L’USM dans les compétitions de l’USFSA (de 1906 à 1919)

SAISON 1906-1907

CHAMPIONNAT DU MAINE & CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE SÉRIE (USFSA)

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Je n’ai réussi à collecter que très peu d’informations parlant de l’USFSA et de résultats concernant l’US du Mans sur cette époque maintenant lointaine. Avant 1909, la presse locale (dont les principaux titres étaient “Le Courrier de l’Ouest” et “La Sarthe”) avait choisi son camp et communiquait en priorité les résultats des matchs des équipes de patronages de la FGSPF. Elle ne pouvait pas imaginer, au début du siècle, l’importance que prendrait le football un siècle plus tard. Je n’ai rien trouvé sur la période allant de 1902 à 1906. Par contre, j’ai retrouvé les principaux résultats sur deux sites internet : sur Record Sport Soccer Statistics Foundation et sur un site personel. On ne trouve sur internet seulement ce que certaines personnes ont bien voulu y porter et je remercie ces passionnés de m’avoir permis de remplir mes premières pages de l’histoire du football au stade Léon Bollée. Le plus dur, restait à effectuer, c’est-à-dire associer les textes trouvés dans “La Sarthe” à ces simples palmarès récupérés sur la toile. Voici le résultat de cette synthèse.

 

Telle une maladie contagieuse, le “football-association” se répand peu à peu sur le territoire français. Les régions tombent les unes après les autres... Après la Normandie, la région parisienne, le Nord, le Lyonnais, la Picardie, la Champagne, c’est au tour du Sud-Ouest, du Midi et même de la Corse (l’ESC Bastia fut créé en 1905) d’être contaminées. Les premières équipes de “football-association” apparaissent dans la Sarthe : l’Amicale des Sports Athlétiques à La Flèche, les Jeunesses Sportives au Lude et le Vélo-Sportif Fertois (La Ferté-Bernard). A propos du VSF, sur le programme du match de Coupe de France du 23 novembre 2002 qui opposa le VS Fertois au MUC 72, les dirigeants du club parlent de 1909... En réalité, je pense que le club a été créé beaucoup plus tôt que cela. Peut-être ont-ils pris cette date comme année de mise conformité avec la loi sur les Associations de juillet 1901, c’est-à-dire la date d’inscription à la Préfecture de la Sarthe.

 

Le Club Sportif du Mans possède en 1906, des sections de billard et de tir devenant un des premiers clubs manceaux à pratiquer le ballon rond. Dans le quotidien “La Sarthe” (l’ancêtre du “Maine Libre”), ses dirigeants y ont la cote car ils laissent volontiers la plume au “vieux-débris” (note d’humour) de Revesse, son secrétaire. Celui-ci est un des premiers à utiliser la presse locale pour lancer ses convocations pour les matchs du dimanche. Ses articles prennent place à côté des annonces de dons à l’Automobile-Club de la Sarthe pour l’organisation de son Grand Prix. Les réunions de club se tiennent au Café du Nord et les entraînements ont lieu sur le terrain de la route de Ruaudin (au “petit Funay”, sans doute au futur stade Wilbur Wright). Un autre club, le Sporting Club du Mans possède une section d’athlétisme et une section de “football-association”. L’Union Sportive du Mans profite de sa fusion avec ce club pour engager une équipe de “football-association” dans ce championnat de l’USFSA. Les réunions se tiennent au siège de celui-ci, 5 place Saint-Pierre. Les disciplines pratiquées à cette date à Beaulieu sont l’athlétisme, le cyclisme et surtout le “football-rugby”.

 

LES SUCCES DE LA SECTION “FOOTBALL-RUGBY”

Qualifée pour le Championnat de France, les amateurs de “football-rugby” de l'US du Mans éliminent l'US Cognac (10-6) dans le quart de finale réservé à la région de la Loire. En demi-finale, le Stade Français pulvérise les Manceaux, 39-0. Cette performance sera la plus belle du club dans toute l’histoire du ballon oval qui se terminera pendant la guerre 39-45.

 

LE PREMIER CHAMPIONNAT DU MAINE DE “FOOTBALL-ASSOCIATION”

Avec les quelques équipes de la région ont lieu les premières rencontres. A l’image de son tournoi de “football-rugby”, l’USFSA-Maine organise son premier championnat du Maine de “football-association” de première série en 1906-1907. Comme je vous le disais plus haut, seules les équipes “premières” des meilleurs équipes de la discipline dans le Sarthe et le Maine-et-Loire y participent d’où l’appellation “première série” (les équipes réserves disputant les championnat “deuxième série”). Il s’agit par ordre chronologique du quinzième championnat régional de l’USFSA. Après quelques matchs entre les différentes équipes de ces deux départements, l’Union Sportive-Sporting Club du Mans remporte le premier titre de Champion du Maine mais peut-on parler d’une première ligne pour le palmarès de l’USM ? Je pense que oui, bien que dans son livre d’or, paru (en 1974) pour les 75 ans de l’USM, bizarrement, on ne trouve aucune trace de ce titre.

 

LE CHAMPIONNAT DE FRANCE

Qualifiée d’office pour les 1/4 de finale en championnat de France, l’US-SC du Mans devait affronter Le Havre AC, le 10 mars 1907. L’utilisation des automobiles étant un loisir encore réservée à une élite, ces longs voyages demeurent difficiles à organiser. Si la bicyclette permet d’effectuer les petits déplacements, seuls le train et les transports hippomobiles rendent possibles ces longs périples. Ceux-ci engendrent de gros sacrifices en temps et en argent. Avec nos (mauvaises) habitudes de “cent ans plus tard”, nous avons du mal à imaginer que nos amoureux du ballon rond devaient parfois financer eux-mêmes leurs voyages. Nous avions à faire à de vrais amateurs qui jouaient au football avec la seule motivation d’avoir le plaisir de passer une bonne journée entre camarades. Cet état d’esprit durera longtemps. Michel Lambert qui joua dans les années cinquante me confia : “on jouait pour le plaisir de jouer. On se fichait pas mal du résultat !” Ce n’est qu’avec l’arrivée de l’argent dans le football que le plaisir du jeu se réduira peu à peu. Cette qualification pour le championnat de France aurait dû être une récompense pour ces joueurs manceaux mais le seul plaisir du jeu pouvait-il justifier de tels sacrifices ? Face à de telles dépenses, les footballeurs de l’Union déclarèrent forfait.

 

Permettez-moi maintenant de pousser “un coup de gueule”. Je trouve assez ridicule ce que j’ai pu lire dans pas mal d’ouvrages dédiés “au centenaire” de différents clubs français ou bien sur des sites internet retraçant l’histoire de ces mêmes clubs. A les lire (pris séparément, bien évidemment) chaque club est le meilleur et le plus beau. Il faut bien avoir à l’esprit que les joueurs de 1906, qu’il soient lavallois, bastiais, marseillais ou rennais ne pratiquaient le football que pour le plaisir de jouer, l’amour du maillot et très accessoirement, l’envie de gagner. A mon avis, si la malchance voulait qu’ils soient moins bons que les autres et que chaque dimanche, ils reçoivent des “doudounes”, le mérite de ces joueurs de continuer à jouer malgré tout, n’en était que plus fort. Nos pionniers savaient faire preuve ainsi d’une certaine sagesse. A la mi-temps, je les imagine volontiers parler plus surement des filles, éventuellement des sorties passées ou à venir que de fumeuses tactiques... S’amuser etait leur priorité et je pense que les footeux manceaux de cette époque devaient être des champions sans en avoir le palmarès officiel... Qu’importe le résultat, leur objectif de la journée était atteint ! Ceci dit les joueurs manceaux ne prenaient pas forcément des “branlées” tous les dimanches. Ce premier titre de Champion du Maine en apporte la preuve.

