

Entraîneur : Camille Cottin

30/08/42 à Léon Bollée : USM bat Stade de Reims 3-1 Boumezrag, Rousseau, Wyffels

06/09/42 à Amiens : USM bat AC Amiens 1-0 Wyffels

13/09/42 à Léon Bollée : Stade Français-CA Paris bat USM 3-2 Tessier, Artigas

20/09/42 à Léon Bollée : USM et RC Paris 2-2 Wyffels (2)

27/09/42 à Troyes : USM bat AS Troyes 2-1 Artigas, Wyffels

04/10/42 à Montbéliard : FC Sochaux-Montbéliard bat USM 6-3 Rousseau, ..?..

11/10/42 à Léon Bollée : USM bat Stade Rennais UC 3-2 csc, Wyffels, Cottin

18/10/42 à Léon Bollée : FC Rouen bat USM 1-0

25/10/42 au Havre : USM bat Le Havre AC 1-0 Wyffels

08/11/42 à Léon Bollée : SC Fivois bat USM 5-3 Artigas (2), Rousseau

15/11/42 à Léon Bollée : USM bat Excelsior Roubaix-Tourcoing 1-0 Wyffels

29/11/42 à Lens : RC Lens bat USM 3-2 Rousseau, Wyffels

06/12/42 à Léon Bollée : Olympique de Lillois bat USM 4-2 Drici, Wyffels-

25/12/42 à Bordeaux : Girondins ASP Bordeaux bat USM 3-1 Tessier

27/12/42 à St-Ouen : Red Star-Olympique de Paris bat USM 3-2 Wyffels (2)

01/01/42 à Léon Bollée : AC Amiens bat USM 2-1 Tessier

03/01/43 à Léon Bollée : RC Lens bat USM 3-1 Artigas

17/01/43 à Paris : USM bat Stade Français-CA Paris 1-0 Tessier

31/01/43 à Paris : USM bat RC Paris 3-1 Wyffels, Rousseau

14/02/43 à Léon Bollée : USM bat AS Troyes 3-1 Rousseau, Artigas,Tessier

28/02/43 à Rouen FC Rouen et USM 1-1 Wyffels

21/03/43 à Léon Bollée : USM bat Le Havre AC 4-0 Tessier (2), Wyffels, Rousseau

28/03/43 à Lille : USM et SC Fivois 1-1 Wyffels

11/04/43 à Léon Bollée : USM et Red Star-Olympique de Paris 1-1 Wyffels

25/04/43 à Roubaix* : Excelsior Roubaix-Tourcoing bat USM 2-1 Artigas

26/04/43 à Lille* : USM bat Olympique de Lillois 2-1 Rousseau (2)

16/05/43 à Reims : Stade de Reims bat USM 2-1 Rousseau

23/05/43 à Léon Bollée : FC Sochaux-Montbéliard bat USM 3-1 Bak

03/06/43 à Rennes : Stade Rennais UC et USM 2-2 Wyffels, ..?..

06/06/43 à Léon Bollée : Girondins ASP Bordeaux bat USM 2-0

 

Modification du barème des points attribués : il n’y a plus de différence entre une défaite et un forfait.

La victoire ne rapporte plus que 2 points et le match nul 1 point.

 

L’USM termine 11e sur 16 avec 27 points.

Statistiques : 11 victoires, 5 nuls et 14 défaites. Buts pour : 51, buts contre : 56, différence : - 5.

 

 

COUPE DE GUERRE CHARLES SIMON (COUPE DE FRANCE)

ZONE OCCUPÉE :

 

1/16e de finale :

13/12/42 à Vire : USM bat US Vire 4-1 Drici, Wyffels (2), Moysan

 

1/8e de finale :

10/01/43 à Chartres : USM bat Vélo Sports Chartrain 6-1 Wyffels (3), Bak (2), Leseignoux

 

1/4 de finale :

07/02/43 à Nantes : Red Star-Olympique de Paris bat USM 4-0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SAISON 1943-1944

CHAMPIONNAT DE FRANCE AMATEUR & COUPE CHARLES SIMON (FFFA)

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L’USM REPART DE ZÉRO

Le Stade Rennais UC (qui porte les couleurs, noires et blanches, de la Bretagne) est donc fort content de se voir renforcé avec les six joueurs manceaux qui lui sont offerts. Ceux-ci n’ont aucune difficulté à prendre une place de titulaire dans l’équipe bretonne. Voici les noms de ces joueurs transférés à Rennes donc perdus pour nous : Artigas, Bak, Montmarin, Moysan, Rousseau, Séfelin et Wyffels. Quant à André Grillon, se disant pompier, il rejoint l’équipe fédérale de Bordeaux-Guyenne. Que devient Tessier ? Il ne reste plus à l’USM qu’à disputer le championnat de France Amateur (groupe Bretagne-Anjou), avec les joueurs qui leur sont laissés. Dans ce championnat, elle est opposée à huit clubs de l’Ouest : l’AS Brest, le Stade Quimpérois, le Stade Rennais UC amateur, la Tour d’Auvergne, le CAP Saint-Nazaire, l’US Servannaise et Malouine, SCO Angers, le jeune FC Nantes et le VS Chartrain qui fait partie de la ligue du Centre. La Coupe de l’Ouest dont le vainqueur de la saison dernière semble être le Stade Dinnanais) ne sera pas organisée. Un joueur manceau reste sur le carreau : Mohammed Boumezrag. Etant algérien, il n’a pas dû être accepté comme fonctionnaire. Resté au Mans par la force des choses, et comme il n’y a plus d’équipe “pro”, il entraîne l’équipe amateur et trouve un travail au sein de l’entreprise de transports Verney. Michel Le Hir en profite pour arrêter le football et passer au Tennis, toujours sous les couleurs de l’USM. André Thuillier (surnom : “la tuile”), un jeune parisien formé au Racing et manceau depuis un an déjà, effectue ses débuts cette saison. Avec Jean Chesne, ils se disputent le poste de gardien de but mais sont aussi capables de jouer sur le terrain comme attaquants et ils marqueront, tous les deux, deux buts en championnat ou en Coupe. Michel Gendry, va commencer en équipe A. Comme il est né le 21 mars 1928, il a 15 ans et 4 mois quand commence la saison. Pour terminer, l’ailier gauche, Jean Crispin change de nom et joue avec une fausse identité. Dans quel but ? Je pense que son comportement est lié à un certain voyage en Allemagne qu’on lui propose. Je ne vous dirai rien de plus car je ne suis pas “une balance”...

 

L’EFFECTIF DE L’USM :

Gardiens : Jean Chesne et André Thuillier.

Défenseurs : Robert Richard, Albert Lamberdière et André Pican.

Milieux : “Hedi”, “Paul”, “Beaulieu”, Bartolak, Pasteau, Gérard Miot, Lemonnier et René Chenay.

Attaquants : Michel Gendry, Leroux, “If”, Masson, Dumur (prof au Lycée), Boison et Paul Carré.

Observation personnelle : quand je vous donne les noms de ces joueurs, il y en a quelques-uns pour qui j’ai de sérieux doutes. Sauf pour Hedi Korbosli (un militaire d’origine tunisienne et de confession juive, prisonnier à Auvours) dont il s’agit bien du véritable prénom porté sur sa licence, derrière ces pseudonymes manifestes à l’imspiration douteuse (“Paul”, “If”, “Beaulieu”) se cache certainement le “susnommé” Jean Crispin qui refuse de partir en Allemagne ! En bon Français, je vous demande de prévenir la Feldkommandantur 755 basée à la Bourse du Commerce. Merci.

 

LA COUPE CHARLES SIMON

A l’occasion de la Coupe de France 1944, lors d’un match de 1/32e de finale, disputé au stade Léon Bollée, le Red Star bat le RC Ancenis sur le score de 5 à 0. Le 9 janvier 1944, toujours au stade Léon Bollée, un match de 1/16e de finale de Coupe de France oppose l’Équipe Fédérale de Rennes-Bretagne au SCO Angers. Logiquement, les fonctionnaires bretons sortent les amateurs angevins, 5-0. Ce jour-là, le manceau Jacques Wyffels marque 3 buts. Lors de ce championnat 1943-1944, le manceau marquera 18 buts sous les couleurs rennaises ce qui en fera le meilleur buteur de l’équipe bretonne ! Son beau-frère, Pierre Rousseau, quant à lui, en marquera 5.

 

LE CHAMPIONNAT DE FRANCE AMATEUR

Le terrain des nazairiens étant sans doute indisponible, la saison commence à La Baule, le 12 septembre 1943, face au CAP Saint-Nazaire et l’USM subit sa première défaite, 3-1. Peut-être que nos joueurs avaient plus envie d’aller piquer une tête dans l’eau que de taper dans le ballon ! La semaine suivante (19 septembre) à Léon Bollée, le FC Nantes ne peut se déplacer. Le match est remis à plus tard... Après une seconde défaite face aux Chartrains, 3-1, va éclater le “problème Rousseau”. En effet, notre manceau devenu fonctionnaire breton, ne peut s’empêcher de donner un petit coup de mains à ses anciens camarades. Une petite question se pose alors. Quel est donc son statut ? A-t-il celui de joueur professionnel ou d’amateur ? Réponse : il est professionnel avec Rennes et amateur avec Le Mans. En effet, le 17 octobre 1943, il trouve le moyen d’être la vedette du match opposant Rennes-Bretagne à Lyon-Lyonnais et le dimanche suivant celle de la rencontre USM contre US Servannaise et Malouine. Comment comprendre cette situation ? Ce n’est pas un cas unique car, après enquête, deux autres joueurs (Arnaudeau et Miskowski) agissent de même. Tandis que la FFFA se penche sur leurs cas, le fisc ne perd pas le Nord. Se basant sur le fait que Pierre Rousseau, joueur professionnel a joué pour l’USM, il réclame au club 18% de la recette du match. Les dirigeants manceaux avaient pensé à tout sauf à cela. De plus, ils perdent le bénéfice du match gagné le 24 octobre (3-0) au profit de l’US Servannaise et Malouine. La décision étant prise entre le 12 et le 26 décembre 1943, les bretons reçoivent ainsi un cadeau de Noël pour le moins imprévu. Alors que l’US Servannaise et Malouine (encore elle !) remporte le titre avec 4 points d’avance sur le jeune FC Nantes, SCO Angers, l’AS Brest, le Stade Rennais UC, le Stade Quimpérois, le VS Chartrain, la Tour d’Auvergne de Rennes (17 matchs) et le CAP Saint-Nazaire (17 matchs), la toute jeune équipe de l’USM décapitée de ses meilleurs joueurs, réalise une très mauvaise saison et termine à la dernière place avec 4 points en 16 matchs disputés (2 victoires et 14 défaites) et ce, malgré les bonnes prestations de ses deux gardiens de but, Jean Chesne et André Thuiller, qui se sont relayés tout au long de la saison. Désabusés, les dirigeants manceaux n’ont même pas disputé les deux derniers matchs face à CAP Saint-Nazaire et à la Tour d’Auvergne de Rennes. Pour vous donner une idée de la motivation des joueurs de l’USM, ils réussissent par se faire battre, en match amical, le 2 avril au stade Léon Bollée, par le tout jeune CO Pontlieue, 2 buts à 1. Ce résultat résume parfaitement la saison. Enfin, le 16 avril 1944, toujours au stade, une rencontre de 1/8e de finale du championnat de France oppose l’US Servannaise et Malouine au champion du groupe Centre, l’Arago Orléans. Les bretons se font battre 3-0.

 

Chose étrange pour un championnat de France, le 21 mai 1944, l’Équipe Fédérale de Rennes-Bretagne reçoit Paris-Île de France au stade Léon Bollée. Pour la circonstance, les Rennais ont endossé les maillots bleus et blancs de l’USM. Cela n’a pas dû trop leur poser de problème puisque dans l’équipe figuraient six ex-manceaux. Inutile de dire que le championnat des équipes fédérales fut un fiasco complet, tant par la dégradation du jeu que par l’esprit. Bien qu’elle n'ait pas joué tous ses matchs (29), le vainqueur en fut l’équipe de Lens-Artois. De l’avis général, “le championnat de France des équipes fédérales n’aura duré qu’une saison, une saison de trop...”

 

1943-1944

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE AMATEUR (groupe Bretagne-Anjou) :

 

Entraîneur : Mohammed Boumezrag

12/09/43 à La Baule : CA Pennhoët-Saint-Nazaire bat USM 3-1 Miot

19/09/43 à Léon Bollée : USM - FC Nantes Match reporté (raisons ?)

03/10/43 à Léon Bollée : Vélo Sports Chartrain bat USM 3-1 Richard

10/10/43 à Rennes : Stade Rennais UC bat USM 8-1 Leroux

24/10/43 à Léon Bollée : USM bat US Servannaise et Malouine 3-0 Rousseau, Bertolak, Thuillier

Match perdu sur tapis vert

31/10/43 à Quimper : Stade Quimpérois bat USM 8-1 Miot

21/11/43 à Rennes : USM bat La Tour d’Auvergne Rennes 1-0 Thuillier

28/11/43 à Nantes : FC Nantes bat USM 4-0

12/12/43 à Angers : SCO Angers bat USM 2-0

26/12/43 à Léon Bollée : CA Pennhoët-Saint-Nazaire - USM Match remis puis plus tard, annulé

02/01/44 à Léon Bollée : FC Nantes bat USM 2-0

23/01/44 à Chartres : Vélo Sports Chartrain bat USM 6-1 Pasteau

30/01/44 à Léon Bollée : Stade Rennais UC bat USM 4-0

06/02/44 à Léon Bollée : AS Brestoise bat USM 3-1 Richard

13/02/44 à St-Malo : US Servannaise et Malouine bat USM 6-0

20/02/44 à Brest : AS Brestoise bat USM 5-0

27/02/44 à Léon Bollée : USM bat Stade Quimpérois 2-0 Pasteau (2)

06/03/44 à Léon Bollée : USM et SCO Angers 2-2 Chesne, Lemonnier

13/03/44 à Léon Bollée : USM-La Tour d’Auvergne Rennes Match annulé

 

L’USM termine 10e sur 10 avec 4 points (statistiques : 16 matchs disputés, 2 victoires et 14 défaites).

 

COUPE DE GUERRE CHARLES SIMON (COUPE DE FRANCE) :

 

1er tour :

05/09/43 ? USM exempt

 

2e tour :

26/09/43 à Laval : USM bat US Beauregard 3-2 Chesne, Richard (2)

 

3e tour :

20/10/43 à Alençon : CS Alençon bat USM 4-2 Hedi ..?..