 

SAISON 1907-1908

CHAMPIONNAT DU MAINE & CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE SÉRIE (USFSA)

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Nos pionniers de l’Union jouent sur le petit terrain aménagé (3,6 hectares) à côté du vélodrome et entouré d’une clôture en treillage. La légende veut que ce lopin de terre appartenait à Léon Bollée et que celui-ci en a fait don à l’USM pour que les amateurs de football-association puissent pratiquer leur art... mais ce n’est qu’une légende. Ce terrain servait jusqu’à présent de décharge publique. En de rares occasions dans l’année, le terrain d’honneur leur appartient. Lors des matchs officiels, les caissiers du club enregistrent des recettes de quelques francs.

 

Maintenant, si vous voulez imaginer le terrain où jouaient les joueurs de l’USM en l’An de Grâce 1907, suivez-moi et empruntons ensemble la machine à remonter le temps (genre “les visiteurs”). Vous me suivez ? Oui ? Cap sur la belle époque. Quand vous êtes au stade Léon Bollée d’aujurdhui, vous vous dirigez vers la tribune Chancel (de 1988)... Vous montez les marches de l’escalier qui mènent à la coursive la plus haute. Une fois arrivé là, vous regardez derrière la tribune en tournant le dos à la tribune présidentielle (de 1953). Derrière le mur où on fait pipi (un brin de poésie ne peut nuire...), vous voyez les courts de tennis. Vous pouvez lever votre regard vers l’avenue Chancel. Avant celle-ci vous voyez le terrain annexe ? Regardez-bien, vous allez finir par imaginer le vélodrome qui vient d’être inauguré en avril 1906. C’est un vélodrome aux virages peu relevés un peu comme la piste de roller-skating de Coulaines. Regardez-bien vous finirez par voir des cyclistes de cette époque : casquettes, moustaches et collants noirs... Les guidons de leurs machines ont des formes douces et aplaties... Bon ! Laissons-les tourner comme des écureuils en cage... Une fois que vous avez bien vu cette piste, vous pouvez vous tourner vers la tribune présidentielle et pour imaginer le terrain de football de 1906, vous devez enlever les tribunes, les gradins, les restes de la piste d’athlétisme, les poteaux d’éclairage, les pubs, les panneaux d’affichage... J’ai dit tout ! Il ne vous reste plus que l’herbe du champ, un peu abandonné, sur lequel, initialement les “footeux” du Mans s’exprimaient... La visite est terminée et surtout n’oubliez pas le guide !

 

LE CHAMPIONNAT DU MAINE

Cette année, la meilleure équipe sarthoise semble être le VS Fertois. Celui-ci s’incline face au Racing Club d’Angers pour l’attribution du titre de Champion du Maine. Pour les matchs à l’extérieur, il faut imaginer les déplacements sans l’automobile bien sûr, et peu de départements sont aussi favorisés que la Sarthe. Au début du siècle, en matière de transport en commun, nos footballeurs pionniers disposent de 600 kilomètres de chemins de fer. Grâce aux efforts de l’Administration et du Conseil général, tous les points du département peuvent rapidement communiquer avec Le Mans et entre eux. Ainsi, avec les 16 lignes de chemin de fer départementales, les manceaux peuvent aller jouer sans grandes difficultés n’importe où en Sarthe, que ce soit à La Ferté-Bernard, Nogent-le-Rotrou, La Flèche, Le Lude, Écommoy, ou Fresnay-sur-Sarthe, et si besoin, il existe même un réseau de 100 kilomètres de tramways.

 

Comme les Manceaux la saison passée, il semble que des difficultés financières obligent les angevins à déclarer forfait contre le Stade Rennais UC en 1/8e de finale du championnat de France. Après une dernière affiche amicale où il tient en échec le Racing Club de France, s’opère une scission qui donne naissance à l’Angers Université Club. Le RC Angers disparaît un an plus tard.

 

SAISON 1908-1909

CHAMPIONNAT DU MAINE & CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE SÉRIE (USFSA)

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Cette saison, un nouveau championnat apparaît au palmarès de l’USFSA-Bretagne. Le développement du mouvement “football-association” dans les départements bretons permet l’organisation du championnat du comité de l’Atlantique dont le premier vainqueur en sera, en 1909, le Stade Nantais. Le Stade Rennais UC remportera le championnat du Comité Bretagne.

 

LE CHAMPIONNAT DU MAINE

Les pratiquants du “ballon rond” à l’USM ont pour noms : Germain (gardien de but), Desbrosses et Mathey (arrières), Bardelette, Hardouin et Pottier (demis), Réveillant, Decahagne, Lasnier, Bourgeat et Bassereau (avants). A cette époque, devant le peu de matchs au calendrier officiel, les footballeurs pour occuper leurs week-ends participent à d’autres activités sportives comme le cross-country ou la gymnastique. Dans les journaux, on n’utilise pas les prénoms et pour quelque temps nous devrons donc nous contenter des seuls patronymes. Le premier résultat d’un match de football-association concernant une équipe mancelle apparaît dans les colonnes du journal “La Sarthe” du 22 novembre 1908, On peut y lire que le Cercle Sportif du Mans bat l’ASA La Flèche “huit buts à rien”. Quelques jours plus tard, le 20 décembre 1908, l’ASA prend sa revanche 4-3, au vélodrome de La Flèche. Le CS du Mans aura une vie très éphémère mais la longue histoire du football sarthois commence. Après quelques matchs d’entraînement disputés au début de l’année 1909 dans le quinconce des Jacobins qui se soldent par trois défaites (6-1 contre le 117e Régiment d’Infanterie le 17 janvier, 2-0 contre l’US Tours le 7 février et 3-2 contre l’École Pratique le 14 février), l’USM joue tous ses matchs de championnat à Beaulieu mais elle n’atteint pas la finale. Les recettes des matchs ont du mal à atteindre la somme totale de cinq francs. La “finale” du championnat du Maine 1909 de l’USFSA constitue le premier événement footballistique d’importance organisé au Mans qui est relaté dans la presse locale. Il se dispute en mars 1909 sur le terrain de la route de Ruaudin “à 7 minutes, à pieds, du terminus de la ligne de tramway de la lune de Pontlieue” devant 200 spectateurs. La meilleure équipe sarthoise, le Vélo Sports Fertois ne peut rien face au Angers Université Club et tombe sur le score sans appel de 13 à 1. Ce tout nouveau club remporte ce jour-là le titre de Champion du Maine. Deux semaines plus tard, il y ajoutent celui de Champion de Beauce et Maine en battant l’AS Nogent-le-Rotrou, toujours sur le même terrain.

 

En championnat de France, l’Angers UC affronte l’Union Sportive de Tours, championne de Touraine. Nettement supérieurs, il s’imposent 9-2. Au tour suivant, le club angevin est opposé au Cercle Athlétique de Paris, champion de la capitale. Les angevins paraissent promis à la défaite car l’équipe parisienne compte plusieurs internationaux dans ses rangs. Le match disputé à Tours est en effet à sens unique. Partis de chez eux à six heures du matin, les joueurs d’Angers souffrent du terrain lourd et glissant, des chutes, des rafales de neige face à des adversaires "plus âgés, plus lourds et aussi plus scientifiques", ils s’inclinent 17 à 1 !

 

SAISON 1909-1910

CHAMPIONNAT DU MAINE & CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE SÉRIE (USFSA)

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L’équipe “première” de l’USM “rassemble des joueurs recrutés en majeure partie dans les régiments de la garnison où les joueurs parisiens sont en grand nombre, tels les frères Rochis du Red Star ou Vallée de Rennes. Ils sont là pour soutenir les Manceaux Breton, Froissard, Joguet, Sunin et Lebert”. Déjà... En matchs de préparation, l’USM rencontre les équipes de l’Angers Université Club, de l’AS Nogent-le-Rotrou, de l’ASA La Flèche, du VS Fertois et de l’École Pratique.

 

LE CHAMPIONNAT DU MAINE

Pour son premier match officiel de la saison, le 23 janvier 1910, malgré la boue, la section de “football-association” de l’USM bat l’Angers UC sur le score sans appel de “5 buts à 1”. Après un nouveau titre de Champion du Maine, l’Union remporte une nouvelle fois le titre honorifique de champion de Beauce et Maine en battant l’AS Nogent-le-Rotrou, 3-1.