 

 

 

 

SAISON 1944-1945

PREMIÈRE DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE CHARLES SIMON (FFFA)

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DES NOUVELLES DU MONDE

Alors que le championnat de 1943-1944, n’est pas encore terminé, les soldats alliés débarquent finalement en Normandie, le 6 juin 1944. Le football et les résultats de l’USM passent au second plan des préoccupations des manceaux quand la 3e Armée américaine du général Patton, venant d’Avranches dans un large mouvement circulaire par l’Ouest de la France, entrent dans la ville par la route de Sablé, le mardi 8 août 1944 et libère la ville !

 

UN NOUVEAU MAIRE AU MANS

Le maire du Mans, Eugène Chamolle quitte discrètement sa place, le 8 août 1944. Son comportement pendant la guerre a été suffisamment correct pour qu'il échappe à la “chasse aux sorcières” (le sport à la mode de cette époque). Le lendemain, le 9 août 1944, le nouveau préfet et le comité de la Libération, souhaitant rétablir la municipalité révoquée en 1941 mettent en place une délégation municipale provisoire. Marcel Lecorps, va assumer la fonction de maire. Le 7 septembre 1944, Henri Lefeuvre, dont on est sans nouvelle depuis son arrestation le 5 mars, est rétabli dans ses fonctions de maire. Jusqu’au 31 août 1945, Marcel Lecorps assurera sa fonction par intérim. Lorsqu’on est bien sûr qu’Henri Lefeuvre ne reviendra jamais d’Allemagne, Marcel Lecorps offrira, comme convenu, sa démission. Le journal “La Sarthe” change discrètement de nom. Après quelques jours de “nettoyage” et quelques démissions volontaires ou pas, il devient “Le Maine Libre”.

 

AU MANS, LA STRUCTURE-PRO DE FOOTBALL EST RELANCÉE

Moins d’un mois après la libération du Mans (le mardi 19 septembre 1944 exactement), alors que le championnat des équipes dites “fédérales” n’est qu’à peine terminé, faisant preuve d’un dynamisme incroyable, les dirigeants de l’USM expriment le souhait de remonter la structure pro. Celle-ci sera totalement indépendante du reste du club. Pour cela, le siège du club (situé au Café du Centre, place Thiers) lance, début octobre, un appel à l'adhésion de nouveaux membres. Le montant de la cotisation est fixé à 5.000 francs. En dix jours, 500.000 francs sont réunis pendant que l’équipe dirigeante fait appel à ses anciens joueurs pros de 1942-1943, mais pas à tous, se souvenant sans doute des problèmes de la saison 1942-1943, , ils écartent Camille Cottin de l’effectif manceau. Ils préfèrent conserver Mohammed Boumezrag comme entraîneur. La rancune est aussi, sans doute, un trait de caractère sarthois. Finalement, la section de football professionnel de l’USM repart et l’équipe sera entraînée par Mohammed Boumezrag. Totalement indépendante du club, elle louera le terrain pour ses matchs.

 

Le 7 août 1944, M. Levacher (président de la LOFA) décède des suites d'une opération chirurgicale. Le 7 septembre 1944, Il est remplacé par un Conseil intérimaire jusqu'à la prochaine Assemblée Générale de la Ligue, dont le président est M. Cancel.

 

LA NAISSANCE DE LA LIGUE NATIONALE DE FOOTBALL

Libération oblige, les clubs professionnels sont très remontés contre la Fédération : ils ont encore en travers de la gorge la dernière saison 1943-1944 où le championnat de France des équipes régionales a eu lieu. La Fédération n'a pas fait grand chose pour les préserver. Ainsi, dès les premiers jours de la Libération, le 27 octobre 1944, les clubs se constituent en ligue qui prend le nom, déjà utilisé avant-guerre, de “Groupement des clubs autorisés”. Ce “Groupement” deviendra ensuite “Ligue nationale de football” puis retrouvera son nom de “Groupement” dans les années 1970, avant de reprendre le nom de “Ligue nationale de football” dans les années 1980-1990.

 

LES NOUVEAUX CHAMPIONNATS DE LA FFFA

La Fédération n'abdique pas à la Libération et un bras de fer l’opposera longtemps à la ligue Professionnelle. Dès septembre 1944, la Fédération décide d’abandonner le championnat par équipes fédérales pour reprendre avec deux groupes (Zone Nord et Sud) de 12 équipes. C’est la première fois qu’un championnat en temps de paix se dispute en deux groupes, Nord et Sud, avec une finale à Paris entre les deux premiers de chaque groupe qui sera organisée à Colombes le 17 juin 1945. Il est décidé que la Première Division groupe Nord réunira les équipes suivantes :

- les équipes du Nord : l’US Valenciennes-Anzin, le RC Lens, l’Excelsior Roubaix-Tourcoing et un nouveau club, fondé juste avant le départ du championnat, le Lille Olympique Sporting Club, et issu de la fusion de deux clubs : l’Olympique Lillois (fondé en 1902) et le Sporting Club de Fives (fondé en 1901).

- les équipes normandes : le FC Rouen et Le Havre AC.

- les équipes parisiennes : le Stade Français FC, le RC Paris, l’entente Red Star-Olympique de Paris

- les deux équipes de l’Ouest : l’USM et le Stade Rennais UC.

et enfin le Stade de Reims, la ville n’ayant été libérée que le 30 août 1944. Quand commence le championnat, le reste du territoire situé à l’Est de Reims n’est pas encore totalement libéré ce qui empêche naturellement le RC Strasbourg, le FC Metz et le FC Sochaux d’y participer. Pendant ce temps-là, le groupe Sud réunira bien naturellement toutes les équipes situées du Sud de la métropole.

 

LA LIGUE DE L’OUEST DE FOOTBALL REPART

En novembre 1944, la ligue de l’Ouest de Football est rétablie, en exécution de la décision d’abrogation de la Charte des Sports et de la décision du Bureau Fédéral en date du 7 septembre 1944, un Conseil intérimaire est nommé jusqu’à la prochaine Assemblée Générale de la ligue, le Président en devient M. Cancel.

 

L’OBJECTIF DE MOHAMMED BOUMEZRAG : REBÂTIR UNE ÉQUIPE

En match d’entraînement, le mercredi 1er novembre 1944, Mohammed Boumezrag aligne au stade Léon Bollée, une équipe “provisoire” composée de Thuillier, Pican, Puel, Leseignoux, Lamberdière, Bak, Rousseau, Artigas, Wyffels, Foucher et Crispin. Face au CO Pontlieue, l’USM l’emporte 6-0. Dans les jours suivants, elle reçoit ses anciens joueurs “pros” : Jacques de Montmarin, André Grillon et Georges Sefelin pour la reprise du championnat de France, qui est prévu pour le dimanche 5 novembre 1944, au stade Léon Bollée. Henri Tessier doit revenir au Mans dans les jours prochains. Quant à Isidore Moysan, il préfère retourner au CA Évron. Dernières recrues : René Peynaud, André Voisembert et Camille Malvy (32 ans), défenseur à l’Olympique de Marseille et finaliste de la Coupe de France en 1940. Mohammed Boumezrag, va faire commencer, cette saison avec l’équipe A, notre petit jeune manceau, Michel Gendry qui a 17 ans maintenant. Dans l’état de liesse qui symbolise la Libération, la section football de l’USM passe de 40 à 200 membres ! Celle du cyclisme renaît. Carnet rose : en mai 1944, Pierre Rousseau devient le papa d’une petite Danièle, la future Madame Jean-Claude Védis.

 

L’EFFECTIF PRO DE L’USM :

Finalement, les dirigeants de l’USM et Mohammed Boumezrag, réussissent à rassembler les joueurs suivants :

Gardiens : Jacques de Montmarin et André Thuillier (capable de jouer sur le terrain, à l’aile droite).

Défenseurs : Francis Leseignoux, André Grillon, Georges Sefelin, Camille Malvy, René Peynaud, André Pican

et Héry (ex-Roubaix).

Milieux : André Voisembert, Stephan Bak, Pierre Ranzoni, Albert Lamberdière, Salvator Artigas.

Attaquants : Pierre Rousseau, Michel Gendry, Jacques Wyffels, Roland Foucher, Jean Crispin et Paul Carré.

Henri Tessier n’est toujours pas arrivé. Il ne reviendra jamais au Mans.

Le dénommé Joël Pillard se tient prêt à le remplacer au poste d’intérieur gauche.

 

Mohammed Boumezrag prévoit de faire appel pour quelques rencontres aux meilleurs amateurs de l’USM dont un certain Marcel Parenteau. Le jour où celui-ci doit faire ses grands débuts, l’entraîneur évalue aussi un autre amateur. Les pros du club font la connaissance de ce Parenteau dans un café, pendant une partie de cartes. Sans même le regarder, un des joueurs de carte lui donne un conseil : “C’est toi Parenteau ? Si tu veux jouer avec nous une seconde fois, t’as intérêt à nous filer la balle... D’accord ?” Sympa comme accueil. Cela met en confiance.

 

LE CHAMPIONNAT DE PREMIÈRE DIVISION (GROUPE NORD)

Ce championnat de France commence le 5 novembre 1944, dans de mauvaises conditions. Les Lensois font grève. Les Lillois, par suite d’une panne d’autocar, arrivent à Paris à 5 heures du matin. Les rennais, qui ne sont pas au complet, engagent tous les joueurs qu’ils peuvent sur leur passage pour pouvoir jouer à 11 à Roubaix-Tourcoing... C’est ainsi que deux malheureux se retrouvent rennais, l’espace d’un dimanche de novembre 1944. A l’occasion de cette 1ère journée de championnat, l’USM doit rencontrer au stade Léon Bollée, une grosse équipe, le FC Rouen. C’est “une équipe qui manque d’entraînement et incomplète” qui affronte les joueurs rouennais (Duhamel, Leroux, Blondel, Magnin, Besse, Leprévost, Feiler, Taillis, Vela, Rio et Matussière). Menés par le gardien de l’équipe de France Alfred Dambach, les “Diables Rouges” ne font qu’une bouchée des Manceaux. Resistante jusqu’à la mi-temps (0-0) la défense céde une 1e fois aprés une heure de jeu sur un tir de Rio. Puis une 2e fois sur une tête de Vela suite à un coup-franc tiré par le même Rio. avant que Matussière n’inscrive le 3e but des “Diables Rouges”. Seul action au crédit de l’USM, Wyffels dribble le gardien mais plaçe la balle hors du cadre grand ouvert ! Le FC Rouen remporte le match 3-0 et prend ainsi la place de favori du groupe Nord. Pour la 2e journée, le 12 novembre à Valenciennes, l’USVA bat l’USM,3-1), Dans les rangs manceaux, il manque deux joueurs importants, Grillon et Tessier. Dans le “Maine-Sports” du 19 novembre, Pierre Robin a du mal à cacher sa déception : “alors que l’USM comptait pour jouer à Valenciennes sur Grillon et Tessier, pourtant régulièrement qualifiés au Mans étaient restés à Paris. Le premier joua même pour la seconde fois dans l’équipe du Stade Français. Grillon et Tessier, appartiennent-ils oui ou non à l’USM ?”. Si André Grillon reviend au Mans, par contre nous ne verrons plus Henri Tessier sous les couleurs mancelles. Salvator Artigas quitte Le Mans pour retourner définitivement au Stade Rennais UC. Il deviendra rennais, puis bordelais avec la réussite qu’on lui connaît. Le 19 novembre, Lille OSC bat l’USM, 4-1 au stade Léon Bollée. Le 26 novembre, les “bleus et blancs” doivent jouer à Reims. Les joueurs et leurs dirigeants effectuent le samedi, une partie du voyage, jusqu’à Paris, en train. Après une nuit à l’hôtel, ils se lèvent à 6 heures pour rallier la capitale champenoise en camion. Après avoir déjeuné d’un sandwich pris sur le pouce à Château-Thierry, nos représentants continuent leur odyssée jusqu’au Stade Auguste Delaune où ils arrivent à 14 heures 30. Inutile de vous préciser dans quel état ! Une demi-heure après s’être changé dans le vestiaire et un rapide échauffement, ils sont prêts à affronter la grande équipe du Stade de Reims. Après avoir marqué six buts à la mi-temps, les anciens champions de France ridiculisent l’USM, 10 à 1 !

 

On note ensuite un léger mieux à l’USM. Il est vrai que les déplacements sont plus simples. A l’occasion des deux matchs suivants, avec deux victoires consécutives, le 3 décembre au stade Léon Bollée, l’USM bat Le Havre AC, 2-0 (buts de Georges Sefelin et Pierre Crispin). Elle confirme la semaine suivante (10 décembre) en battant à Paris, le Stade Français FC, 3-1. Le 17 décembre au stade Léon Bollée, l’USM et le Racing Club de Paris réalisent un parfait match nul (0-0) avant que le 31 décembre à Lens, le RC Lens “pulvérise” l’USM 9 à 0 !

 

LES DIFFICULTÉS D’ORGANISATION DE CE CHAMPIONNAT

Si le dernier championnat de France (celui de 1942-1943) était un véritable championnat de guerre, coupé en deux avec une zone nord et une zone sud, n’a pas trop respecté le calendrier initial, le championnat de cette saison 1944-1945 lui ressemble beaucoup. Il est lui aussi coupé en deux avec une zone nord et une zone sud, et les difficultés de circulation persistent encore. L’essence, toujours rationnée, et un hiver très rude empêchent de suivre le calendrier prévu. Si en 1945, les clubs ont retrouvé leurs prérogatives et les joueurs rentrés au bercail, à vrai dire, ces années tragiques ne permettent pas encore de considérer les résultats des championnats comme correspondant à la valeur des équipes. Car trop d’incertitudes planent toujours sur le football professionnel en France.

 

ANDRÉ GRILLON (USM) AUX PORTES DE L’ÉQUIPE DE FRANCE

André Grillon se fait remarquer par le sélectionneur national, un ancien joueur de l’USM, Gaston Barreau. Ce dernier le retient parmi les seize meilleurs joueurs français pour le premier match international d’après-guerre, France-Belgique disputé le 24 décembre 1944 au Parc des Princes. La première liste de 11 joueurs comprend : Alfred Dambach (FC Rouen), André Frey (Toulouse FC), Jean Swiatek (Girondins de Bordeaux), Jules Bigot (Lille OSC), Jean Bastien et Félix Pironti (Olympique de Marseille), Henri Hiltl (Exelsior AC), Alfred Aston et André Simonyi (Red Star Olympique), Jean Baratte (Lille OSC), et Henri Arnaudeau (Girondins de Bordeaux). Cinq suppléants sont contactés. Il s’agit du gardien de but Georges Hatz (Red Star), de l’arrière André Grillon (USM), Gabriel Braun (FC Metz), Jean Robin et Emmanuel Aznar (tous deux de l’Olympique de Marseille). Malheureusement, le jour du match, l’ancien levalloisien doit se contenter du banc de touche. La présence d’André Grillon sur la liste des joueurs est une grande satisfaction pour l’USM et ses dirigeants. Malheureusement, quand André Grillon sera sélectionné réellement dans le “onze” flanqué du coq, face à la Tchécoslovaquie le 7 avril 1946 à Colombes (France bat Tchécoslovaquie, 3-0), il sera passé au Stade Français.

 

Assez tardivement, en janvier, Boumezrag fait appel à Pierre Ranzoni (23 ans) qui a débuté au centre de formation du CA Paris et qui vient du Stade Français. Il fera venir l’un de ses compatriotes des Girondins de Bordeaux, vainqueur de la Coupe en 1941 : Noredine Ben Ali (25 ans). Le 21 janvier 1945, au cœur de l’hiver, l’USM est opposée au stade de la route de Lorient, au Stade Rennais UC qui l’emporte, 4-0, Georges Sefelin donnant un coup de main aux bretons en marquant contre son camp. C’est vrai que depuis qu’il n’arrête pas de changer d’équipe, le tchèque ne sait plus très bien où se situent “ses” buts... Le 11 février 1945, au stade Léon Bollée, l’Excelsior Roubaix-Tourcoing et l’USM se quittent sur le score de 2-2. La semaine suivante, le 18 février 1945, toujours au stade Léon Bollée, Valenciennes bat l’USM, 4-2, avant le déplacement de Rouen, où l’USM reçoit une leçon des “Diables Rouges”, 5 à 1. René Clousier se souvient : “Adolescent, pendant la guerre, je me souviens être venu voir des matchs de l’équipe “pro” au stade Léon Bollée. J’avais 13-14 ans et j’habitais à Connerré. Nous venions à plusieurs dans la même voiture pour faire des économies.”

 

Les trois matchs suivants ont lieu au stade Léon Bollée. Le 11 mars 1945, le Red Star-Olympique de Paris bat l’USM, 1-0 et le 1er avril, le Stade de Reims bat l’USM, 2-0. Le lendemain, le lundi de Pâques (2 avril), lors du match contre le Stade Français, au début de la seconde mi-temps, Pierre Ranzoni tire violemment au but : le ballon s’écrase sur la barre transversale en bois et dans le choc, celle-ci casse net ! Après cela, difficile de dire de Ranzoni : “il ne casse rien ce joueur-là...” Nos représentants mettent a profit cette deuxième pause forcée (le temps de la réparation) et alors qu’ils sont menés 0-2, après deux buts du “casseur” Ranzoni, ils arrachent le point du match nul face au Stade Français FC (2-2). Le 22 avril 1945, à l’occasion de son déplacement au Havre, son hôte lui inflige un 3-0 net et sans bavure. Les dirigeants manceaux réussissent à échanger Pierre Crispin contre le Lillois Edmond Novicki. Le public du stade Léon Bollée connaît bien cet international qui a déjà joué au Mans en 1940. Qui a fait la bonne affaire ? Difficile de le savoir car finalement le deal ne se fera pas et Crispin restera au Mans. Une fois l’effectif un peu stabilisé, l’USM aligne une très bonne équipe face au Racing-Club de Paris, le 29 avril au Parc des Princes. C’est lors de ce match que Mohammed Boumezrag lance Michel Gendry (17 ans) dans le grand bain de la compétition. L’entraîneur pose fièrement sur la photo-souvenir avec “ses” joueurs : Jacques de Montmarin, André Grillon, Francis Leseignoux, André Voisembert, Georges Sefelin, Camille Malvy, Noredine Ben Ali, Stephan Bak, André Thuillier (ailier droit, ce jour-là), Michel Gendry, Jacques Wyffels, Pierre Ranzoni et Roland Foucher. “Minouche” marque un but avant de sortir du terrain sur blessure, son adversaire direct, Angelo Grizzetti, lui retombant sur sa cheville. Malheureusement, l’USM se fait encore battre, 4-2. Michel, suite à ce match reçoit une offre des dirigeants parisiens. Le 6 mai, au stade Léon Bollée, le RC Lens remporte une petite victoire face à l’USM (2-1) et le 13 mai à Saint-Ouen, le Red Star-Olympique de Paris bat encore une fois “les bleus et blancs”, 1-0. Le 20 mai, au stade Léon Bollée, l’USM rencontre le derby face au Stade Rennais UC, 7-3. Sans commentaires... La semaine suivante le 27 mai 1945 à Roubaix, les “bleus et blancs” affronte l’Exelsior. Lors de cette rencontre Michel Gendry, un peu brutalisé par le marquage serré de l’ex-manceau Tomazover, veut tout arrêter à la mi-temps. André Grillon lui dit alors : “Attends, je vais lui dire deux mots...” . Finalement, l’USM bat l’Excelsior de Roubaix-Tourcoing, 2-1. L’USM termine sa saison le 4 juin 1945 à Lille, battue à la régulière par le LOSC, 4 à 0. Au classement final, dans le groupe Nord, le FC Rouen se classe 1er avec 35 points. Il a facilement distancé son plus dangereux rival, le RC Lens, qui termine à 5 points. L’USM se classe 10e sur 12. Avec 13 points, soit 5 victoires, 3 nuls et 14 défaites (28 buts pour et 64 buts contre). Avec le Stade Rennais UC (8e), le Stade Français (9e), l’Excelsior Roubaix-Tourcoing (11e) et le Havre AC (12e), ils ont disputé un autre championnat. Ces cinq équipes terminent à la traîne aux cinq dernières places. Dans le groupe Sud, le FC Lyon (34 points), ne prendra le meilleur sur les Girondins de Bordeaux ASP qu’à la différence de buts (respectivement + 40 et + 39). La finale organisée le 17 juin 1945 à Colombes opposera donc le FC Rouen au FC Lyon. Finalement, le FC Rouen est sacré champion après une nette victoire (4-0) sur son adversaire d’un jour.

 

LA COUPE DE FRANCE

La Coupe Charles Simon redevient Coupe de France. Après avoir écrasé les amateurs de la Jeanne d’Arc de Saumur en 1/32e de finale, 5-0, le 7 janvier 1945 à Saumur, l’USM tombe en 1/16e de finale de la Coupe de France, le 4 février 1945 à Rennes face au Stade Rennais UC par le plus petit des scores, 1-0 (but de Thévenot).

 

LA FIN DE LA GUERRE

A la fin de la saison 1944-1945, la guerre est bien finie. Le 25 avril 1945, les troupes américaines et soviétiques font leur jonction à Torgau sur l’Elbe. Les français et les américains atteignent l’Autriche. Le 26 avril 1945, le maréchal Philippe Pétain quitte l’Allemagne, passe en Suisse et se rend aux troupes alliées. Il sera condamné à mort par la Haute Cour, mais le général de Gaulle commuera sa peine en détention perpétuelle. Il mourra à l'Ile d'Yeu en 1951. Adolf Hitler et Eva Braun se suicident le 30 avril, dans le bunker de la chancellerie à Berlin, alors que les troupes russes approchent. Joseph Goebbels a pris le pouvoir avant de se suicider le 1er mai. Finalement, l’amiral Karl Dönitz capitule le 8 mai au nom de l’Allemagne. L’acte définitif de capitulation est signé à Berlin par le général Stumpff, l’amiral von Friedeburg et le maréchal Keitel en présence du maréchal Joukov (URSS), du général Spaatz (USA), du général Tedder (Grande-Bretagne) et du général de Lattre de Tassigny (France). Le lendemain 9 mai, à 0 h 28, l’Allemagne signe avec l’Union soviétique sa capitulation à Berlin. L’année 1945 restera gravée dans les mémoires de ceux qu’il l’ont vécue. Les canons se sont tus ! Les français, heureux, vivent dans la rue. C’est la liesse populaire. Les manceaux vont enfin, pouvoir penser à s’amuser au football ou à divers sports ! La guerre continue bien, dans le Pacifique entre les USA et le Japon mais c’est loin... Cette guerre finira définitivement en août 1945. La France libérée ne pense désormais qu'à oublier et à s'amuser. Avec la paix enfin revenue en Europe, Mohammed Boumezrag en profite pour rentrer chez lui, en Algérie. Avant de quitter Le Mans, il confie à André Grillon : “Je pars... Mais tu entendras parler de moi...” Qu’a-t-il voulu donc dire ? Je vous demande d’aller voir la réponse en annexe. La France étant totalement libérée, la FFFA réorganise ses championnats de France. La refonte de la 1e Division est le sujet principal de l’été 1945. Qui va repartir ? Et à quel titre ? D’abord, elle décide de faire passer la 1e Division de 16 à 18 clubs. La Fédération doit choisir les 18 meilleurs parmi les 24 clubs (deux groupes de 12) ayant joué en 1e Division cette saison tout en tenant compte des bons résultats des clubs de l’Est au cours des saisons de l’immédiat avant-guerre : le RC Strasbourg, le FC Metz et le FC Sochaux. Pour établir cette liste, la FFFA promet de se référer en priorité aux résultats du dernier championnat. Sans trop se tromper, on peut penser que les sept premiers de chaque groupe ont beaucoup de chance d’être sélectionnés. Je vous rappelle que l’USM a fini 10e de son groupe. Donc...

 

 

 

1944-1945

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE DIVISION (groupe Nord) :

 

Entraîneur : Mohammed Boumezrag

05/11/44 à Léon Bollée : FC Rouen bat USM 3-0

12/11/44 à Valenciennes : US Valenciennes-Anzin bat USM 3-1 ..?..

19/11/44 à Léon Bollée : Lille OSC bat USM 4-1 Crispin

26/11/44 à Reims : Stade de Reims bat USM 10-1 Lamberdière

03/12/44 à Léon Bollée : USM bat Le Havre AC 2-0 Sefelin, Crispin

10/12/44 à Paris : USM bat Stade Français FC 3-1 Crispin, Wyffels (2)

17/12/44 à Léon Bollée : USM et RC Paris 0-0

31/12/44 à Lens : RC Lens bat USM 9-0

21/01/45 à Rennes : Stade Rennais UC bat USM 4-0

11/02/45 à Léon Bollée : Excelsior Roubaix-Tourcoing et USM 2-2 Wyffels, Ranzoni

18/02/45 à Léon Bollée : USM bat US Valenciennes-Anzin 4-2 Rouseau (2), Wyffels, Bak

25/02/45 à Rouen : FC Rouen bat USM 5-1 Wyffels

11/03/45 à Léon Bollée : Red Star-Olympique de Paris bat USM 1-0

01/04/45 à Léon Bollée* : Stade de Reims bat USM 2-0

02/04/45 à Léon Bollée* : USM et Stade Français FC 2-2 Ranzoni (2)

22/04/45 au Havre : Le Havre AC bat USM 3-0

29/04/45 à Paris : RC Paris bat USM 4-2 Gendry, Wyffels

06/05/45 à Léon Bollée : RC Lens bat USM 2-1 ..?..

13/05/45 à St-Ouen : Red Star-Olympique de Paris bat USM 1-0

20/05/45 à Léon Bollée : USM bat Stade Rennais UC 7-3 Ranzoni (2), Wyffels (2), Grillon (2) Foucher

27/05/45 à Roubaix : USM bat Excelsior Roubaix-Tourcoing 2-1 ..?..

03/06/45 à Lille Lille OSC bat USM 4-0

 

L’USM termine 10e sur 12 avec 13 points.

Statistiques : 5 victoires, 3 nuls et 14 défaites. Buts pour : 29, buts contre : 64, différence : - 35.

 

COUPE DE GUERRE CHARLES SIMON (COUPE DE FRANCE) :

 

1/32e de finale :

07/01/45 à Saumur : USM bat JA Saumur 5-0 Rouseau, Wyffels (2), Bak (2)

 

1/16e de finale :

04/02/45 à Rennes : Stade Rennais UC (D1) bat USM 1-0

 

 

SAISON 1945-1946

DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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Le 1er septembre 1945, le socialiste Robert Collet (SFIO) est désigné comme maire du Mans. Il faut reconstruire les ponts, la gare de triage, la Cité des Pins et celle du Maroc. Lors du recensement de 1946, la population du Mans dépasse les 100.000 habitants, prenant la 22e place des villes françaises. Il a du “pain sur la planche”... En marge du football, une réunion de cyclisme organisée au profit des déportés politiques, a lieu sur le vélodrome Léon Bollée, le 9 septembre 1945.

 

L’USM DANS LE CHAMPIONNAT DE FRANCE DIVISION II

Comme on pouvait le craindre, l’USM se retrouve rétrogradée en 2e Division. Elle va disputer le championnat du groupe Nord. Mony Braunstein remplace Mohammed Boumezrag.

 

Départs : Suite à cette décision les meilleurs joueurs du Mans s’en vont pour rester dans une équipe de 1e Division. Les salaires n’y sont pas les mêmes qu’en 2e Division. Ainsi, Jacques de Montmarin retourne à Rennes où il retrouve José Artigas. Si André Grillon part au Stade Français, c’est pour rejoindre une “grosse cylindrée” de la 2e Division. Il joue de mieux en mieux et finira par devenir un international sélectionné en équipe A à quinze reprises. Autres départs tardifs : Stephan Bak, “Bébert” Lamberdière et Noredine Ben Ali (Stade Français) que nous retrouverons à Colmar lors de la saison 1948-1949 puis ensuite comme entraîneur à Niort de 1957 à 1959, dont il deviendra un homme-clé pour l’avenir du club.

Arrivées : le gardien de but d’origine arménienne Armenak Erevanian (30 ans) signe au Mans. Celui-ci a joué en 1e Division à Marseille et à Lens avant-guerre, avant de passer par Perpignan en 1943, puis dans l’équipe fédérale d’Auvergne en 1944, où il s’est brisé la jambe lors d’un choc avec un de ses défenseurs. Gaby Corsaletti et Mohammed Laïd (“la flèche noire”) nous viennent de Bordeaux. Ce dernier a été finaliste de la Coupe de France 1942 avec le FC Sète. Arrivent également au club : Antonio Merino (CA Paris), Roger Calmels (joueur du Racing et du CAP, il jouait en 1943-1944 avec l’Équipe Fédérale de Paris-Ile-de-France) et Victorien Oresco (né en 1923), puis Théodore Dabrowski (Lens et Clermont-Ferrand) et les frères Benito et “Manu” Delgado, deux anciens toulousains jouent sur le flanc gauche de l’attaque (respectivement pro et amateur) et pour terminer, un avant-centre amateur de Bordeaux. D’après le journaliste du Maine “il n’a pas fini de nous étonner”... Qui ? Il s’agit de Claude Paillère. Il nous étonnera tellement qu’il prendra la place de Jacques Wyffels. Mony Braunstein trouve un nouveau joueur : Edmond Wyplata. Il commencera comme milieu de terrain avant de descendre rapidement à l’arrière. Pierre Rousseau, engagé jusqu’à la fin de la guerre, va bientôt rentrer chez lui.