 

LE CHAMPIONNAT DE FRANCE

Qualifiée pour le championnat de France, lors du tour préliminaire, le 6 mars 1910 au Parc de Grammont, l’USM écarte le Champion de Touraine (l’US Tours) 5-1. Dès les 1/8e de finale, le 20 mars 1910 à Laval, l’USM connaît la défaite face à l’excellente équipe de l’Union Sportive Servannaise. Celle-ci représente ce qui se fait de mieux dans la région Ouest avec le Stade Rennais UC. Les “noirs et jaunes” écrasent l’USM sur le score sans appel de 7 buts à 1.

 

SAISON 1910-1911

CHAMPIONNAT DU MAINE & CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE SÉRIE (USFSA)

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Dans le championnat de 1910-1911, l’USFSA compte maintenant en France, 350 clubs affiliés. A l’instar de ce qui se passe au niveau national, le nombre de clubs en Sarthe augmente de plus en plus. Ainsi, l’Union Fresnoise (Fresnay-sur-Sarthe) est fondée le 26 juillet 1910.

 

LE CHAMPIONNAT DU MAINE

Dans la lutte pour le titre de Champion du Maine, les manceaux sont éliminés après leur défaite 8-1 face aux angevins de l’AUC. Ceux-ci remportent le titre honorifique de champion de Beauce-et-Maine en “vainquant” Nogent-le-Rotrou, 8-0. Pour le plaisir, je vais vous raconter maintenant le parcours des angevins dans le championnat de France. Après avoir balayé l’US Tours (12 à 1), l’Angers Université Club doit affronter l’Union Sportive Servannaise (Champion de Bretagne) en 1/8e de finale, les 10 et 12 mars 1911. Soutenus par de nombreux supporters qui n’ont pas hésité à affronter quatre heures de voyage en train pour se rendre à Laval, les Angevins font preuve d’une remarquable énergie. Dans les buts, Robert Mansville, originaire de Jersey, est impeccable. Devant, l’ailier gauche Bridier "se sauve avec la balle et, évitant les arrières Saint-Servannais, pourtant fameux, place un shoot imparable dans le coin des filets". Puis Talbot double la marque sur coup-franc. Après leur victoire “deux buts à rien”, on porte en triomphe le capitaine de l’AUC John Bishop ! Les angevins se voient déjà poursuivre leur course vers la finale mais, le président du club breton étant un procédurier hors-pair, l’US Servannaise obtient la qualification de son club sur le tapis vert. Voici ce qu’il découvre après avoir finement fouillé : il se trouve que l’Anglais Talbot habite à Château-Gontier (Mayenne) et qu’il ne relève donc pas du comité de Beauce-et-Maine. De ce fait, l’AUC aurait dû obtenir une autorisation spéciale pour l’aligner. Si la demande a bien été formulée, elle est restée sans réponse de la part de l’USFSA, ce qui ne signifie pas l’accord de la Fédération. En conséquence de quoi, le club angevin est disqualifié ! Si les joueurs de cette époque ne se prennent pas trop au sérieux, les dirigeants (du moins, ceux des clubs bretons) d’alors ne se préoccupent pas trop de l’éthique sportive !

 

SAISON 1911-1912

CHAMPIONNAT DU MAINE & CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE SÉRIE (USFSA)

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LE CHAMPIONNAT DU MAINE

L’équipe “toute-première” de “football association” de l’USM se compose de Fleury (gardien de but), Fessars, Moigner (arrières), Jousse, Henry Johnston, Deloy (demis), Louvel, Pottier, Bacot, Secrin, Gaillard et Fritzmaurhofer (avants). En matchs de préparation, l’USM bat les équipes d’Alençon (7-1) et Nogent-le-Rotrou (8-1). Le 11 février 1912, en battant le Club Sportif de Dreux, Angers Université Club remporte un nouveau titre de Champion de Beauce et Maine.

 

LE CHAMPIONNAT DE FRANCE

Le niveau de jeu dans la région Maine ne doit pas être très élevé car les manceaux doivent quitter la compétition dès le tour préliminaire, sortis sèchement par le champion de Touraine, le CA Société Générale d’Orléans (4-1). Pour information, au tour suivant, lors des 1/8e de finale, en mars 1912, l’US Servannaise balaye le CASG Orléans : 13 buts à rien ! C’est vous dire le niveau de la région Maine...

 

Mais l’USM, ce n’est pas uniquement le football pour preuve l’organisation, le 3 mars 1912, du cross national de l’USFSA par le club. Celui-ci remporte un grand succès populaire puisqu’il “déplaça plus de 10.000 personnes dont 1.000 au moins étaient étrangères à la ville du Mans”. Le public y voit Jean Bouin remporter son quatrième titre consécutif de Champion de France. Située non loin du stade, une rue du Mans portera son nom.

 

SAISON 1912-1913

CHAMPIONNAT DU DISTRICT D’ALENÇON & CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE SÉRIE (USFSA)

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LE CHAMPIONNAT DU DISTRICT D’ALENÇON

Le football séduit de plus en plus d’adeptes. Les clubs deviennent de plus en plus nombreux. Ce développement du mouvement “football-association” impose un nouveau découpage de “l’association” par le Comité USFSA-Bretagne sur sa région d’influence. Le championnat de l’Atlantique rassemble maintenant les clubs du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique. Les duels entre l’USM et l’Angers Université Club prennent donc ainsi fin. Deux nouveaux championnats apparaissent : celui du Comité de Cornouaille (premier vainqueur : AS Lambezellec-Brest) et celui du District d’Alençon, auquel la Sarthe est rattachée. L’USM va devoir changer d’adversaires : il affrontera maintenant le SCA Alençon et le SC Boisthorel (à côté de L’Aigle). A l’approche de cette nouvelle saison, afin d’informer les joueurs et son public, la Commission de Football-Association fait installer un panneau d’affichage, 22 rue des Minimes. Dans les colonnes du journal “La Sarthe”, on peut lire : “les amateurs de ballon rond y trouveront un spectacle viril et réconfortant car le football-association, si peu connu au Mans quoique si intéressant, compte en France des milliers d’adeptes qui en font le sport populaire par excellence”. Pour son équipe “toute-première” de “football-association”, l’USM compte sur les joueurs suivants : Auzou, Berger, Boulay, Cribier, Cosson, Charleau, Coudray, Corbin, Celton, Cavanach, Danielou, Deillon, Fallery, Froissard, Fleury, Geille, Huet, Joguet, Jousse, Lebert, Lefür, X. et A. Leveau, Manceau, Fritzmaurhofer, Ouvrard, Pottier, Pellier, Régnier, Soyez, Surcin et Vannier.

 

Photo : USM 12-13. On joue alors en 2-3-5. On peut supposer que les deux arrières et le gardien sont debouts au dernier rang (notez la différence des rayures entre le gardien et les arrières), que les trois mileux de terrains sont 2e rang et que les cinq attaquants sont assis devant et forment le 1er rang. Notez également la tenue des juges de touche.

 

Voici le résumé des quatre matchs officiels de l’USM au cours de ce mini-championnat :

- le 24 novembre 1912, en match-aller à Beaulieu, l’USM bat le SC Boisthorel, 5-0.

- le 22 décembre 1912, en match-aller, à Alençon, l’USM bat le SCA Alençon 5-2.

- le 13 janvier 1913, en match-retour, à Beaulieu, l’USM bat le SCA Alençon, 10-0.

- le 2 février 1913, en match-retour, à Laigle, le SC Boisthorel bat l’USM 5-1.

Après ce dernier match, l’USM remporte le District d’Alençon.

 

Je n’ai pas réussi à trouver de traces du parcours de l’USM dans ce championnat de France mais comme l’Angers Université Club (champion du District de l’Atlantique) a remporté le titre de Champion du Maine, il est évident que nos joueurs furent battus par les angevins.