 

L’EFFECTIF PRO DE L’USM :

Gardiens : Armenak Erevanian et André Thuillier.

Défenseurs : Francis Leseignoux, René Peynaud, Georges Sefelin, Camille Malvy, Roger Calmels et Antonio Merino.

Milieux : Gaby Corsaletti, Michel Gendry, Edmond Wyplata, André Voisembert, Stephan Bak, Victorien Oresco, Mohammed Laïd et Benito Delgado.

Attaquants : Pierre Rousseau, Claude Paillère, Jacques Wyffels, Roland Foucher, Jean Crispin, Manu Delgado

et un amateur manceau, Pierre Fontaine.

 

LE CHAMPIONNAT DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE (GROUPE NORD)

L’équipe composée essentiellement de nouveaux joueurs rassemblés tardivement, n’est pas prête quand commence la saison le 26 août 1945 au stade Léon Bollée. Face à l’AS Charentes (Angoulême), elle perd 3-0. Les rencontres se suivent et les résultats ressemblent toujours aux précédents. Après la 8e journée, à la mi-octobre, l’USM ne possède que 2 points à son compteur. Ils correspondent à deux matchs nuls obtenus à Colmar (2-2, le 2 septembre) et au stade contre Troyes (1-1, le 7 octobre). L’USM ne connaît sa 1e victoire que le 28 octobre 1945, lors de la 9e journée à Douai (1-2). Une sciatique très douloureuse empêche Erevanian de jouer, ce qui permet à André Thuillier de le remplacer dans les buts. Le jeune Delgado (“Manu”) connaît des problèmes au genou. A la fin des match-allers, l’USM opère un redressement spectaculaire et remporte deux matchs au stade Léon Bollée, le 9 décembre 1945, elle bat Colmar (3-1) et le 30 décembre 1945, le FC Mulhouse 1893 (3-0). Entre temps (le 23 décembre 1945), elle rapporte d’Angers, le point du match nul (1-1). A la fin de la saison, l’USM se classe à la 11e place sur 14 du groupe Nord avec 19 points (7 victoires, 5 nuls et 14 défaites).

 

LA VIE DES CLUBS PROS EN DEUXIÈME DIVISION

Si la ligue de Football Professionnel existe déjà, elle n’a pas encore la puissance qu’on lui connaît actuellement. La France de l’immédiat après-guerre reste appauvrie. Les tickets de rationnement existent toujours et les français ont bien d’autres préoccupations que la santé du football professionnel. Officiellement, le marché noir fonctionne davantage que pendant la guerre. Seules, les grosses équipes de la 1e Division, telles que le LOSC, le CO Roubaix-Tourcoing, l’ASSE, le Stade de Reims, le Stade Rennais UC, le RC Lens, le FC Rouen, le RC de Paris et l’Olympique de Marseille drainent le peu d’argent circulant dans le football français. Traditionnellement suivies par un public fidèle (ceci est toujours vrai soixante ans plus tard), il est amusant de remarquer qu’elles prennent les premières places à la fin de cette saison de démarrage. En 2e Division, il n’y aura pas beaucoup de public et pratiquement pas d’annonceurs. Comme la télévision n’existe pas encore, les temps seront durs pour toutes les équipes de ce championnat et elles n’arriveront à survivre que difficilement. Elles dépendront pour la plupart de la volonté des équipes municipales en place ou d’une entreprise locale bienfaitrice. Ce sera le cas pour l’USM et il faut être un peu fou pour se lancer à cette époque dans le bain de la 2e Division. D’ailleurs, au fil des saisons, nous verrons beaucoup d’équipes de ce championnat, disparaître. Cette année, c’est le cas pour le FC Mulhouse et l’ESA Brive (14e) qui quittent le monde des “pro” alors que le FC Nancy, le Stade Français (Nord), le SO Montpellier et le Toulouse FC (Sud) se sauvent par le haut en accédant à la 1e Division. Tant mieux pour eux !

 

LA COUPE DE FRANCE

Après avoir sorti Dives, 6-1 (5e tour), puis l’US Normande, 3-0 à Venoix (1/32e de finale), l’USM élimine Perpignan en 1/16e de finale à Saint-Etienne. Pour cela, deux matchs sont nécessaires : les 3 février (2-2) et le 7 février 1946 (5-3). Les manceaux sont sortis en 1/8e de finale, par Lyon OU, 2-1 à Besançon.

 

LES MATCHS DE COUPE DE FRANCE A BOLLÉE :

Le 7 février 1946 au stade Léon Bollée : le RC Paris bat le SCO Angers, 3-0.

 

1945-1946

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DEUXIÈME DIVISION (groupe Nord) :

 

Entraîneur : Mony Braunstein

26/08/45 à Léon Bollée : AS Charentes bat USM 3-0

02/09/45 à Colmar : SR Colmar et USM 2-2 Laïd, ..?..

09/09/45 à Léon Bollée : SCO Angers bat USM 3-2 csc, Delgado I

16/09/45 à Besançon : RC Franc-Comtois bat USM 2-1 ..?..

23/09/45 à Léon Bollée : US Valenciennes-Anzin bat USM 4-1 Paillère

30/09/45 à Paris : Stade Français FC bat USM 3-1 csc

07/10/45 à Léon Bollée : USM et AS Troyes 1-1 Delgado (Iequel ?)

14/10/45 à Amiens : AC Amiens bat USM 1-0

28/10/45 à Douai : USM bat SA Douai 2-1 Paillère

04/11/45 à Léon Bollée : FC Nancy bat USM 3-0

11/11/45 à Nantes : FC Nantes bat USM 1-0

18/11/45 à Paris : CA Paris et USM 1-1 Paillère

02/12/45 à Angoulême : AS Charentes bat USM 3-1 Foucher

09/12/45 à Léon Bollée : USM bat SR Colmar 3-1 Corsaletti, Delgado II, Rousseau

23/12/45 à Angers : SCO Angers et USM 1-1 Corsaletti

30/12/45 à Léon Bollée : USM bat FC Mulhouse 1893 3-0 Laïd (2), Delgado II

13/01/46 à Léon Bollée : USM bat RC Franc-Comtois 2-1 Delgado I (2)

17/02/46 à Troyes : AS Troyes et USM 3-3 Voisembert, Paillère (2)

24/02/46 à Léon Bollée : USM bat AC Amiens 3-1 Corsaletti (2), Paillère

10/03/46 à Mulhouse : FC Mulhouse 1893 bat USM 3-2 Paillère, Foucher

24/03/46 à Léon Bollée : SA Douai bat USM 2-1 Paillère

07/04/46 à Nancy : FC Nancy bat USM 2-0

14/04/46 à Léon Bollée : FC Nantes bat USM 2-0

21/04/46 à Léon Bollée* : USM bat CA Paris 3-2 Delgado (I ou II ?), Rousseau, Paillère

28/04/46 à Valenciennes : US Valenciennes-Anzin et USM 2-1 Delgado (I ou II ?), csc

01/05/46 à Léon Bollée : USM bat Stade Français FC 2-1 Paillère, Voisembert

 

L’USM termine 11e sur 14 avec 19 points.

Statistiques : 7 victoires, 5 matchs nuls et 14 défaites. Buts pour : 35, buts contre : 47, différence : - 12.

 

COUPE DE FRANCE :

 

5e tour :

16/12/45 à Dives : USM bat SU Dives 6-1 Delgado II (3), Corsaletti (2), Rousseau

 

1/32e de finale :

06/01/46 à Venoix : USM US Normande (DH) 3-0 ..?..

 

1/16e de finale :

03/02/46 à St-Etienne : USM et USA de Perpignan (D2) 2-2 après prolongation.

Rousseau, Voisembert

1/16e de finale (à rejouer) :

10/02/46 à St-Etienne : USM bat USA de Perpignan (D2) 5-2 Delgado II, Paillère (3), Merino

 

1/8e de finale :

03/3/46 à St-Ouen : Lyon OU (D1) - USM match reporté (terrain enneigé)

13/3/46 à Besançon : Lyon OU (D1) bat USM 2-1 Paillère

 

SAISON 1946-1947

DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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Un nouveau président apparaît à la tête de la section football de l’USM : Pierre Cheval. Ferblantier de son métier, il tient une grosse quincaillerie sur le quai Amiral Lalande. Ce futur adjoint au maire de l’équipe Chapalain occupera le poste de président pendant de longues années et marquera l’histoire du club.

 

Départs : Georges Sefelin (arrêt), Claude Paillère (Le Havre), Armenak Erevanian (Saint-Etienne), Paul Carré et André Voisembert (Red Star). Par la suite, ce dernier entraînera Épinal avant de revenir comme joueur aux Girondins dès la saison suivante, pour être sacré Champion de France en 1e Division avec un dénommé Camille Libar. Peu après le début de saison, Pierre Ranzoni quittera l’USM pour rejoindre le Stade de Reims. Il deviendra par la suite membre de l’Équipe de France A.

Arrivées : Marcel Leturgeon (22 ans) renforce l’attaque. Il vient du RC Paris mais malgré ses bons résultats, il ne se sentira jamais réellement bien au Mans. Georges Luczak (Le Havre AC), Jacques Coeuret (CA Paris) et José Arribas (un espagnol de 25 ans) signent également au club. Pour ce dernier, il s’agit là d’un futur grand nom du football français et nous reparlerons de lui plus tard.

 

L’EFFECTIF PRO DE L’USM :

Gardiens : André Thuillier et un milieu de terrain, Brun, qui jouait à l'USM pendant la guerre et qui s’essaiera dans les buts.

Défenseurs : Francis Leseignoux, Georges Luczak, René Peynaud, Edmond Wyplata, Roger Calmels, Camille Malvy

et Antonio Merino.

Milieux : Michel Gendry, Gaby Corsaletti, Pierre Ranzoni, Théodore Dabrowski, Benito Delgado, Victorien Orosco

et Mohammed Laïd.

Attaquants : Pierre Rousseau, José Arribas, Marcel Leturgeon, Jacques Wyffels, Jean Crispin, Roland Foucher

et Jacques Coeuret.

 

 

LE CHAMPIONNAT DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE

Cette saison, les clubs de 2e Division ne sont plus que 22 au départ. Conséquence : les deux groupes ne font plus qu’un. Les résultats obtenus par l’USM en début de saison sont plutôt laborieux pour ne pas dire catastrophiques. Les trois premiers matchs face à Colmar, Toulon et Amiens se soldent par autant de défaites. Le 8 septembre au Stade, le public manceau assiste à un léger mieux. L’USM domine Douai et marque trois buts par Arribas, Corsaletti et Foucher. Mais les nordistes obtiennent le partage des points 3-3 suite à un oubli de l’arbitre (Monsieur Garrau) qui n’a pas vu la grosse faute d’un défenseur et qui aurait pu très bien être sanctionné par un penalty. Pierre Robin du Maine Libre qui nous dresse un état des leiux de l’équipe mancelle : “Au Mans, avec Thuillier, et ses arrières, Arribas fut encore le meilleur, Corsaletti fut précieux, bien qu'à court de forme. Merino, et surtout Gendry faiblirent dangereusement en deuxième mi-temps. D’une manière générale, ils pratiquent trop la passe courte au centre du terrain, et n’ouvrent presque jamais sur les ailes. C’est là une grave erreur et il faudra y remédier afin de connaître des succès concluants. L’aile gauche, d’ailleurs, assez mal servie, fut la moins forte et Laïd n’est toujours pas assez “directe”. Attendons et faisons confiance à la formation mancelle et à ses dirigeants pour la renforcer”. Il faut attendre le 15 septembre, pour que l’USM remporte son premier match au stade, face à l’OGC Nice (4-0) grâce à Roland Foucher (deux buts), Victorien Oresco et à Edmond Wyplata (un but de 40 m !). Ce dernier connaîtra de graves problèmes avec son genou et disparaîtra de l’effectif du club. Le 29 septembre, lors du match contre Antibes, Gaby Corsaletti est expulsé à la fin de la 1ère mi-temps et sera suspendu 3 mois. En décembre, le club vend Jacques Wyffels (qui ne jouait plus guère) au Lyon OU. Un an plus tard, il sera échangé contre René Lozia (Red Star) et se retrouvera de nouveau équipier de Pierre Ranzoni et d’André Voisembert. Il mettra un terme à sa carrière professionnelle à la fin de la saison 1947-1948 et reviendra au Mans pour s’occuper du CO Pontlieue. Avec les deux défaites subies en janvier, le 19 face au SCO Angers (1-0) et surtout le week-end suivant, 7-2 face au FC Nantes, une nouvelle crise éclate, provoquée par les mauvais résultats du club ! L’USM se traîne dans les profondeurs du classement. En mars 1947, Michel Gendry devient professionnel à 18 ans. Cela l’oblige à participer à la promotion du club en visitant un club sarthois de son choix. Pour Michel, ce sera Beaumont-sur-Sarthe. Malgré ses victoires à domicile face au RC Franc-Comtois (2-0, le 1er juin) et l’AS Troyes (3-1, le 12 juin), l’USM sait qu’elle est condamnée quand elle se déplace à Perpignan pour la dernière journée (2-2, le 15 juin).

 

LA VIE DES CLUBS PROS EN DEUXIÈME DIVISION

A la fin de la saison, les quatre derniers du classement doivent disparaître du monde de la 2e Division. Le 15 juin, les quatre derniers sont : Antibes Juan-les-Pins (22e avec 19 points), Perpignan (21e avec 22 points), Toulon (20e avec 32 points) et surtout l’USM qui termine 19e avec 33 points (13 victoires, 7 nuls et 22 défaites). La section pro de l’USM est dissoute et le club se retrouve relégué en Division d’Honneur de la ligue de l’Ouest. La majorité des joueurs pros de l’USM comme Calmels, Merino, Coeuret, Leturgeon et Francis Leseignoux s’envolent sous d’autres cieux. Mony Braunstein signe à Amiens pour la saison 1947-1948.