 

SAISON 1913-1914

CHAMPIONNAT DU MAINE & CHAMPIONNAT DE FRANCE PREMIÈRE SÉRIE (USFSA)

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En 1913, la section football-rugby compte quatre équipes. Il faut reconnaître que les sections de tennis et de football-association ne connaissent pas le même succès et tardent un peu à démarrer. Un article paru dans “l’Ouest-Sportif” du 5 octobre 1913 va sans doute aider la promotion de notre sport préféré au Mans. En voici l’intégralité : “Après une longue léthargie causée par la chaleur et aussi les vacances, les footballeurs manceaux vont se remettre à l’ouvrage. La nouvelle commission d’association est bien décidée cette année à faire le possible et l’impossible pour donner à notre sport la place qu’il occupe actuellement dans la plupart des villes de France et qu’il devrait occuper au Mans. Cette année encore, le terrain de jeu est situé route du Grand-Cimetière à quelques 150 mètres du terrain de rugby. Une entrée distincte, située à quelques 300 m du Pont en X, sur la route du Grand-Cimetière permettra aux sportsmen de venir applaudir les athlètes manceaux sans avoir à passer sur des terrains étrangers. La commission a d’ailleurs l’intention d’enclore complètement le terrain et de l’organiser pour la plus grande commodité des spectateurs. Les prix très modiques, qui seront perçus à l’entrée permettront à tout le monde d’assister aux matchs qui y seront disputés. D’autre part, à l’instar des grands clubs parisiens, une enceinte spéciale sera réservée aux militaires qui pourront entrer gratuitement. Des matchs sont actuellement conclus avec la plupart des équipes régionales et de grandes équipes parisiennes viendront donner des exhibitions de football-association. Comme on le voit, la commission a l’intention de bien faire les choses et, naturellement, de grosses dépenses en seront la conséquence mais, elle espère que le public manceau, si sportif qui suit avec tant d’intérêt les grandes manifestations automobiles, aéronautiques, athlétiques et autres saura la récompenser de ses efforts en venant encourager ses joueurs. Le Football-Association doit s’imposer au Mans. Ce Sport qui en Angleterre, passionne les foules prend en ce moment un développement intense. Il ne faut pas que Le Mans qui reste une ville sportive reste en arrière de Rennes, d’Angers, d’Orléans, de Caen, de Laval, ses voisines. Le Football-Association est compréhensible pour tout le monde et sa simplicité en fait son intérêt. Il suffit de venir une fois au terrain pour comprendre le jeu et les Manceaux se rendront compte en une fois qu’ils n’ont pas été trompés. Ils comprendront que c’est un sport sain et agréable pour les joueurs, passionnant pour les spectateurs et, le dimanche suivant ils y amèneront leurs amis”. Qu’en pensez-vous ?

 

En 1913, la section de football-association de l’USM réussit à engager trois équipes dans les championnats de l’USFSA. Ainsi en championnat de 3e série, la 3e équipe de l’USM sera opposée à trois équipes sarthoises : La Ferté-Bernard, Sillé-le-Guillaume et Écommoy. Après Le Lude et Fresnay-sur-Sarthe (dont j’ai déjà parlé), Ballon-sur-Sarthe, Bouloire, Château-du-Loir et Mamers commencent à s’ouvrir aux joies que procure le football...

 

LE DECES DE LÉON BOLLÉE

Souffrant depuis sa chute d’aéroplane, il y a deux ans déjà, Léon Bollée décède le 16 décembre 1913, à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 43 ans. Madame Bollée, sa veuve, offfre au club de cyclisme un don leur permettant de financer la construction d’un virage du vélodrome dont la réfection est déjà prévue.

 

LE CHAMPIONNAT DU DISTRICT D’ALENÇON

Comme l’an passé, l’USM est opposé au SC Boisthorel et au SCA Alençon. Battus dans l’Orne par le SC Boisthorel sur le score de 2 à 0, les manceaux se vengent deux fois face aux SCA Alençon, 4-1 puis 4-0. Le match retour à Beaulieu face à Boisthorel se terminant sur le score vierge de 0 à 0, les deux équipes finissent premières ex-æquo avec 5 points. Un match d’appui doit être organisé le 11 janvier 1914 en terrain neutre, à Alençon. Les douze joueurs présents (!), Champfreau, Lambert, Malherbe, Denis, Fagès, Barot, Lechevrel, Letondal, Lebert, Brionne et les frères Louis et Joseph Février réalisent une grande partie. Louis Février, en marquant le seul but de la rencontre permet à l’USM de remporter son deuxième tittre dans le District d’Alençon. Après cette première étape, l’USM remporte pour la troisième fois de son histoire le titre de Champion du Maine, en l’absence de résultat dans la presse locale j’en déduis que Le Mans a battu son voisin angevin.

 

LE CHAMPIONNAT DE FRANCE

Dans le tour préliminaire du championnat de France, l’USM bat le CASG Orléans (Champion de Touraine) sur le score de 4 buts à 0 (deux buts de Février, un de Savary et un de Letondal) avant de tomber lors du 1er tour éliminatoire, le 1er ou le 8 février 1914 (toujours à Beaulieu) face au Stade Malherbe de Caen, 6-1.

 

SAISON 1914-1915

COUPE DES ALLIÉS & COUPE NATIONALE (USFSA)

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LA GRANDE GUERRE

Le 28 juin à Sarajevo, suite à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier d’Autriche, la Grande Guerre éclate en quelques semaines. Dès que l’Autriche déclare la guerre à la Serbie, le 28 juillet, la France proclame la mobilisation générale, le samedi 1er août. Le dimanche, l’Allemagne envahit le Luxembourg et lance un ultimatum à la Belgique. Le lundi, elle déclare la guerre à la France avant d’envahir la Belgique et de provoquer ainsi l’entrée de l’Angleterre dans le conflit. Le 5 août, la 1ère Armée de Von Kluck déferle sur Liège. Bruxelles tombe le 20. De nombreux belges, civils ou militaires se réfugient au Mans. Cela aura une grande importance dans l’histoire du football au Mans. Du 6 au 13 septembre 1914, la France et l’Allemagne s’affrontent lors de la bataille de la Marne. Il s’agit d’une véritable boucherie ! 330.000 Français meurent sur le terrain, sont disparus ou faits prisonniers ! Les plus connus de ces soldats morts au champ d'honneur sont : le poète Charles Péguy (44 ans, mort le 5 septembre) et l’écrivain Alain-Fournier (27 ans, mort le 22 septembre), le sportif Jean Bouin (26 ans, mort le 29 septembre). Lors de l’hiver, les deux armées adverses s’immobiliseront face à face sur une ligne continue de 780 kilomètres, allant de la mer du Nord à la Suisse. La guerre deviendra ainsi, une guerre de position et de tranchées.

 

LE FOOTBALL EN FRANCE PENDANT LA GUERRE

Pendant quatre saisons (de l’automne 1914 à l’été 1918) il n’y aura aucune organisation de championnats régionaux ni en Bretagne, ni dans le Maine. Durant cette période tragique de l’histoire de notre pays, chaque Fédération organisera ses propres compétitions et on assistera à une véritable prolifération de challenges, coupes et championnats en tous genres qui, face à la gravité du moment, semble peut-être de nos jours ridicule et déplacée. Mais le futile n’est-il pas plus important que l’essentiel ? Dans les différents centenaires de clubs, on peut lire que beaucoup de clubs firent une pause pendant la Grande Guerre. Soyons indulgent pour ces “historiens” car je vais vous faire une confidence : cette pause, ce sont eux qui la font car elle leur permet de boire une petite bière en passant ! Pour l’USM, bien au contraire, il ne faut pas louper cette période de l’histoire. Car il va s’en passer des choses au Mans pendant cette guerre ! D’abord, la Coupe de France est née pendant ces événements tragiques. En temps de guerre, elle portera le nom de Coupe Charles Simon. Il s’agit de la plus vieille compétition existant en France et l’USM peut se vanter d’avoir participé à la première édition, comme 48 clubs de France (plus exactement 47 car, après vérification, une formation anglaise, la “British Aviation” n’eut pas le droit d’effectuer le second tour). On peut appeler ces clubs, les “pionniers”. Peu de manceaux le savent. Parmi ces clubs, citons-en quatre : l’Association Jeunesse Auxerroise, Le Havre AC, l’Olympique de Marseille et le Stade Rennais UC. Presque un siècle plus tard, ils sont toujours vivants et jouent au plus haut niveau... A part l’USM, les 42 autres sont à ce jour beaucoup moins connus ou, le plus souvent, disparus.