 

LA COUPE DE FRANCE

En 1/32e de finale, le 5 janvier 1947 à Blois, l’USM élimine le FC Gueugnon, 3-1 après prolongation. En 1/16e de finale, l’USM affronte le RC Lens (1e Division). La rencontre a lieu le 2 février 1947, sous la neige, au Havre. Jean Crispin joue au poste d’ailier gauche. Son arrière qui le marque, René Gouillard, porte lui aussi des lunettes. Suite à un choc, ils perdent tous les deux leurs besicles ! Le public assiste alors à une scène surnaturelle. Chacun de leur côté, les deux joueurs se mettent à quatre pattes dans la neige. Visiblement ils cherchent à tâtons leur paire de lunettes respective. Un photographe immortalise la scène et le lendemain le cliché insolite passe dans la presse sportive nationale. Ceci n’empêchera pas “Tototte” de marquer deux buts et l’USM bat le RC Lens, 2-1. En 1/8e de finale, le 2 mars à Angers, les manceaux tombent contre un autre club de 1e Division, le Stade Français. Au bout d’un quart d’heure de jeu, le même Cryspyn réussit “à tromper Domingo qui n’a été sauvé que par la barre”. Suite à ce coup du sort, “Ah si nous pouvions mener à la mi-temps” soupire Mony Braunstein mais au même moment, Cryspyn permet à Rousseau d’ouvrir la marque : “Brûlant la politesse à Duquesnoy, il centra à terre légèrement en retrait, Domingo ne put intercepter et Rousseau n’eut plus qu’à pousser la balle dans le but parisien. Les manceaux auraient pu donc mener 2-0 après 30 minutes de jeu, mais les parisiens revinrent au score avant la pause et l’emportèrent finalement, lors de la seconde mi-temps, 6-1.

1946-1947

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DEUXIÈME DIVISION :

 

Entraîneur : Mony Braunstein

18/08/46 à Léon Bollée : SR Colmar bat USM 3-2 Orosco, Rousseau

25/08/46 à Toulon : SC Toulon bat USM 2-0

01/09/46 à Amiens : AC Amiens bat USM 4-0

08/09/46 à Léon Bollée : USM et SA Douai 3-3 Arribas, Corsaletti (ou csc), Foucher

15/09/46 à Léon Bollée : USM bat OGC Nice 4-0 Orosco, Foucher (2), Wyplata (de 40 m !)

19/09/46 : USM exempt

22/09/46 à Clermont : Stade Clermontois bat USM 4-1 Foucher (sur corner direct)

29/09/46 à Léon Bollée : USM bat Olympique de d’Antibes 4-1 Peynaud, Rousseau (2), Foucher

06/10/46 à Alès : Olympique d'Alès bat USM 5-1 Coeuret

13/10/46 à Léon Bollée : USM et US Valenciennes-Anzin 0-0

20/10/46 à Paris : CA Paris bat USM 3-1 Arribas

27/10/46 à Besançon : RC Franc-Comtois bat USM 2-0

03/11/46 à Léon Bollée : USM bat AS Avignon 3-2 Arribas, Crispin, Rousseau

10/11/46 à Léon Bollée : USM bat USA Perpignan 4-3 Crispin (3), Rousseau

17/11/46 à Troyes : AS Troyes bat USM 3-0

01/12/46 à Léon Bollée : USM bat Lyon OU 2-1 Rousseau, csc

08/12/46 à Angoulême : AS Charentes bat USM 4-1 csc

22/12/46 à Léon Bollée : AS Béziers bat USM 1-0

25/12/46 à Léon Bollée : USM bat Nîmes Olympique 2-0 Crispin, Leturgeon

29/12/46 : USM exempt

12/01/47 à Léon Bollée : USM et FC Sochaux-Montbéliard 4-4 csc, Crispin, Luczak, Leturgeon

19/01/47 à Angers : SCO Angers bat USM 1-0

26/01/47 à Nantes : FC Nantes bat USM 7-2 Arribas, Leturgeon

09/02/47 à Cannes : OGC Nice et USM 1-1 Luczak

16/02/47 : USM exempt

18/02/47 à Léon Bollée : Stade Clermontois bat USM 1-0

23/02/47 à Antibes : USM bat Olympique de d'Antibes 1-0 Crispin

02/03/47 à Colmar : SR Colmar-USM match reporté

09/03/47 à Léon Bollée : USM bat SC Toulon 2-1 Corsaletti, Arribas

13/03/47 à Lyon : Lyon OU bat USM 3-0

16/03/47 à Montbéliard : FC Sochaux-Montbéliard bat USM 2-1 Leturgeon

20/03/47 à Colmar : USM bat SR Colmar 4-3 Leturgeon, Corsaletti (2), csc

23/03/47 à Léon Bollée : USM bat AC Amiens 4-2 Leturgeon (2), Corsaletti, Crispin

30/03/47 à Douai : SA Douai bat USM 4-0

03/04/47 à Léon Bollée* : AS Charentes bat USM 8-2 Arribas, Crispin ou Leturgeon

06/04/47 : USM exempt

20/04/47 à Léon Bollée : Olympique d’Alès bat USM 2-0

27/04/47 à Valenciennes : US Valenciennes-Anzin et USM 0-0

01/05/47 à Béziers : AS Béziers bat USM 2-0

04/05/47 à Nîmes : Nîmes Olympique bat USM 2-1 Rousseau

11/05/47 à Léon Bollée : USM bat FC Nantes 5-0 Leturgeon (2), Crispin, Peynaud, Rousseau

15/05/47 à Léon Bollée : CA Paris bat USM 4-1 Leturgeon

18/05/47 à Léon Bollée : SCO Angers bat USM 3-2 Leturgeon (2)

25/05/47 à Avignon : AS Avignon et USM 1-1 Leturgeon

01/06/47 à Léon Bollée : USM bat RC Franc-Comtois 2-0 Leturgeon, Crispin

12/06/47 à Léon Bollée : USM bat AS Troyes 3-1 Crispin (3)

15/06/47 à Perpignan : USA Perpignan et USM 2-2 Crispin (2)

 

L’USM termine 19e sur 22 avec 33 points.

Statistiques : 13 victoires, 7 matchs nuls et 22 défaites. Buts pour : 66, buts contre : 97, différence : - 31.

 

COUPE DE FRANCE :

 

1/32e de finale :

04/01/47 à Blois : USM bat FC Gueugnon (DH) 3-1 après prolongation.

Corsaletti, Delgado, Crispin

1/16e de finale :

02/02/47 au Havre : USM bat RC Lens (D1) 2-1 Crispin (2)

 

1/8e de finale :

02/03/47 à Angers : Stade Français (D1) bat USM 6-1 Rousseau

 

SAISON 1947-1948

DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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REPÊCHES !

A la fin août, suite à l’abandon de Clermont-Ferrand (17e avec 37 points), I’USM se retrouve miraculeusement repêchée ! La section “pro” de l’USM peut donc continuer. Merci aux Clermontois ! La saison repart le 7 septembre 1947, alors que le championnat de 2e Division, ramené à 20 clubs, a déjà commencé depuis deux journées ! Il faut donc faire vite ! Repartant de zéro, il faut d’abord remplacer Mony Braunstein. Pour cela on nomme Emile Rummelhardt (33 ans). Avant de venir au Mans, il a joué comme défenseur ou milieu de terrain à Troyes, au FC Mulhouse et surtout aux Girondins de Bordeaux. Il entame ainsi sa carrière d’entraîneur. Il recontacte tous les joueurs fraîchement partis du Mans. Michel Gendry refuse l’offre de Sochaux et reste manceau. A part Leturgeon, Delgado, Merino, Oresco et Roland Foucher qui a signé au CO Pontlieue, tous les autres joueurs répondent présents et acceptent de reprendre du service au Mans. Nous reverrons Mony Braunstein : revenu au Mans, il deviendra l’entraîneur du Gazélec. Dans un article de mars 1947, on parle de retour au club de Robert Hurault qui semblait avoir disparu de la circulation depuis la Libération. Effectivement, il reviendra au début de la saison mais repartira aussi vite... Pour quelles raisons ?

 

Arrivées : naturellement libérés par Clermont-Ferrand, trois joueurs du club, Léon Grenier (surnom “Nénette”), Henri Brandely et Stéphane Bruzzone, un attaquant d’origine italienne et naturalisé depuis juillet 1938, signent au club. En plus de ces joueurs, l’USM enregistre les signatures d’Ernest Dehon (VA), Marcel Hémard (Troyes) et Angel Arenos (un réfugié espagnol). Oscar Iskierka arrivera un peu plus tard. En décembre, Emile Rummelhardt fait venir, Marcel Parmeggiani (32 ans, ex-Sochaux et Colmar, vainqueur de la Coupe en 1944 avec Nancy) ainsi que son ancien camarade de club, l’argentin Albor Jordan. Après un difficile accord financier avec les dirigeants bretons et les lorrains, pour de simples raisons sentimentales, celui-ci s’est arrêté au Mans.

 

L’EFFECTIF PRO DE L’USM :

Gardien : André Thuillier.

Défenseurs : Marcel Hémard, René Peynaud, Henri Brandely, Ernest Dehon, Camille Malvy et Angel Arenos.

Milieux : Michel Gendry, Gaby Corsaletti, Léon Grenier, Théodore Dabrowski et Mohammed Laïd.

Attaquants : Pierre Rousseau, José Arribas, Stéphane Bruzzone, Marcel Parmeggiani, Jean Crispin et Oscar Iskierka.

Photo USM 47-48/A (début de saison) ; Debout : Chauveau, Rummelhardt (entraîneur), Brandely, Dehon, Thuillier, Gendry, Hémard, Oresco, Malvy, Hurault (Directeur Sportif), Rousseau (civil) et Corsaletti (civil). Accroupis : Hémon (civil), Arribas, Bruzzone, Crispin, Grenier et Iskierka.

 

UN NOUVEAU MAIRE AU MANS

Le 25 octobre 1947, Jean-Yves Chapalain (né en 1900 à Quimper) est élu maire du Mans et le sera à deux reprises, en 1953 et en 1959. D’origine modeste et ardemment laïque, il laissera l’image d’un maire honnête mais peu entreprenant. Il faut dire que les caisses sont toujours bien vides ! Nous sommes alors, encore très loin des futurs maires du Mans.

 

LE CHAMPIONNAT DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE

En match de préparation, l’USM affronte le FC Saarbruken. Pour les Allemands, il s’agit de s’évaluer par rapport aux équipes françaises. Faisant partie de la zone d’occupation française et comme la Bundesliga n’existe pas encore, ils souhaitent participer au championnat de France de 2e Division, mais le “deal” ne se fera pas. Le championnat de 2e Division est ramené à 20 clubs. L’USM vise le maintien. Quand l’USM reçoit Nîmes, le 15 janvier 1948, elle n’a que 7 points à son compteur. Lors de cette rencontre, elle bat l’Olympique de Nîmes 5-2, grâce à trois buts d’Arenos et à une réalisation pour Arribas et pour Iskierka. D’après l’envoyé spécial du “Maine Libre”, “les deux équipes ont offert ce jour-là un beau spectacle au public manceau”... Dans la foulée, les “bleus et blancs” obtiennent des résultats honorables et “sauvent leur peau”. C’est accompagné de M. André Rouy (le propriétaire du programme tiré au sort lors du match Le Mans-Nantes) et assuré de son maintien que l’USM doit se rendre chez le premier l’OGC Nice, le 6 juin 1947, pour la dernière journée de championnat. Émile Rummelhardt en profite pour lancer dans le grand bain, un jeune gardien à la place d’André Thuilier. Il s’agit d’un collégien originaire de Craon (Mayenne) mais natif de Mortagne qui est venu au Mans pour continuer ses études au collège pratique. Il s’agit de Claude Simonet, le futur Président de la FFFA. Le match a lieu dans des conditions inhumaines. Le stade du Ray baigne dans un chaleur lourde. La température relevée ce jour-là est de 42° à l’ombre. Dans l’impossibilité physique de courir, et vériblement cloués au sol, les manceaux prennent une vraie “branlée” ! Très mal protégé par une bande de touristes en tenue de footballeur, le jeune gardien amateur va rechercher neuf fois le ballon dans ses filets ! Et sur les neuf buts niçois, “il n’avait pas grand chose à se reproché” comme disent les journalistes niçois. Il s’agit d’une raclée comme on en connaît peu dans une carrière de gardien de but ! Le soir même, l’OGCN finit premier (58 pts) devant Colmar (52 pts). Avec 25 points (8 victoires, 9 nuls et 21 défaites), l’USM se classe 18e sur 20.

 

En mars 1948, Michel Gendry doit effectuer son service militaire. Devant aller au Bataillon de Joinville, il part effectuer ses classes à Nantes. Il rencontre le président Saupin qui, en accord avec l’USM, serait très content de le compter dans son effectif pendant quelque temps. Finalement, bénéficiant du statut de “soutien de famille”, Michel sera dispensé de “l’impôt du sang” et rentrera définitivement chez lui.

 

LA VIE DES CLUBS PROS EN DEUXIÈME DIVISION

En 2e Division, Nice et Colmar terminent dans cet ordre et les deux clubs accèdent à la 1e Division. Comme la FFFA enregistre encore un abandon, celui de l’AS Charentes (15e avec 29 points), cela permet de sauver le CA Paris (19e avec 24 points). Seule l’AS Avignon (20e avec 22 points) doit donc disparaître.

 

LA COUPE DE FRANCE

Le 4 janvier 1948 à Orléans, l’USM est éliminée en 1/32e de finale par le grand Stade de Reims,1 à 0.

 

 

1947-1948

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DEUXIÈME DIVISION :

 

Entraîneur : Emile Rummelhardt

07/09/47 à Léon Bollée : RC Franc-Comtois bat USM 2-0

14/09/47 à Avignon : AS Avignon bat USM 4-2 Rousseau (2)

21/09/47 à Léon Bollée : USM et US Valenciennes-Anzin 0-0

28/09/47 à Léon Bollée : USM bat Lyon OU 2-0 Iskierka (2)

05/10/47 à Bordeaux : Girondins ASP Bordeaux bat USM 2-0

12/10/47 à Léon Bollée : USM et AS Béziers 1-1 Rousseau

26/10/47 à Angoulême : AS Charentes bat USM 2-0

02/11/47 à Léon Bollée : USM bat FC Rouen 1-0 Iskierka

09/11/47 à Amiens : AC Amiens bat USM 3-1 Arenos

16/11/47 à Léon Bollée : Le Havre AC bat USM 2-1 Corsaletti

23/11/47 à Nantes : FC Nantes et USM 0-0

30/11/47 à Lens : RC Lens bat USM 4-0

21/12/47 à Colmar : SR Colmar bat USM 4-0

25/12/47 à Léon Bollée : CA Paris bat USM 3-2 Crispin (2)

28/12/47 à Léon Bollée : SCO Angers bat USM 2-1 Crispin

01/01/48 à Douai : SA Douai et USM 1-1 Jordan

11/01/48 à Troyes : AS Troyes bat USM 3-2 Crispin, Corsaletti

15/01/48 à Léon Bollée : USM bat Nîmes Olympique 5-2 Arenos (3), Arribas, Iskierka

18/01/48 à Léon Bollée : OGC Nice bat USM 2-1 Arenos

25/01/48 à Besançon : RC Franc-Comtois bat USM 2-1 Crispin

08/02/48 à Léon Bollée : FC Nantes bat USM 2-0

15/02/48 à Valenciennes : US Valenciennes-Anzin bat USM 3-2 Crispin (2), csc

22/02/48 à Léon Bollée : USM bat AS Avignon 5-1 Bruzzone, Jordan, Grenier, Iskierka

Parmeggiani

07/03/48 à Lyon : Lyon OU et USM 1-1 ..?..