 

LA SECTION FOOTBALL DE L’USM CONTINUE

Au début des hostilités, la pratique sportive de l’USM se trouve quelque peu bouleversée. Mais, en accord avec le ministère de la guerre (qui demande aux associations sportives de reprendre l’entraînement physique) et avec le gouvernement (qui souhaite la reprise de la vie normale dans le pays) on demande aux associations de maintenir les hommes des classes 1895, 1896 et 1897 en parfaite forme physique. Il s’agit des futurs soldats qui seront appelés en 1915, 1916 et 1917. Au début de la guerre, ces hommes ont entre 17 et 20 ans. Si l’activité de la section de football-association de l’USM reprend rapidement dès octobre, celle-ci résistera mieux que sa collègue, la section de football-rugby qui ne reprendra son activité qu’à la fin des hostilités, au printemps 1919. Ceci mérite une explication. Pour jouer au rugby, il faut quinze bonshommes et c’est plus difficile que d’en réunir onze. Toute compétition devient difficile à gérer pour les dirigeants de clubs, les effectifs variant au gré des permissions ou des disparitions. Davantage disponibles, les lycéens permettront d’assurer la continuité. Si la section football-association n’est pas mise en sommeil (ses dirigeants d’alors ont pour noms Mallet, Godefroid et Barbet), à partir d’août 1914 jusqu’à octobre 1915, il n’y a réellement plus de compétition sportive officielle. L’USM participera tout de même aux deux compétitions officielles organisées par l’USFSA : la Coupe des Alliés (compétition interfédérale) et la Coupe Nationale. Dans “La Sarthe” on peut lire que 2.000 personnes assistent en octobre 1914 au premier match de la saison organisé à Beaulieu. Il s’agit d’un match de solidarité au cours duquel des militaires anglais affrontent une équipe de l’USM quelque peu remaniée. La foule présente laisse 547 francs dans les caisses, somme à laquelle s’ajoutent les 114,15 francs de la quête organisée à cette occasion.

 

Le 13 février 1915, en vue de la rencontre comptant pour cette Coupe des Alliés qui doit opposer l’USM à nos amis du Stade Rennais UC, à Rennes, les joueurs manceaux choisissent le train pour se rendre dans cette ville. Ce fut à l’occasion de ce voyage dans la capitale bretonne qu’arriva cette aventure croustillante. Est-ce bien pour ce match ? Je ne sais pas, mais voici les faits tels que je les puisés dans le livre souvenir des 75 ans de l’USM. Comme toujours quand il s’agit d’une anecdote, est-ce une légende ou une histoire vraie ? A vous de vous faire une idée... Arrivés à la gare de Rennes, nos jeunes footballeurs veulent ensuite rejoindre le stade déjà situé route de Lorient. De la place de la Mairie, ils veulent emprunter le tramway qui permet de les conduire directement au stade. Mais les voitures sont archi-combles et les voyageurs refusent de céder leurs places aux joueurs de l’USM. En conséquence, l’équipe prend, à pied, le chemin du stade. Arrivés dans les délais, et après un très bref échauffement, le coup d’envoi est donné le plus normalement à 14 heures devant 400 spectateurs. A la fin du match, le Stade Rennais UC s’impose, 4 buts à 0. Sont sympas ces Rennais !... Par cette victoire, le Stade Rennais UC remporte le titre de Champion de Bretagne et s’offre une participation au niveau national. Son prochain adversaire sera la VGA du Médoc.

 

L’ARMÉE BELGE AU CAMP D’AUVOURS

En mars 1915, des éléments de l’Armée Belge hébergée au camp d’Auvours affrontent l’USM aux Jacobins. Menée par le brillant international Eugène Maës, le meilleur avant-centre français du moment (ex-Patronage Olier et Red Star), l’équipe mancelle l’emporte 5 à 0. Mais les contacts pris avec ce joueur seront vains car une grave blessure au combat l'obligera à mettre un terme à sa carrière de footballeur. Sinon ce joueur aurait certainement fait partie des meilleurs buteurs tricolores de tous les temps car en deux ans de carrière internationale (et 11 sélections), il avait déjà marqué 15 buts avant la guerre. Pendant les quatre saisons pleines que durent les hostilités, l’USM rencontre en matchs amicaux des équipes militaires ou scolaires ainsi qu’une nouvelle équipe mancelle née dans les tourments de la guerre, la Jeunesse Républicaine Sarthoise qui joue en rouge et bleu au “Petit Funay”, route de Changé.

 

SAISON 1915-1916

COUPE DES ALLIÉS & COUPE NATIONALE (USFSA)

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LE FOOTBALL A BEAULIEU

Si l’activité au stade de Beaulieu ne fut pas très importante lors de la saison 1914-1915, elle reprit pratiquement normalement en 1915-1916. En plus des matchs réservés aux licenciés, on organise à Beaulieu des matchs pour les militaires comme le dimanche 5 septembre 1915, où les 4e et 6e Section d’Infirmiers s’affrontent “au profit des blessés militaires”.

 

Le 10 octobre 1915, l’USM 1 et 2 rencontrent deux équipes du 117e Régiment d’Infanterie, basé au Mans (à la caserne Chanzy). Ces matchs ont lieu “au profit des blessés”. L’équipe 1 l’emporte 4-2 alors que l’équipe 2 n’obtient qu’un match nul, 3-3. Les équipes 1 et 2 font appel aux 22 joueurs suivants :

Gardiens : Lucas (équipe 1) et Ruchon (équipe 2).

Défenseurs : les frères Oscar et Michel Guilini (équipe 1), Mallet, Fouqueray (équipe 2).

Milieux : Maho, Lebel, E. Barbet (équipe 1), Marcel et Auguste Coué, Gaudin (équipe 2).

Attaquants : Marchand, Gilliard, Cosson, G. Barbet et Godefroy (équipe 1) Blondel, Lebreton, Gagnery, Blot et Saffange (équipe 2).

 

A Beaulieu, l’USM rencontre des équipes militaires lors de matchs amicaux :

- le 7 novembre 1915 : la 6e Section. Victoire, 4-1.

- le 28 novembre 1915 : le lycée Montesquieu, qui joue sous les couleurs “noire et jaune”, forme une équipe avec Vaumoron, Dauveu, Terrouin, Delucé, Cornilleau, Royer, Saffange (qui joue aussi à l’USM), Bouix, Menu, Crochard et Lebreton. Ils rencontrent l’USM réserve renforcée d’étoiles comme l’international Henri Mouton (dit “Léon”) qui joua pendant 14 ans avant-centre à l’Étoile des Deux-Lacs à Paris, Dufont un excellent joueur du Stade Français, Cherrel qui, revenu du front blessé est tout heureux de reprendre la place qu’il occupait dans l’équipe de l’USM en 1913 et Béquet, formé dans les meilleurs clubs anglais.

 

Dans un deuxième temps, l’USM rencontre les équipes sportives suivantes qui appartiennent presque toutes à l’USFSA :

- le 31 octobre 1915 : elle est opposée à l’Angers Université Club (quatre fois Champion du Maine USFSA avant-guerre) : victoire de l’USM (score inconnu).

- le 28 novembre 1915 : le Sporting Club de Tours. Victoire, 1-0.

- le 5 décembre 1915 : dans le cadre de la Coupe des Alliés, l’USM est opposé au Cercle Sportif Bessoneau d’Angers, alors en tête de la Coupe de l’Atlantique. Victoire, 2-1.

- le 1er janvier 1916, : le Stade de l’Est de Paris. Victoire, 4-0.

- le 30 janvier 1916 : Cercle Sportif Bessoneau d’Angers. Victoire, 3-2.

- le 2 février 1916 : le Club Français. Victoire, 2-0.

- le 13 mars 1916 : l’Étoile Sportive de Saint-Maur de la LFA. Match nul, 0-0.

- le 2 avril 1916 : l’Amicale de Rennes. Victoire, 1-0.

 

Si l’USM demande aux meilleures équipes nationales de venir jouer au Mans pour maintenir une certaine activité sportive, elle se déplace à l’occasion de matchs officiels offerts aux clubs par la multiplicité des Coupes que l’on connaît à cette époque. Ainsi à l’occasion de la Coupe des Alliés, l’USM se rend à Paris et à Rennes.

 

L’US Rennaise, le Stade Rennais UC, l’USM, la JRS Sarthoises, les JS Brestoises (Finistère), Le Havre AC et la VGA du Médoc défendent les couleurs de l’Ouest dans la Coupe des Alliés. Pour la dernière équipe (de Gironde) nous sommes très loin des limites de la future ligue de l’Ouest. Les bretons remportent un nouveau titre de Champion de Bretagne ce qui leur donne le droit de continuer dans cette compétition au niveau national. Le 12 mars 1916, le Stade Rennais UC écarte la VGA du Médoc, 2-0 puis en 1/2 finale, le 14 mai 1916, Le Havre AC, 3-0. En finale, le 4 juin 1916, le Stade Rennais UC gagne la Coupe des Alliés, en écrasant le CS des Terreaux de Lyon, 7-1.

 

A quelques mètres des tranchées, les soldats alliés se mettent à jouer au football. Les soldats anglais, les “tommies” donnent l’exemple. Cela a un effet de contagion extraordinaire. De jeunes Français, pour la plupart ruraux s’initient à ce jeu qui leur est inconnu. A Paris, comme dans de nombreuses villes, on organise des matchs afin de répondre aux vœux des “poilus”. Les autorités de notre pays comprennent que l'engouement pour le ballon rond apporte un excellent dérivatif. C’est ainsi qu’en mai 1916, le premier tournoi de sixte est organisé dans la Sarthe sous le nom de “Journée du Poilu Sportif”. En finale, une équipe de l’USM bat le Club Sportif de la 4e Section sur le score de 3 à 0.

 

SAISON 1916-1917

COUPE DES ALLIÉS & COUPE NATIONALE (USFSA)

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Profitant de la présence de joueurs belges en Sarthe, l’USM affronte l’équipe des Belges de Parigné-l’Evêque et celle du Peloton Spécial d’Auvours, aux Jacobins lors de l’été 1916, puis à Beaulieu en novembre et décembre 1916. La recette du match du 29 octobre 1916 contre une “sélection belge” permet de venir au secours des blessés d'outre-Quiévrain. A l’occasion de la Coupe Interfédérale, organisée par la Ligue de Football-Association (LFA), l’USM se rend, à Rennes, le 15 octobre 1916. Pour un début de saison, on peut dire que ce match contente les plus difficiles. Le Stade Rennais UC bat l’USM, 5-1.

 

A Beaulieu, l’USM rencontre en matchs amicaux les équipes suivantes :

- le 3 décembre 1916 : le Stade Malherbe de Caen. Victoire, 2-1.

- le 24 décembre 1916 : l’Étoile Sportive de Saint-Maur (de la LFA). Match nul, 2-2.

- le 30 décembre 1916 : le Cercle Athlétique de Paris. Victoire, 4-1.

 

Pour cette saison, les clubs de l’Ouest autorisés par l’USFSA à disputer la coupe des Alliés sont : l’AS Brest, le Stade Lavallois, l’US Rennaise et le CASG Saint-Malo qui s’affronteront dans cet ordre lors de deux matchs éliminatoires. Le vainqueur (AS Brest) de cette sélection est opposé au Stade Rennais UC qui l’emporte. Ces derniers finissent par être éliminé en 1/2 finale par le futur vainqueur de l’édition 1916-1917, le Club Athlétique de la Société Générale. L’USM semble quand même avoir participé à ce Challenge. L’équipe du Mans se rabat alors sur des matchs amicaux. Il lui arrive d’accepter d’aller jouer dans les coins les plus reculés, comme à Brest. Je vous rapporte ainsi un article paru dans la presse brestoise du mercredi 21 février 1917 : “L’USM qui doit venir à Brest dimanche prochain possède une équipe de grande valeur. Elle a battu cette année toutes les équipes régionales et a fait match nul avec l'US St-Maur (*voir plus haut), une des meilleurs équipes de la région parisienne. Elle n'a été battue que par le Stade Rennais UC dans la Coupe Interfédérale et par le Havre Athlétique Club dans la coupe des Alliés (NB : erreur pour moi il s’agit de la Coupe Nationale), à Paris ou le Mans domina souvent et, seule l’hésitation de ses avants l'empêcha de prendre l'avantage... la partie sera sûrement une des plus intéressantes”.

 

Parlons un peu plus en détail de ce match. Lors de cette rencontre comptant pour la Coupe Nationale, l’équipe première de l’USM va jouer à Paris un match qu’elle perd 2 à 0 devant Le Havre. Néanmoins nos footballeurs ont décidé de s’amuser un peu dans la capitale et leur billet collectif de retour est périmé quand ils se présentent à la gare. Ils se présentent donc à Direction des Chemins de Fers, où le Directeur, après avoir consulté tous les horaires apporte la solution à leur problème. Il autorise les joueurs à rentrer, mais le mardi seulement et en deuxième classe. Cela valait bien tout de même une soirée aux Folies-Bergères...

 

Si la ville du Mans a été le lieu d’une bataille en janvier 1871, elle n’a jamais reçu de bombes lors de la guerre 14-18. Les footballeurs usmistes profitèrent de cette “lacune” pour mettre sur pieds une facétie de tout premier plan. En sortant d’une réunion du club, quelques-uns d’entre-eux s’amusèrent à décrocher la carotte d’un bureau de tabac qu’ils allèrent délicatement déposer à l’entrée d’un soupirail d’une maison du quartier de la gare. Le lendemain, gros émoi dans le voisinage : on supposait qu’il s’agissait d’une bombe et la presse relate que les artificiers furent mandés d’urgence pour désamorcer l’inoffensif “engin”...

 

Paradoxe apparent, Le Mans, au cœur d’un département agricole fort riche, commence à souffrir d’une intense pénurie de produits alimentaires en 1917, les prélèvements destinés aux armées ayant été considérables. Toutes les denrées de base, huile, sucre, charbon, sont alors rationnées. L’hiver 1917, particulièrement dur, met à rude épreuve une population mal nourrie. Au front, le moral des troupes françaises est au plus bas ; des mutineries se répandent. Les américains encore insuffisamment prêts, entrent en guerre aux côtés des Alliés, le 6 avril 1917.

 

Le 22 avril 1917, à l’occasion d’une rencontre amicale, le Stade Rennais UC reçoit et bat l’USM, 3-1. L’équipe mancelle est composée des frères M. et O. Guilini, Saffange, Tessier, Lebreton, Barbet. Ils sont accompagnés de quelques joueurs belges venus leur donner un petit coup de main. Ceci va leur donner des idées...

 

SAISON 1917-1918

COUPE DES ALLIÉS, COUPE NATIONALE (USFSA) & COUPE CHARLES SIMON (CFI)

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Réformé, Henri Delaunay (Secrétaire Général au Comité Français Interfédéral et à la FGSPF) a pris en main les rênes du football-association en France et a proposé le 15 janvier dernier (donc pour la saison présente 1917-1918), la création d’une coupe dédiée à son ami Charles Simon qui portera après la guerre, le nom de Coupe de France. Il prend pour modèle la “Challenge Cup” anglaise. 48 clubs de l’USFSA (dont l’USM), de la FGSPF (Fédération des Patronages de France), de la LFA (Ligue de Football-Association) et de la FCAF (Fédération Cycliste et Athlétique de France) s’inscrivent à cette première grande compétition nationale. En hommage au Président-Fondateur du CFI tombé au champ d'honneur le 15 juin 1915 près d’Arras cette première Coupe de France porte en sous-titre le nom de “Challenge Charles Simon”. 47 clubs de France s’inscrivent à cette compétition dont l’USM. Pour cette grande aventure, les “blanc et bleu” disposent des joueurs suivants :

Gardiens : Vaumoron et Bouglé.