14/03/48 à Léon Bollée : USM bat SA Douai 3-0 ..?..

25/03/48 à Léon Bollée : USM et RC Lens 2-2 ..?..

28/03/48 à Léon Bollée* : USM et AC Amiens 2-2 Parmeggiani (2)

04/04/48 au Havre : Le Havre AC et USM 2-2 Gendry, Crispin

10/04/48 à Léon Bollée : USM - AS Charentes Match annulé (arrêt de l’AS Charentes)

11/04/48 à Béziers : AS Béziers bat USM 1-0

18/04/48 à Léon Bollée : Girondins ASP Bordeaux bat USM 2-0

25/04/48 à Rouen FC Rouen bat USM 2-1 Rousseau

02/05/48 à Léon Bollée : AS Charentes bat USM 2-1 Rousseau

06/05/48 à St-Ouen : CA Paris et USM 1-1 Parmeggiani

09/05/48 à Angers : USM bat SCO Angers 2-1 Bruzzone, Rousseau

16/05/48 à Léon Bollée : USM bat SR Colmar 4-1 Iskierka (2), Arribas, Parmeggiani

23/05/48 à Nîmes : Nîmes Olympique bat USM 2-0

30/05/48 à Léon Bollée : USM bat AS Troyes 3-1 Crispin (2), Iskierka

06/06/48 à Nice : OGC Nice bat USM 9-0

 

L’USM termine 18e sur 20 avec 25 points.

Statistiques : 8 victoires, 9 matchs nuls et 21 défaites. Buts pour : 50, buts contre : 74, différence : - 24.

 

COUPE DE FRANCE :

 

1/32e de finale :

03/01/48 à Orléans : Stade de Reims (D1) bat USM 1-0

 

 

SAISON 1948-1949

DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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Émile Rummelhardt dispose d’un peu plus de temps que l’an passé pour préparer la saison à venir. Son objectif est de remplacer les joueurs qui avaient été repris l’an dernier lorsque l’USM avait été repêchée très tardivement. En effet, ce n’était pas forcément les meilleurs qui avaient rempilé au débotté.

 

Départs : Peynaud, Dehon (Lens), Brandely (Le Havre), Dabrowski et Arenos sont libérés. Pierre Rousseau part au Maroc où il retrouvera Georges Sefelin au Football-Club des Roches Noires. Quittent également le club : Stéphane Bruzzone (FC Nantes), Léon Grenier (FC Sochaux), mais aussi Marcel Parmeggiani et Albor Jordan qui n’ont pas donné toutes satisfactions. Jean Crispin, après de longues années passées au Mans quitte le club. Quant à Mohammed Laïd, il choisit d’entraîner le CO Pontlieue.

Arrivées : Émile Rummelhardt va pouvoir disposer de René Sergent (28 ans, un ancien du Red Star qui vient au Mans après une saison à Rennes), de Saïd Ben Arab (29 ans, milieu, un ancien prisonnier d’Auvours qui a déjà connu l’USM lors de l’occupation, un ancien des Girondins de Bordeaux finaliste de la Coupe en 1943 qui revient au Mans après un passage par Avignon), de trois joueurs venant de Nantes : Roger Pouillot, Émile Docquin et Henryk Zygmont, et de deux joueurs en provenance d’Angoulême (AS Charentes) : René Déniort (gardien de but) et Slobodan Alempijevic (un buteur serbe ex-RCP). Marcel Dramez, Henri Coïc (“Coco” joua à Quimper et à Nantes) Charles Mathé et Nicolas Rodionoff (surnom “Popov”) complètent le recrutement. Un amateur du club passe pro : Pierre Fontaine (sobriquet : “Fakir”). Henri Combot (ex-Rennes et Angers) signe au Mans pour jouer avec le statut d’amateur. Cet attaquant de valeur disputera quelques rencontres avec l’équipe pro. Le frère de Camille Malvy, Jean, pilote de ligne, prend une licence amateur.

 

L’EFFECTIF PRO DE L’USM :

Gardiens : André Thuillier.

Défenseurs : Marcel Hémard, Émile Docquin, Marcel Dramez, René Sergent et Camille Malvy.

Milieux : Michel Gendry, Saïd Ben Arab, José Arribas et Émile Rummelhardt.

Attaquants : Nicolas Rodionoff, Gaby Corsaletti, Charles Mathé, Henri Combot, Henri Coïc, Roger Pouillot, Henryk Zygmont, Oscar Iskierka, Slobodan Alempijevic et Pierre Fontaine.

 

 

LE CHAMPIONNAT DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE

Le manque de finances se fait cruellement sentir. Un étrange accord à trois est conclu entre l’USM d’une part et le RC Strasbourg et le SR Colmar d’autre part (Colmar connaît de graves difficultés de même ordre et il leur manque un gardien de but). On leur donne André Thuillier en échange de Joseph Lang, Paul Lafont et Pierre Lauer (à ne pas confondre avec Jean, l’ancien vainqueur du concours du concours du jeune footballeur en 1934 qui, refusant de devenir allemand, passa aussitôt à Saint-Etienne, et qui refusa en 1943 de rejoindre l’Équipe Fédérale de Lyon). Au RC Strasbourg et au SR Colmar de se débrouiller après. Il faut dire que le second est devenu une annexe du premier. Adieu “Dédé”, on t’aimait bien... (surtout Michel Gendry). Il sera remplacé par Alfred Thuau (gardien de but du SCO Angers) ou par René Déniort (Angoulême). Ce dernier, blessé à la main, va repartir vers Le Havre en cours de saison. Dés le début de la saison, l'USM compte beaucoup de blessés. Marcel Hémard quitte le club. Au plan national la presse écrie reconnait que “Le mérite de l’USM est grand d'être encore à l'œuvre en 2e division et de se battre pied à pied avec les moyens du bord”. Au printemps, les manceaux amoureux de football de haut niveau se regroupent en une “société de soutien moral et financier à la section football de l’USM”. Pierre Cheval en assure la présidence. A la fin du championnat, l’USM termine 15e avec 28 points (11 victoires, 6 nuls et 19 défaites). Le meilleur buteur du championnat de 2e Division 2 (avec 41 buts !) s’avère être un attaquant des Girondins de Bordeaux : Camille Libar. Nous reparlerons de lui au Mans dans quelques années...

 

LA VIE DES CLUBS PROS EN DEUXIÈME DIVISION

Le championnat voit 19 équipes prendre le départ de la saison. Seul le dernier, le SA Douai doît disparaître du football “pro” et descendre en Division d’Honneur. Dans le haut du classement, le RC Lens et les Girondins de Bordeaux terminent aux deux premières places synonymes d’accession à la 1e Division et de sauvetage. Suite au décès de son président-mécène, Joseph Lehmann le 17 mai 1949, les Sports Réunis de Colmar ne peuvent pas suivre le rythme (financier) de l’élite du football français et abandonnent leur statut professionnel malgré la bonne 11e place obtenue en fin de saison.

 

LA COUPE DE FRANCE

Après avoir éliminé les amateurs de l’US Villejuif, lors du 4e tour le 21 novembre 1948 à Villejuif (2-1) et ceux du Stade Quimpérois, lors du 5e tour le 21 décembre 1948 (2-0), l’USM est sortie par le Nîmes Olympique 9 janvier 1949 au Stade de Venoix, à Caen, à l’occasion des 1/32e de finale, 2-0.

 

L’ÉQUIPE AMATEUR DE L’USM :

Le public manceau sait bien que les jours de la section professionnelle sont comptés. Sa situation ne tient qu'à un fil et il reporte son affection sur “ses” petits amateurs qui jouent dans un championnat de District 1e Division explosif. Elle y rencontre le SOM, le COP, les Cheminots et l’Avia-Club.

 

Gardien : Claude Simonet.

Défenseurs et milieux : Raymond Bonsens, Edgar et Robert Richard, Robert Houdbine, Gilbert Perrot et Armand Guivier.

Attaquants : Jean Vicens, Henri Combot, Maurice Auzières, Yves Degiganon, Jean Malvy et André Cotonéa.

 

Dans la presse locale, les articles dédiés aux amateurs prennent parfois plus de place que ceux accordés aux pros. Si les années se suivent et se ressemblent pour l’équipe “pro”, tout va bien pour les amateurs car, à la fin de la saison, l’équipe amateur remporte le championnat. A la rentrée de septembre, l’USM “amateur” va donc jouer en Promotion d’Honneur, niveau intermédiaire entre la Division d’Honneur de la ligue de l’Ouest et le championnat de District composé en Sarthe, d’une 1e, d’une 2e et d’une 3e Division.

 

 

 

1948-1949

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DEUXIÈME DIVISION :

 

Entraîneur : Emile Rummelhardt

22/08/48 au Havre : Le Havre AC bat USM 4-0

29/08/48 à Léon Bollée : USM et Nîmes Olympique 3-3 Alempijevitch, Docquin (2)

05/09/48 à Lens : RC Lens bat USM 4-1 Corsaletti

09/09/48 à Léon Bollée : Girondins ASP Bordeaux bat USM 3-0

12/09/48 à Léon Bollée : USM bat FC Nantes 6-2 Combot (2), Alempijevitch (2), Rodionoff (2)

19/09/48 à Paris : CA Paris et USM 1-1 Alempijevitch

26/09/48 à Léon Bollée : Lyon OU bat USM 2-0

30/09/48 à Amiens : AC Amiens bat USM 5-4 Corsaletti, Alempijevitch, Rodionoff (2)

03/10/48 à Douai : SA Douai bat USM 3-2 Corsaletti, csc

10/10/48 à Léon Bollée : USM bat US Valenciennes-Anzin 3-0 Combot, Alempijevitch, Corsaletti

17/10/48 à Rouen : FC Rouen bat USM 6-0

24/10/48 à Léon Bollée : USM et RC Toulon 3-3 Arribas, Rodionoff (2)

31/10/48 à Léon Bollée : USM bat Olympique d'Alès 1-0 Iskierka

07/11/48 à Monaco : AS Monaco bat USM 2-1 Rodionoff ?

28/11/48 à Léon Bollée : USM et SCO Angers 2-2 Corsaletti (2)

05/12/48 à Troyes : USM bat AS Troyes 3-1 Alempijevitch, Rodionoff, Arribas

19/12/48 à Léon Bollée : RC Franc-Comtois bat USM 1-0

26/12/48 à Béziers : USM bat AS Béziers 4-1 Pouillot, Alempijevitch (3)

16/01/49 à Léon Bollée : USM bat AS Béziers 3-2 Corsaletti, Mathé, Alempijevitch

23/01/49 à Besançon : USM bat RC Franc-Comtois 4-2 Rodionoff (2), Docquin (2)

06/02/49 à Léon Bollée : FC Rouen bat USM 2-0

13/02/49 à Toulon : RC Toulon bat USM 2-1 Rodionoff

20/02/49 à Léon Bollée : USM et AS Troyes 1-1 Iskierka

06/03/49 à Angers : SCO Angers bat USM 7-2 Iskierka, Corsaletti

13/03/49 à Alès : Olympique d’Alès bat USM 6-1 Arribas

27/03/49 à Léon Bollée : USM bat AS Monaco 3-2 Mathé, Rodionoff, Arribas

10/04/49 à Léon Bollée : USM bat Le Havre AC 2-1 Docquin, Rodionoff

15/04/49 à Nantes : FC Nantes bat USM 4-1 Iskierka

17/04/49 à Bordeaux* : Girondins ASP Bordeaux bat USM 5-0

24/04/49 à Léon Bollée : RC Lens bat USM 3-1 Docquin

01/05/49 à Nîmes : Nîmes Olympique bat USM 5-1 Rodionoff

08/05/49 à Léon Bollée : USM bat CA Paris 2-0 Mathé, Arribas

15/05/49 à Valenciennes : US Valenciennes-Anzin et USM 1-1 Mathé

22/05/49 à Lyon : Lyon OU bat USM 3-0

26/05/49 à Léon Bollée : USM bat SA Douai 2-1 Pouillot (2)

29/05/49 à Léon Bollée : AC Amiens bat USM 2-1 Iskierka

 

L’USM termine 15e sur 19 avec 28 points.

Statistiques : 11 victoires, 6 matchs nuls et 19 défaites. Buts pour : 60, buts contre : 92, différence : - 32.

 

COUPE DE FRANCE :

 

4e tour :

21/11/48 à Villejuif : USM bat US Villejuif 2-1 Pouillot, Rodionoff

 

5e tour :

12/12/48 à Quimper : USM bat Stade Quimpérois 2-0 Iskierka (2)

 

1/32e de finale :

09/01/49 à Caen : Nîmes Olympique (D2) bat USM 2-0

 

 

 

SAISON 1949-1950

DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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En France, à défaut d’une véritable croissance économique, les prix à la consommation augmentent beaucoup à cette époque euphorique. Ils seront multipliés par 4 entre 1945 et 1950. Cela correspond à une inflation annuelle de 40 à 60% par an jusqu’en 1949 ! En octobre 1948, Citroën a présenté sa toute nouvelle 2 CV au salon de l’automobile de Paris au prix de 228.000 francs !

 

Départs : nous assistons encore à de nombreux départs : Saïd Ben Arab (Bordeaux), Nicolas Rodionoff (SCO Angers), Oscar Iskierka (RC Lens), Camille Malvy, René Sergent, Charles Mathé et Slobodan Alempijevitch (Sète) nous quittent tous.

Arrivées : l’entraîneur Emile Rummelhardt attire au Mans le gardien de but Georges Duquesnoy (Stade Français), ainsi qu’Yves Leclech. Lucien Marquis (ex-Stade Rennais UC) signe au club une licence amateur.

 

L’EFFECTIF PRO DE L’USM :

Gardiens : Alfred Thuau et Georges Duquesnoy.

Défenseurs : Michel Gendry, Yves Leclech, Marcel Dramez et Emile Docquin.

Milieux : Gaby Corsaletti, Emile Rummelhardt et Paul Lafont.

Attaquants : Pierre Lauer, José Arribas, Henryk Zygmont, Joseph Lang, Roger Pouillot et Henri Coïc.

Photo USM 49-50/A ; Debout : Ott (Directeur Sportif), Cheval (Président), Corsaletti, Arribas, Duquesnoy, Lang, Leclech, Docquin, Thuau et Rummelhardt (entraîneur). Accroupis : Gendry (civil), Lafont, Pouillot, Zygmont, Coïc, Lauer et Simonet (civil).