Défenseurs : Crosnier, Mignard, Aubry et Calais.

Milieux : Gustave Barbet et son frère (E.), Royer, Leheuzet, Blondel, Emery et Pottier.

Attaquants : Deguzeau, Végeais, Pruvost, Mir, Lebreton, Boudin, Deschamps, Gallet, Fontaine et Leroy.

En plus de ces joueurs dûment licenciés, quelques joueurs belges de valeur hébergés depuis le début de la guerre à Parigné-l’Evêque et à Auvours, comme Ivan Thys, 20 ans, qui deviendra international après la guerre, Wauters, De Groote et Berckmans se tiennent à la disposition du club manceau.

Photo USM/17-18 ; Les joueurs de l’USM portent un maillot bleu avec de fines bandes rayures verticales blanches, un short blanc et des chaussettes bleues.

 

LA COUPE CHARLES SIMON

Pour la grande Finale, le 5 mai 1918 au Stade Olivier de Serres à Paris, l’Olympique de Pantin affronte le FC Lyon. Le décès au champ d'honneur du gardien d'origine argentine Mutti n’arrange pas la préparation de l’équipe de l’Olympique de Pantin. Après les 1/4 de finale, un joueur de champ, l’international belge René Decoux, le remplace dans les buts. Un bref article du trimestriel sportif "La Vie au Grand Air" (vendu 1 franc et 25 centimes) datant de juin 1918 (n°837), relate que cette finale "a confirmé les données fournies en demi-finales. Malgré toute son énergie et sa ténacité, moins scientifique que l'Olympique, le FC Lyonnais fut battu par 3 à 0". Mais cette finale fut émaillée de quelques incidents. En début de partie, René Decoux (le gardien occasionnel de Pantin) après avoir frappé André Weber, se trouve expulsé par l'arbitre M. Jacques Battaille. Mais, geste chevaleresque, le capitaine lyonnais, Roger Ebrard, intervient et obtient de lui qu'il annule sa décision. Le jeu reprend et Fievet marque les deux premiers buts de cette finale à chaque fois sur une reprise d'un centre du célèbre Jules Dewaquez. La mi-temps intervient alors sur le score de à 2 à 0 en faveur de l’Olympique de Pantin. Le 3e but est marqué suite à une percée et à un tir de Darques.

 

Dans cette Coupe Charles Simon, quel fut le parcours de nos quatre pionniers dont je parlais plus haut (voir 1914-1915) ?

- l’AJ Auxerroise fut battue chez elle au 1er tour, le 7 octobre 1917.

- Le Havre AC prit un brutal 5-0 chez lui par le Racing Club de France, lors du 2e tour, le 4 novembre 1917.

- L’Olympique de Marseille fut sorti en 1/8e de finale, le 2 décembre 1917 à Marseille, par le FC Lyon, 2-0.

- le Stade Rennais UC vendit chèrement sa peau. Après avoir éliminé les Cadets de Bretagne (3-1) puis l’AS Brestoise (7-3), les bretons ne tombèrent qu’en 1/4 de finale, toujours face au FC Lyon, 2-1, le 3 février 1918.

 

Je termine par nos petits manceaux. Quelle performance ont-ils réussie dans cette glorieuse compétition ? En cherchant bien sur les plaquettes officielles on peut lire que le 14 octobre 1917, les Cadets de Bretagne (club de la FGSPF) ont battu l’USM, 4-0. Bof ! Encore une “branlée”. Pas de quoi pavoiser donc. Mais ce score froid mérite une petite explication... A l’occasion du premier tour le 7 octobre 1917 à Beaulieu, les adversaires de l’USM, les Cadets de Bretagne (club de la FGSPF), mettent en doute la présence des joueurs belges (licenciés ou non) et ne se présentent pas sur la pelouse. Parmi ces joueurs figurent des internationaux de qualité et le match est reporté au 14 octobre à Rennes en espérant que le problème soit résolu. Malheureusement, ce jour-là, c’est au tour de l’USM d’être absente. Elle n’a sans doute pas osé faire le déplacement mais l’histoire ne retiendra sur les tablettes que la victoire des bretons sur le score de 4 à 0, score attribué à l’époque à une équipe qui l’emporte suite à un forfait de son adversaire. S'agit-il d’une histoire vraie ? Cela fait sourire le supporter manceau que je suis, car toutes les meilleures équipes étaient renforcées par des étrangers. Même en temps de guerre, heureusement qu’il reste des dirigeants qui veillent au grain et qui exigent le respect des règles sportives... Bof passons...

 

LES ALLEMANDS JOUENT LEUR VA-TOUT

Les Allemands, débarrassés de leur front Est par la révolution soviétique d’Octobre 1917, décident de forcer la décision. Ils lancent leurs dernières forces dans la guerre durant l’hiver 1917-1918. Le jour de l’an 1918, l’USM se déplace à Rennes pour un match amical. Ils se font battre 3-0 par les joueurs locaux. L’équipe mancelle doit jouer contre le VS Auxerre à Paris. Gustave Barbet fait partie du déplacement. Au moment où les “bleus et blanc” se présentent sur le terrain, la “Grosse Bertha” (ou plus exactement le “Pariser Kanonen”) commence à tirer sur la capitale (185 coups ont été tirés du 23 mars au premier mai 1918, faisant notamment 91 morts, le 29 mars 1918, lors de la sortie de la messe du Vendredi-saint à l'église Saint-Gervais). Mais les manceaux voulaient quand même jouer et loin des coups meurtriers de la “Grosse Bertha”, ils se changent dans un poulailler jouxtant le terrain de football. L’équipe adverse préférera alors rester aux vestiaires et ne se présenta même pas sur le terrain. Comme ils étaient en tenue, les manceaux organisent au dernier moment un match amical contre l’ASF (?). L’anecdote nous est racontée par Gustave Barbet. Dans les jours suivants, le 21 avril 1918, à l’occasion d’un match de la Coupe Nationale 1917-1918 (à ne pas confondre avec la Coupe de France), l’USM reçoit encore une raclée mémorable par le Stade Rennais UC. Score final : 15-0 ! En 1/2 finale de cette Coupe Nationale, l’adversaire suivant du club breton doit être Le Havre AC. A la suite de la désignation du Havre comme lieu de rencontre, le dirigeants du Stade déposent une réclamation arguant que son adversaire serait avantagé. La réclamation est rejetée et le Stade Rennais UC refuse de se rendre en Normandie. L’USFSA-Bretagne déclare forfait au nom de son représentant. Cet incident sera lourd de conséquence pour l’USFSA car le 24 juin 1918, le Stade Rennais UC quitte cette fédération un peu fâché, pour adhérer à la ligue de l’Ouest, entraînant avec elle, bon nombre de clubs bretons. Lors de ces moments difficiles, je vous demande d’apprécier au passage, la différence des comportements entre les sportifs manceaux et leurs homologues rennais !

 

SAISON 1918-1919

CHAMPIONNAT DU MAINE (USFSA) & COUPE DE FRANCE (CFI)

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LA FIN DE LA GUERRE

Au front, l’Armée américaine est enfin devenue opérationnelle. Elle force la décision pendant l’été 1918. La guerre n’est pas encore terminée quand débute la nouvelle saison mais la France profonde pense déjà à l’après-guerre. Le 10 novembre 1918 à Beaulieu, l’USM bat une sélection angevine constituée de joueurs de l’Université Club d’Angers et du VCS Bessonneau. Mais, ce jour-là, l’ambiance est particulière car les nouvelles du front sont plutôt bonnes : la veille (le 9 novembre) on apprend que le Kaiser Guillaume II vient d’abdiquer. Le lendemain, le 11 novembre 1918, l’Allemagne, signe l’armistice. La guerre est enfin finie ! Mais le bilan est lourd pour notre pays : 1.400.000 Français sont morts sous les drapeaux et 3.600.000 blessés. Un homme sur dix en âge de travailler est mort ou disparu ! L’USM a perdu beaucoup de joueurs. Parmi les derniers tués de cette guerre, nous comptons le Réunionnais Roland Garros, abattu dans le ciel de Saint-Morel dans les Ardennes, la veille des ses 26 ans, le 5 octobre 1918. Il a laissé son nom à l’un des lieux les plus connus du sport en France.

 

LA CRÉATION DE LA LOFA

Retournons au mois de juin et aux événements qui ont secoué le monde du football dans l’Ouest. Un brin rancunier, le Stade Rennais UC décide de porter le coup de grâce au Comité de Bretagne de l'USFSA. Cette décision est prise à l’assemblée générale du club le 23 juin. Le club rennais veut quitter l'USFSA et former une ligue indépendante : la ligue de l’Ouest de Football-Association. Bien avant la fin de la guerre, la première assemblée générale de la LOFA se tient le 28 juillet 1918. Les clubs présents à cette séance sont : le Stade Rennais UC, le Stade Lavallois, le Stade Dinannais, l’Hermitage-Club, le Cercle Paul-Bert et l’US des Voyageurs de Commerce. Au cours de cette AG, la principale décision est la création de la ligue de l’Ouest de Football-Association (LOFA). La future Ligue s’étend sur douze départements : Finistère, Côtes du Nord, Ile-et-Vilaine, Morbihan, Loire-Inférieure, Vendée, Deux-Sèvres, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Orne et Manche. Élu par un vote à main levée, Ernest Folliard (déjà président du Stade Rennais) en assure la présidence. Son siège social est fixé au 1, quai Lamenais à Rennes. Elle se retrouvera déclarée à la préfecture d'Ile-et-Vilaine quelques semaines plus tard, le 19 août. S’il n'y a, à l'époque, comme membres de cette ligue de l’Ouest que les dix clubs fondateurs, sportivement, la ligue met en place un championnat réservé aux clubs qu’elle reconnaît et une coupe ouverte aux clubs bretons de la FGSPF et de l’USFSA, pourvu qu’ils soient originaires des 12 départements de l’Ouest. Quand repartira la prochaine saison de football, en septembre 1918, 39 clubs clubs auront suivi le Stade Rennais dans cette aventure. Il faudra attendre le démarrage de la saison 1919-1920 pour voir se rallier la majorité des clubs bretons, dont l’USM. Pour cette saison de transition, celle-ci dispose d’une trentaine de joueurs : Saffange, Goupil et Moine (gardiens de but), Boucher, Blondel, Doucet, Hameline (“arrières-milieux”), Barbet, Bouglé, Berget (capitaine), Cavrois, Léfèvre et Cocagne (milieux), Lemoine, Azam, Legars, Gallot, Billeau, Doré, Hersent, Marodon, Marty, Travers (attaquants) mais aussi de Beuneux, Boulonnais, Châtelain, Chevallier, Girard, Malherbe, Mir, Moulin, Sadonski, Shmitt et Zochetti.

 

LA COUPE DE FRANCE

Au début de la saison 1918-1919, la FFFA n’existant pas encore (elle verra le jour officiellement le 7 avril 1919), la LOFA rejoint le CFI (Comité Français Interfédéral). Engagée dans cette 2e Coupe de France comme cinquante-neuf autres clubs français. Au 1er tour, l’USM devait affronter (à Laval) le Stade Lavallois. Le CFI ne donnant accès à sa compétition qu’aux clubs de l’Ouest dûment affiliés à la LOFA, après vérification du dossier de l’Union, les dirigeants mayennais s’aperçoivent que celle-ci n’est pas encore membre de la LOFA et estiment donc que leur club ne doit même pas disputer ce match. Mais, en fouillant un peu, je me suis aperçu que le Stade Lavallois ne s’est affilié que le 1er juin 1919 ! Donc, il n’avait pas plus le droit de jouer que Le Mans. Il y a parfois des choses difficiles à comprendre dans le milieu du football... Malheureusement, ce cas de figure fut appliqué à de nombreuses équipes puisque seulement dix-sept matchs eurent lieu le 6 octobre 1918, date du 1er tour de la Coupe.

 

LA DERNIÈRE COMPÉTITION DE L’USFSA : LE CHAMPIONNAT DU MAINE

Le 1er décembre 1918, l’USM rencontre le Club Sportif Bessoneau d’Angers et lui marque 8 buts (5 par Legars et 3 par Mir). Ensuite, l’USM garde la forme en rencontrant deux fois la Sélection de l’Armée Américaine qui se soldent par deux victoires (10-1, le 8 décembre et 4-1, le 15 décembre 1918). En 1918-1919, l’USFSA organise la dernière édition du championnat du Maine de Première Série. Deux clubs seulement s’inscrivent pour ce dernier championnat de l’USFSA : le CS Alençon et l’USM. Lors de matchs d’entraînement, les bleus et blancs rencontrent aussi des équipes militaires américaines restées en France après le conflit dont le Provisional Training Regiment, à Beaulieu, les 19 et 26 janvier 1919. Le match du 9 février au Mans se trouve interrompu par l’arbitre après 20 minutes de jeu, suite aux brutalités des joueurs US ! Les deux rencontres de ce mini-championnat ont lieu le 22 décembre 1918 à Beaulieu et le 8 janvier 1919, à Alençon. Lors du match-aller, l’USM bat le CS Alençon 3-2 après deux buts de l’avant-centre Legars et un de Boulonnais. Après le match retour du 8 janvier 1919, l’USM semble avoir été écartée de dernier titre USFSA par le CS Alençon car à l’occasion des 1/8e de finale du championnat de France de football USFSA 1919, le CS Alençon est écarté 4-0 par le CS Malouin et Servannais. Mais le match-retour contre les alençonnais eut-il bien lieu ? Je n’ai retrouvé aucune information dans la presse locale.

 

LE PREMIER CHAMPIONNAT DE LA LIGUE DE L’OUEST ET LA COUPE INTERFÉDÉRALE

La LOFA organise le premier championnat de l’Ouest lors de la saison 1918-1919. Il se déroule par matchs aller et retour, en quatre journées : le 13 octobre 1918, les 8 et 9 décembre 1918 et le 3 mars 1919. Le classement se fera par addition des points qui seront attribués en fonction des résultats : 3 points par match gagné, 2 points pour un nul, 1 point pour un match perdu mais joué et 0 point pour un forfait. Avec 11 points, le Stade Rennais UC remporte ce mini-championnat à trois devant le Stade Lavallois (7 pts) et le Stade Dinannais (6 pts). C'est à l’occasion de cette compétition que la couleur tango apparaît pour la première fois sur les épaules de nos chers “amis” mayennais. À l'origine, les dirigeants voulaient un maillot rouge sang, mais au lavage, ces maillots devenaient au fil des matchs, plus rose que rouge. Le club se prononça alors pour une vraie couleur orange ou tango. Qui a dit que les lavallois étaient influencés par leurs voisins rennais ? La LOFA prend également en charge l’organisation de la Coupe Interfédérale (clubs FGSPF et USFSA) de la région. Après avoir éliminé l’USM de la Coupe Interfédérale, le 30 mars 1919 (1-0), le CS Alençon affronte en finale le Stade Rennais UC. Chez eux, à Rennes, les “rouges et noirs” (les vrais) l’emportent 7-1, le 27 avril 1919.

 

Le 9 février 1919, le Conseil Municipal du Mans, soucieux de créer un “terrain municipal de sport et d’éducation physique accessible à tous” arrête le principe de la construction du futur stade Léon Bollée.