 

LA DISPARITION D’UN CHAMPION

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 1949, le Lockheed Constellation qui assure la liaison Paris-New York s'écrase sur le Pico de Vara, une montagne de l'île São Miguel, dans l'archipel des Açores. Il n'y a aucun survivant parmi les 48 passagers de l'avion. Il emmenait Marcel Cerdan aux USA où il rejoignait Édith Piaf et s'entraîner pour sa revanche contre Jake La Motta, titre de champion du monde des poids moyens en jeu. Cette accident aura une grande importance dans la carrière internationale du futur usmiste, Roger Gabet (3 sélections en équipe A en 1949) qui refusera toujours de prendre l’avion.

 

LE CHAMPIONNAT DE DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE

Le championnat “pro” de 2e Division est ramené à 18 clubs. Personne ne doit donc disparaître du monde professionnel à la fin de la saison. Suite à la défaite au stade, 2-1 de l’USM face au Lyon OU, Gilbert Grassin titre dans le Sports Ouest du 8 décembre 1949 : “L’USM à la recherche d’un avant-centre”. Ceci dit, comme par hasard, l’USM effectue là une de ses meilleures (ou de ses moins mauvaises, comme vous voudrez) saisons lors de son passage dans cette 2e Division de l’immédiat après-guerre. Elle termine 12e avec 30 points (11 victoires, 8 nuls et 15 défaites).

 

LA VIE DES CLUBS PROS EN DEUXIÈME DIVISION

Nîmes Olympique et Le Havre AC en terminant aux deux premières place de la 2e Division accèdent à la 1e Division. En quittant cette maudite 2e Division, ils “sauvent leurs peaux”. Si le Lyon OLympique Universitaire (7e) disparaît à son tour des tablettes du football “pro”, il s’agit là d’un épisode de la guerre football-rugby qui provoque le départ de la section football d'une structure omnisports. Elle poursuit son existence sous un autre nom. C’est comme cela que naît l’Olympique Lyonnais. Partis de 56 équipes de 1945-1946, les équipes “pros” ne sont plus que 36 à la fin de 1949-1950. Il y en a donc eu une vingtaine de clubs qui sont passés à la trappe en quatre ans. L’USM est toujours là. Mais pour combien de temps ?

 

LA COUPE DE FRANCE

L’USM est sortie dès le 5e tour, le 11 décembre 1949 à Guingamp par ces incroyables amateurs de l’En Avant, 3-2. Ceux-ci referont parler d’eux... Pour oublier l’élimination précoce de l’USM, le 8 janvier 1950 à Bollée, le public manceau assiste à un match de 1/32e de finale, au cours duquel le FC Nantes bat US Belfort, 2-0.

 

L’EFFECTIF AMATEUR DE L’USM :

Gardien : Claude Simonet.

Défenseurs et milieux : Raymond Bonsens, Robert et Edgar Richard, Robert Houdbine, Gilbert Perrot et Armand Guivier.

Attaquants : Jean Vicens, Lucien Marquis, Henri Combot, Maurice Auzières, Yves Degiganon et André Cotonéa.

 

Cette année l’équipe “amateur” de l’USM, évolue en Promotion d’Honneur (groupe E). Elle réalise une bonne saison arrive en 1/2 finale de la Coupe de l’Ouest.

 

LE RETOUR DE JACQUES WYFFELS AU MANS

Jacques Wyffels revenu au Mans, est embauché chez Renault pour entraîner le CO Pontlieue, dont Jacques Lobin assure la présidence. Pour le plus grand plaisir de ce dernier, l’ex-pro mènera sa nouvelle équipe au titre de Champion de la Sarthe 1e Division à la fin de sa première saison dans son nouveau club et lui permettra ainsi d’accéder à la Promotion d’Honneur. Voici cette équipe du CO Pontlieue qui remporte le titre de Champion de la Sarthe : Fournier, Rossi, Saintes, Melocco, les frères Pichot, Bouet, Velasco, Joseph Smerecki (le papa d’un petit Christian dont on entendra parler...), Allimann, Angel Arenos, (l’ancien joueur de l’USM), Riollet, René Clousier et pour terminer le copain d’enfance de Michel Gendry, le fameux Claude Roullier alias “Radadou”. Le COP va donc rejoindre l’équipe amateur de l’USM en Promotion d’Honneur !

 

LE VÉLODROME LÉON BOLLÉE

En 1950, l’USM traverse une passe difficile et ne compte plus que quatre sections : le football, l’athlétisme, le tennis et le cyclisme. Celle-ci encore très active, organise de nombreuses réunions au vélodrome. Mais cette décennie qui commence verra le chant du cygne de cette piste ovale puis son abandon. Dans les années soixante, comme de nombreux gamins, je roulerais avec le vélo de ma mère (un Spique) sur les restes du vélodrome dont un virage était partiellement écroulé.

 

 

 

1949-1950

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEUXIÈME DIVISION :

 

Entraîneur : Emile Rummelhardt

21/08/49 à Paris : CA Paris bat USM 5-3 Laffont, Leclech (2)

28/08/49 à Nîmes : Nîmes Olympique bat USM 1-0

04/09/49 à Léon Bollée : GSC Marseille bat USM 4-2 Zygmont, Coïc

11/09/49 à Léon Bollée : USM bat FC Rouen 3-2 Lauer (2), Arribas

18/09/49 à Angers : USM bat SCO Angers 2-0 Corsaletti, Lauer

25/09/49 à Alès : Olympique d'Alès bat USM 3-0

02/10/49 à Léon Bollée : USM et AS Troyes 1-1 Leclech

09/10/49 à Nantes : FC Nantes bat USM 3-1 Leclech

16/10/49 à Béziers : AS Béziers et USM 0-0

23/10/49 à Léon Bollée : USM bat AC Amiens 2-0 Pouillot, csc

30/10/49 à Besançon : RC Franc-Comtois et USM 0-0

06/11/49 à Léon Bollée : USM bat US Valenciennes-Anzin 1-0 Laffont

20/11/49 à Léon Bollée : USM et SC Toulon 2-2 Lang, Pouillot

27/11/49 au Havre : Le Havre AC bat USM 4-1 Arribas

04/12/49 à Léon Bollée : Lyon OU bat USM 2-1 Lauer

18/12/49 à Léon Bollée : AS Cannes bat USM 3-1 Coïc

25/12/49 à Monaco : AS Monaco bat USM 2-0

01/01/50 à Léon Bollée : USM bat CA Paris 1-0 Lang

15/01/50 à Léon Bollée : USM et Nîmes Olympique 1-1 Coïc

22/01/50 à Marseille : GSC Marseille bat USM 2-1 Corsaletti

29/01/50 à Rouen : FC Rouen bat USM 2-1 Laffont

12/02/50 à Léon Bollée : USM bat SCO Angers 5-1 Pouillot (2), Arribas, Lang, Zygmont

19/02/50 à Léon Bollée : USM bat Olympique d'Alès 5-2 Lauer, Zygmont, Lang, Laffont, Pouillot

05/03/50 à Troyes : AS Troyes bat USM 2-1 Arribas

12/03/50 à Léon Bollée : USM bat FC Nantes 2-1 Lang, Zygmont

19/03/50 à Léon Bollée : USM bat AS Béziers 1-0 Zygmont

26/03/50 à Amiens : AC Amiens et USM 0-0

09/04/50 à Valenciennes : US Valenciennes-Anzin bat USM 2-1 Lang

16/04/50 à Léon Bollée : USM bat RC Franc-Comtois 2-0

23/04/50 à Toulon : SC Toulon bat USM 4-2 Arribas, Zygmont

30/04/50 à Léon Bollée : Le Havre AC bat USM 2-1 ..?..

07/05/50 à Lyon : Lyon OU et USM 2-2 Pouillot, Dramez

14/05/50 à Cannes : USM bat AS Cannes 2-0 Arribas, Laffont

21/05/50 à Léon Bollée : USM et AS Monaco 0-0

 

L’USM termine 12e sur 18 avec 30 points.

Statistiques : 11 victoires, 8 matchs nuls et 15 défaites. Buts pour : 48, buts contre : 53, différence : - 5.

 

COUPE DE FRANCE :

 

5e tour :

11/12/49 à Guingamp : En Avant Guingamp (DH) bat USM 3-2 Coïc, ..?..

 

SAISON 1950-1951

DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE DE FRANCE (FFFA)

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Emile Rummelhardt reconduit son groupe “pro” pratiquement dans son intégralité. Très inspiré par le jeu des britanniques, “Bibi” Arribas réfléchit déjà à un nouveau système de jeu. Après avoir bien lu les différentes théories, se sent prêt à se lancer dans la pratique et en cas d’absence de Rummelhardt, il animera l’entraînement des usmistes...

 

Départs : Francis Leseignoux (AS Monaco puis la saison suivante, on le verra au Stade Rennais UC).

Arrivées : Martin signe au club. Comme “il y plus d’un âne qui s’appelle Martin” et en tant que Martin moi-même, le prénom prend beaucoup d’importance. Quel est Son prénom ? Michel Gendry pense que c’ést Éric sans en être tout à fait sur. Il se souvient de lui : “C’était le cousin de Gaby Corsaletti, un petit, discret. Il avait une main avec un seul doigt...”

 

L’EFFECTIF PRO DE L’USM :

Gardiens : Alfred Thuau et Georges Duquesnoy.

Défenseurs : Yves Leclech, Emile Docquin, Marcel Dramez et Georges Duquesnoy qui fera un essai sur le terrain.

Milieux : Michel Gendry, Gaby Corsaletti, José Arribas, Emile Rummelhardt et Paul Lafont

Attaquants : Pierre Lauer, Éric Martin, Joseph Lang, Henryk Zygmont, Roger Pouillot, Yves Degiganon et Henri Coïc

 

LE CHAMPIONNAT DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE

L’USM effectue une saison très médiocre. Le manque de finances se fait de plus en plus cruellement sentir. Pierre Cheval passe de nombreux articles pour attirer l’attention des masses populaires mais aussi des autorités mancelles. Elle n’arrive pas à s’extraire des profondeurs du classement. La rencontre du 3 décembre 1949 au stade Léon Bollée, attire une foule énorme de 34.000 spectateurs (ou peut-être, plus humblement, 3.400 personnes ?). A la fin de la partie, le GSC Marseille bat l’USM, 4-2. Malheureusement pour les phocéens, cette équipe est retirée du championnat à la fin des match-allers, suite à de sérieux problèmes financiers. Encore un club “pro” qui disparaît ! Il ne reste plus que 17 équipes en course en 2e Division. Laquelle sera la suivante ? Libéré par l’arrêt de la compétition de son équipe, le marseillais Llantes, rejoint l’USM à la fin janvier. Après des match-retours catastrophiques l’USM termine 16e du championnat avec 22 points (8 victoires, 6 nuls et 18 défaites) devant le 17e et dernier le CA Paris, 22 points (9 victoires, 4 nuls et 19 défaites).

 

LA VIE DES CLUBS PROS EN DEUXIÈME DIVISION

Hormis le GSC Marseille, en décembre, il n’y a pas d’autre abandon d’un club de 2e Division. Pour leur première année en 2e Division, l’Olympique de Lyon et le FC Metz, accèdent à la 1e Division.

 

LA COUPE DE FRANCE

La Coupe de France s’arrête le 13 mars 1946 à Besançon, lors des 1/8e de finale ou le Lyon OU bat USM, 2-1.

 

L’EFFECTIF AMATEUR DE L’USM :

Gardien : Claude Simonet.

Défenseurs et milieux : Lucien Lebouc, Robert Richard, Bernard et Gilbert Perrot, Paul Vincent, Cosmao et Emile Rummelhardt qui, parfois, préfère jouer avec “ses” amateurs.

Attaquants : Jean Vicens, Jean Baumard (le garagiste), Henri Combot, Claude Roullier (“Radadou” revient du COP)

et Pierre Arrault.

Photo 50-51-amateurs. Debout : Cosmao, Lebouc, Bernard Perrot, Simonet, Vincent et Rummelhardt et Arbona (Directeur Sportif). Accroupis : Baumard, P. Arrault, Roullier, H.Combot et Gilbert Perrot.

 

Ces joueurs amateurs disputent la victoire dans le groupe E de Promotion d’Honneur et affrontent les équipes sarthoises de La Flèche Sportive, l’ES Connerré et du CO Pontlieue (le petit dernier à les avoir rejoints) alors que les équipes du Gazélec, du CS Cheminots du Mans et de l’Avia-Club (toutes du Mans) se déchirent un cran en dessous, en 1e Division de District.

 

Un gamin d’une dizaine d’années, Philippe Gontier, se rend tous les lundis, après l’école, au stade et se promène bizarrement sous les tribunes : “Le lundi en fin d’après-midi, après l’école, j’allais faire un petit tour au Stade car j’avais observé que les spectateurs masculins qui assistaient au match des tribunes glissaient leur monnaie dans les poches de leur pantalon. Pendant le match, en bougeant leurs mains, il laissaient tomber la monnaie de leurs poches. Mon objectif était de ramasser toute cette petite monnaie cachée sous les différents papiers jonchant le sol. Mes parents habitaient rue du 33e Mobile et j’ai commencé par taper dans un ballon au quinconce des Jacobins, jusqu’à l’âge de 8-10 ans.” Astucieux ! Il fallait y penser. Philippe Gontier prendra bientôt sa première licence à l’USM.

 

LES MATCHS DE COUPE DE FRANCE AU STADE LÉON BOLLÉE

Le 14 janvier 1951, à l’occasion des 1/32e de finale, le public manceau assiste, à Bollée, à un match au cours duquel l’AS Troyenne-Savinienne bat le Stade Quimpérois, 5-2. Pendant ce temps-là, à Reims, l’USM est éliminée par Sochaux (1-0).

 

LE PROGRAMME SPORTIF DU MAIRE

En matière de sport, Jean-Vves Chapalain donne la priorité au cyclisme : l’arrivée d’une étape du Tour de France cycliste au Mans et l’organisation du Grand Prix cycliste de la Ville du Mans, font partie de ses premiers objectifs. Le Tour de France passera au Mans en 1952, lors de la 2e étape Rennes-Le Mans en 1953, lors de la 6e étape Caen-Le Mans. Rosseel et Van Geneugden en seront les deux vainqueurs. Les deux arrivées seront jugées sur le site du circuit automobile, aux Raineries. Jacques Dupont, le Champion Olympique du kilomètre départ arrêté aux jeux de Londres en 1948 et Champion de France de poursuite, passé pro en 1950, remportera, quant à lui, le Grand Prix cycliste de la Ville du Mans en 1953 et 1954. Les travaux d’aménagement du nouveau stade commencent pendant l’hiver 1950-1951. Le maire, Jean-Yves Chapalain décide de favoriser les chômeurs de la ville en leur réservant la tâche. Date d’inauguration prévue : mars 1953, juste avant les élections municipales. Encore un hasard du calendrier...

 

 

1950-1951

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DEUXIÈME DIVISION :

 

Entraîneur : Emile Rummelhardt

27/08/50 à Cannes : AS Cannes bat USM 9-0

03/09/50 à Léon Bollée : USM bat Olympique d'Alès 3-1 Laffont (2), Arribas

10/09/50 à Angers : SCO Angers bat USM 2-0

17/09/50 à Léon Bollée : USM bat AC Amiens 4-2 Dramez, Corsaletti, Lauer, Arribas

21/09/50 à Rouen : FC Rouen bat USM 1-0

24/09/50 à Léon Bollée : USM et RC Franc-Comtois 2-2 Zygmont, Pouillot

01/10/50 à Léon Bollée : AS Troyes bat USM 2-1 Zygmont

08/10/50 à Montpellier : USM bat SO Montpellier 2-0 Laffont, Pouillot

15/10/50 à Léon Bollée : USM bat AS Béziers 3-2 Laffont (2), Arribas

22/10/50 à St-Ouen : USM bat CA Paris 4-1 Arribas, Laffont (2), Pouillot

29/10/50 à Monaco : AS Monaco et USM 1-1 csc

05/11/50 à Léon Bollée : USM bat FC Nantes 3-1 Zygmont, Pouillot, Arribas

12/11/50 à Valenciennes : US Valenciennes-Anzin bat USM 4-1 Pouillot

19/11/50 à Metz : FC Metz bat USM 3-0

26/11/50 à Léon Bollée : Lyon OU bat USM 5-1 Pouillot

03/12/50 à Marseille : USM bat GSC Marseille 2-1 Laffont, Arribas (match décompté).

10/12/50 à Léon Bollée : USM bat SC Toulon 1-0 Laffont

17/12/50 à Léon Bollée : USM et AS Cannes 1-1 csc

07/01/51 à Léon Bollée : USM et SCO Angers 1-1 Gendry

21/01/51 à Amiens : AC Amiens bat USM 4-1 Corsaletti

28/01/51 à Léon Bollée FC Rouen bat USM 3-2 Laffont, Dramez

18/02/51 à Troyes : AS Troyes bat USM 2-1 Pouillot

04/03/51 à Léon Bollée : SO Montpellier bat USM 2-0

07/03/51 à Alès : Olympique d'Alès et USM 1-1 Laffont

11/03/51 à Béziers : AS Béziers et USM 1-1 Arribas

17/03/51 à Besançon : RC Franc-Comtois bat USM 5-2 Llantes, Arribas

25/03/51 à Léon Bollée* : USM bat CA Paris 1-0 Corsaletti

01/04/51 à Léon Bollée : AS Monaco bat USM 2-0

08/04/51 à Nantes : FC Nantes bat USM 3-1 csc

11/04/51 à Léon Bollée : US Valenciennes-Anzin bat USM 2-0

29/04/51 à Léon Bollée : FC Metz bat USM 1-0

06/05/51 à Lyon : Lyon OU bat USM 4-0

20/05/51 à Léon Bollée : USM - GSC Marseille Match annulé (arrêt du GSC Marseille)

27/05/51 à Toulon : SC Toulon bat USM 4-1 Laffont

 

Suite aux problèmes financiers du GSC Marseille, celle-ci est retirée du championnat à la fin des matchs aller.

Le résultat du match aller Le Mans-Marseille est décompté pour le total final des points.

 

L’USM termine 16e sur 17 avec 22 points.

Statistiques : 8 victoires, 6 matchs nuls et 18 défaites. Buts pour : 39, buts contre : 72, différence : - 33.

 

 

COUPE DE FRANCE :

 

6e tour :

24/12/50 à Léon Bollée : USM bat SC Nazairien 1-0 Degiganon

 

1/32e de finale :

14/01/51 à Reims : FC Sochaux-Montbéliard (D1) bat USM 1-0

 

 

 

SAISON 1951-1952

DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE & COUPE DE FRANCE (FFFA)

---

Devant les maigres résultats obtenus ces derniers temps par l’équipe, le président Pierre Cheval et le directeur sportif Pierre Crinière décident d’insuffler un sang neuf à leur écurie (restez calmes, c’était trop facile !) pour la nouvelle saison de 2e Division. Les dirigeants de l’USM remercient Emile Rummelhardt qui continue sa carrière d’entraîneur à Gien. Gaston Choulet (38 ans), un parfait inconnu venant de Mautauban le remplace. Il s’agit d’un ancien joueur pro du Havre, de Dunkerque et de Perpignan. Voici ce qu’en dit le célèbre journaliste Gabriel Hanot : “il est compétent, instruit et distingué et aura l’autorité pour s’imposer”. Le CO Pontlieue joue dorénavant au Stade Renault, inauguré en mai 1951. Il portera plus tard le nom de Pierre Piffault suite au décès accidentel du patron de l’usine du Mans.

 

Départs : Alfred Thuau (pour Rouen), Marcel Dramez, Pierre Lauer, Georges Duquesnoy, Yves Degiganon, Henri Coïc, Paul Lafont et Llantes s’en vont. Gaby Corsaletti quitte l’équipe “pro” et entraîne les jeunes de l’équipe amateur.

Arrivées : l’urugayen Hugo Martinez, Roger Ollivier (gardien de but à l’AC Amiens, surnom : “Olive”), Georges Hatron (prêté par Lyon) et Camille Subileau (ex-Cholet et FC Nantes) mais surtout Marcel Poblomme (le héros de la finale de la Coupe de France 1944 qui marqua deux buts pour Nancy) arrivent sur les bords de la Sarthe. Arrivent également, Roger Planté (il jouait 1945 à 1948 au RC Strasbourg), l’Italien naturalisé français, Primo Vecchies (que l’on a vu au Stade Français, à Besançon et à Rouen) et enfin Manuel Esteban, un buteur qui intéresse le club depuis l’arrêt de l’AS Charente fin 1948.

 

L’EFFECTIF PRO DE L’USM :

Gardien : Roger Ollivier.

Défenseurs : Yves Leclech, Emile Docquin, Francis Leseignoux, Camille Subileau et Georges Hatron.

Milieux : Michel Gendry, José Arribas et Moletto.

Attaquants : Manuel Esteban, Éric Martin, Marcel Poblomme, Joseph Lang, Henryk Zygmont, Roger Pouillot, Hugo Martinez, Roger Planté et Primo Vecchies.

 

 

LE CHAMPIONNAT DEUXIÈME DIVISION PROFESSIONNELLE

En novembre, un accord est trouvé avec le Stade Rennais UC, pour le retour de Francis Leseignoux au Mans. Trois joueurs arrêtent en cours de saison : Hatron (déçu de l’orientation de sa carrière “pro”, il arrête la compétition et retourne à Lyon pour travailler en usine), Éric Martin (contrat “pro” résilié) et Manuel Esteban (opéré du ménisque pendant l’hiver). Malgré les efforts de l’équipe dirigeante, les résultats des “pros” ne sont toujours pas meilleurs. l’USM demeure tout au long de la saison dans les profondeurs du classement. Gaston Choulet n’obtient pas de meilleurs résultats qu’Emile Rummelhardt. Entre le 7 octobre 1951 et le 6 janvier 1952, les “bleus et blancs” se font battre à chacune des treize rencontres ! Pour le déplacement de Toulouse, le 17 mai 1952, Gaston Choulet ne peut accompagner ses joueurs et confie à José Arribas la responsabilité de mener l’équipe. “Bibi” prépare son affaire en réorganisant complètement l’équipe. Dans le vestiaire, au dernier moment, il demande, notamment, à l’arrière Emile Docquin, de jouer à l’aile gauche. Chose incroyable, les “bleus et blancs” réalisent un match exceptionnel et l’emportent 2-1 après deux buts de ce même Docquin ! Malgré une dernière victoire, la semaine suivante à Bollée (25 mai 1952), face au SO Montpellier, 3-1 (réalisations de Pouillot, Docquin et Poblomme), au classement final de la 2e Division, cette fois, ça coince pour l’USM qui fini 17e et avant-dernière du classement, avec 19 points (7 victoires, 5 nuls et 22 défaites).

 

LA VIE DES CLUBS PROS EN DEUXIÈME DIVISION

A la fin de la saison, le Red Star et le FC Perpignan demandant l’autorisation de monter une équipe “pro”, le GCA (le Groupement des Clubs Autorisés) doit accéder à leur requête. Conséquence : ces deux clubs remplaceront les deux derniers de la Division II, c’est-à-dire l’USM (17e) et l’Olympique d’Alès (18e). La section “pro” de l’USM doit disparaître de la 2e Division. Mais, comme Amiens AC (16e avec 22 points) jette l’éponge, suite à de grosses difficultés financières, il y a encore un espoir de sauver le club. Au dernier moment, une solution semble être trouvée. Le club demande 12 millions de francs de subvention, alors que la municipalité n’en accorde que 6. La ville du Mans refuse d’aider davantage le club. Bien que sa gestion financière soit bonne, c’est la mort dans l'âme que le Comité de Gestion décide de démissionner et de résilier le contrat de Gaston Choulet. Après sept saisons d’activité, la section professionnelle est officiellement dissoute le 8 juin 1952. L’Olympique d’Alès peut continuer son aventure dans le monde impitoyable du football “pro”. Il ne reste plus alors que 36 clubs “pros” en France 1e et 2e Division confondues.

 

LA COUPE DE FRANCE

Alors qu’elle se trouve dernière au championnat, le 22 décembre 1951, l’USM sort au 6e tour, l’AS Brest (CFA) 0-2 à Brest. En 1/32e de finale, le 13 janvier 1952 à Reims, Lille (1e Division) élimine sèchement l’USM, 5-1.

 

L’EFFECTIF AMATEUR DE L’USM :

Robert Richard quitte le club pour rejoindre le Gazelec (1e Division de District).

 

Gardien : Claude Simonet.

Défenseurs : Lucien Lebouc, Claude Brindeau (bien connu sur les marchés sarthois) et Boursier.

Milieux : les frères Paul et Lucien Vincent et Serge Roumowski.

Attaquants : Jean Vicens, Gaby Corsaletti (c), Claude Roullier, Pierre Arrault et Michel Conan.

 

L’équipe amateur de l’USM joue contre le CO Pontlieue dans le groupe F de Promotion d’Honneur. Elle termine 1e du groupe alors que les “gars de chez Renault” se classent 4e. En match de barrage, suite à leur victoire face à Lambezellec, elle atteint son objectif, c’est-à-dire monter dans la nouvelle division créée par la ligue de l’Ouest, la Division Régionale d’Honneur. Cette Division, composée de 2 groupes de 12 clubs, se situe entre la Promotion et la Division d'Honneur.

 

LES MATCHS DE COUPE DE FRANCE AU STADE LÉON BOLLÉE

A l’occasion des 1/32e de finale de la Coupe de France (comme l’an passé, le 13 janvier 1952, à Reims) alors que l’USM est éliminée par le LOSC, l’Olympique Saint-Quentinois bat le FC Nantes, 2-1, au stade Léon Bollée.

 

1951-1952

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DEUXIÈME DIVISION :

 

Entraîneur : Gaston Choulet

26/08/51 à Léon Bollée : USM bat AS Béziers 4-1 Vecchies, Planté, Zygmont, Pouillot

02/09/51 à Rouen : FC Rouen bat USM 3-0

09/09/51 à Léon Bollée : AC Amiens bat USM 3-2 Esteban, Planté

16/09/51 à Valenciennes : US Valenciennes-Anzin et USM 1-1 Esteban

23/09/51 à Léon Bollée : Stade Français FC bat USM 6-2 Vecchies, Planté

30/09/51 à Léon Bollée : USM bat SC Toulon 1-0 Esteban

07/10/51 à Léon Bollée : FC Nantes et USM 0-0

14/10/51 à Grenoble : FC Grenoble bat USM 3-2 Esteban, Poblomme

21/10/51 à Cannes : AS Cannes bat USM 3-1 Pouillot

01/11/51 à Léon Bollée : AS Troyes bat USM 1-0

04/11/51 à Léon Bollée : AS Monaco bat USM 2-1 Esteban

11/11/51 à Léon Bollée : CA Paris bat USM 3-2 Zygmont, Esteban

18/11/51 à Angers : SCO Angers bat USM 3-0

25/11/51 à Besançon : RC Franc-Comtois bat USM 4-2 Esteban, Planté

02/12/51 à Léon Bollée : Toulouse FC bat USM 3-1 Esteban

09/12/51 à Montpellier : SO Montpellier bat USM 4-1 Poblomme

12/12/51 à Alès : Olympique d’Alès bat USM 3-0

16/12/51 à Béziers : AS Béziers bat USM 6-0

30/12/51 à Amiens : AC Amiens bat USM 3-0

06/01/52 à Léon Bollée : FC Grenoble bat USM 4-2 Arribas, Esteban

20/01/52 à Léon Bollée : USM et US Valenciennes-Anzin 1-1 Zygmont

27/01/52 à Paris : Stade Français FC bat USM 6-0

10/02/52 à Toulon : SC Toulon bat USM 4-2 Pouillot, Vecchies

17/02/52 à Nantes : FC Nantes et USM 0-0

02/03/52 à Troyes : USM bat AS Troyes 4-1 Vecchies

09/03/52 à Léon Bollée : AS Cannes bat USM 3-2 Pouillot, Planté

23/03/52 à Léon Bollée : USM bat Olympique d’Alès 4-1 Vecchies, Pouillot, Planté (2)

30/03/52 à Monaco : AS Monaco bat USM 2-0

13/04/52* à Paris : CA Paris bat USM 2-0

20/04/52 à Léon Bollée : USM bat FC Rouen 4-2 Martinez (2), Poblomme, Docquin

27/04/52 à Léon Bollée : USM et SCO Angers 1-1 Martinez

11/05/52 à Léon Bollée : RC Franc-Comtois bat USM 6-0

18/05/52 à Toulouse : USM bat Toulouse FC 2-1 Docquin (2)

25/05/52 à Léon Bollée : USM bat SO Montpellier 3-1 Pouillot, Docquin, Poblomme

 

L’USM termine 17e sur 18 avec 19 points.

Statistiques : 7 victoires, 5 matchs nuls et 22 défaites. Buts pour : 45, buts contre : 87, différence : - 42.

 

Pour la saison prochaine, sa section professionnelle de l’USM est dissoute.

La section amateur reprend le flambeau. Elle jouera en Division Régionale d’Honneur de la ligue de l’Ouest, la Division Régionale d’Honneur se situant juste en dessous de la Division d’Honneur.

 

COUPE DE FRANCE :

 

6e tour :

23/12/51 à Brest : USM bat AS Brestoise 2-0 Esteban (2)

 

1/32e de finale :

13/01/52 à Rouen : Lille OSC (D1) bat USM 5-1 Martin

 

 

 

 

 

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